mercredi, août 12, 2026
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opérations déprogrammées, médicaments jetés… l’hôpital en grande souffrance


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« On tue des malades ! » : le DJean-François Cibien, vice-président de l’organisation Samu-Urgences de France (SUDF), ne décolère pas. Fin juin déjà, il avait annoncé publiquement qu’une personne âgée était décédée « en raison de températures extrêmes dans sa chambre d’hôpital ». Contacté mardi par le groupe EBRA, dont fait partie notre journal, il précise : « Ce n’est pas la première. Des patients plus jeunes sont décédés de la chaleur à l’hôpital, mais on n’en parle pas. » « Les soignants sont traumatisés. Ils n’ont qu’une envie, c’est partir de l’hôpital », complète le médecin urgentiste au centre hospitalier d’Agen-Nérac (Lot-et-Garonne). Aujourd’hui, le D Cibien ne souhaite plus se taire. La situation est trop grave, et ce malgré les menaces de mort qu’il nous assure avoir reçues. « À force de me taire, c’est le juge qui va me reprocher de m’être tu », lâche-t-il.

En 2026, tous les hôpitaux français sont encore loin d’être climatisés. Avec l’intensification des épisodes de chaleur, les patients et le personnel soignant en sont les premières victimes. Le Dr Jean-François Cibien témoigne de situations où « des patients ont été contraints de rester sur des brancards dans des couloirs où il fait 40 °C ».

De son côté, Mathieu Collart, responsable fonction publique hospitalière CGT, pointe des opérations qui ont dû être déprogrammées en raison de blocs opératoires surchauffés. Et des médicaments ont dû être jetés à la poubelle car des pharmacies n’étaient pas réfrigérées. « Les frigos étaient tellement montés en température qu’ils n‘étaient plus en capacité de garder des poches de chimiothérapie à température idéale », explique le syndicaliste. « C’est une décision politique. Tout est une question de budget en réalité », fulmine Mathieu Collart. « Il est assez cocasse de voir que quand il s’agit de machines à protéger, type informatique ou des scanners et IRM, on a des normes qui imposent des constructions qui prennent en compte le refroidissement de l’air. Mais pour les secteurs où il n’y a que de l’humain qui travaille, ce n’est pas le cas », ajoute-t-il.

Une enveloppe de 100 millions d’euros

Dans l’urgence, le ministère de la Santé a débloqué fin juin une enveloppe de 100 millions d’euros pour faire baisser la température à l’hôpital. À la clé, l’achat de 30 000 climatiseurs. Fin juillet, les services de la ministre Stéphanie Rist se sont félicités, signalant que la commande initiale avait été dépassée, avec environ 33 000 climatiseurs d’appoint livrés dans les hôpitaux et les Ehpad français. « Ce sont les hôpitaux qui ont dû passer leurs commandes et qui se font ensuite fait rembourser par le ministère. Ceux qui avaient pris les devants n’ont pas dû faire face à des ruptures de stocks ou des pénuries. Ils en ont eu plus que d’autres. La situation est ainsi très disparate selon les établissements », tempère Mathieu Collart. Et il y a eu quelques couacs : les climatiseurs mobiles livrés au centre hospitalier d’Avesnes-sur-Helpe (Nord) étaient munis de prises électriques… aux normes italiennes.

La CGT plaide pour la réalisation de diagnostics énergétiques pour l’ensemble des établissements de soins, ce qui permettra de définir les besoins en adaptation. Toutes les constructions neuves doivent aussi répondre à cet impératif de faire face à ces changements climatiques, selon Mathieu Collart. À Nantes (Loire-Atlantique), le futur centre hospitalier, dont l’ouverture est prévue en 2028, ne sera pourtant pas climatisé intégralement, au grand dam des syndicats. La direction mise sur le triple vitrage. Il en va de même pour le futur hôpital de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), où l’on compte sur la toiture végétalisée pour faire baisser la température. Contacté, le ministère de la Santé n’a pas donné suite à nos sollicitations.



2026-08-12 04:30:00

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