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Pourquoi les signalements et plaintes visant Jérôme Barella n’ont-ils pas permis d’éviter le drame ? Après la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, le ministère de la Justice a lancé une enquête administrative pour comprendre les éventuels dysfonctionnements dans le traitement du dossier. Auditions de magistrats, examen des procédures et analyse de la circulation des informations : les inspections de la Justice et de la Gendarmerie remontent en ce moment même la chaîne des responsabilités avant la remise d’un rapport très attendu. Où en est l’enquête ?
Depuis la disparition et la mort de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers fin mai, une question s’impose : comment une telle tragédie a-t-elle pu survenir alors que le suspect, Jérôme Barella, était visé par plusieurs signalements et des plaintes pour viols sur mineurs depuis 2017 ?
Pour tenter d’y répondre, le garde des Sceaux et ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a diligenté une enquête administrative conjointe de l’Inspection générale de la justice et de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale.
Une mission qui vise à examiner à la fois le versant judiciaire et le versant de la police judiciaire.
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Comment cela se déroule-t-il concrètement ? Une lettre de mission définit précisément le périmètre des investigations : retracer l’ensemble des procédures impliquant Jérôme Barella et établir notamment pourquoi la plainte pour viol déposée en août 2025 par la mère de Rosa, également âgée de 11 ans, n’a pas déclenché les procédures qui s’imposaient.
L’envoi du dossier par simple voie postale entre les parquets de Toulouse et d’Auch, sans signalement téléphonique qui aurait pu alerter sur l’urgence de l’affaire, sera aussi au cœur des investigations.
Les auditions se poursuivent
L’enquête a débuté ce lundi 8 juin au tribunal judiciaire de Toulouse, où fonctionnaires et parquetiers ont été entendus en premier, puisque c’est là que la plainte concernant Rosa a été initialement traitée. En milieu de semaine, les inspecteurs se sont rendus au tribunal d’Agen.
Prochaine étape : Auch, parquet territorialement compétent, où les magistrats devront à leur tour répondre aux questions des inspecteurs.
Les différents acteurs de la chaîne judiciaire devront répondre à la question suivante : pourquoi, à la réception du dossier, courant novembre 2025, le parquet d’Auch ne communique-t-il la procédure que le 23 janvier 2026 à la brigade de Lectoure, laquelle prend note des premiers actes d’enquête demandés par un magistrat (audition de témoins, réquisitions téléphoniques et placement en garde à vue du suspect) ?
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Ces auditions ne sont pas des interrogatoires au sens pénal : les agents et magistrats entendus peuvent être assistés, mais leurs déclarations sont consignées.
L’enquête pourrait conclure à des dysfonctionnements ou à des fautes. C’est ce que le gouvernement sous-entendait en s’exprimant publiquement après les premières remontées d’informations.
Huit jours pour conclure
Cela dit, elle ne peut pas se substituer à une procédure judiciaire ni prononcer de sanctions. Sur les décisions judiciaires elles-mêmes, les inspecteurs ne peuvent porter aucune appréciation, au nom de l’indépendance juridictionnelle.
Une limite qui avait déjà été soulignée dans le rapport de l’Inspection générale de la justice sur la mort d’Elias, cet adolescent de 14 ans tué à Paris en janvier 2025 par deux mineurs connus de la justice. Plusieurs recommandations avaient cependant été formulées dans le rapport sur l’amélioration de la coordination, le suivi et l’exécution des mesures éducatives.
Sur l’affaire Lyhanna, le rapport est attendu le 19 juin prochain. Un délai très court, deux semaines à peine, imposé par la pression politique et médiatique, là où plusieurs mois avaient été nécessaires pour le rapport sur l’affaire Elias. Est-ce que l’analyse du fond pourrait en pâtir ? De nombreux observateurs se questionnent. Le ministre de la Justice, lui, a annoncé que le dossier sera rendu public.
2026-06-12 08:16:56
