dimanche, juin 14, 2026
AccueilActualitésLes parents « attendent de juger sur pièces » les annonces de Grégoire

Les parents « attendent de juger sur pièces » les annonces de Grégoire


#Les #parents #attendent #juger #sur #pièces #les #annonces #Grégoire



«Je veux dire ma solidarité et ma disponibilité aux familles. Je sais qu’un certain nombre d’entre elles sont en colère, et leur colère est légitime », a lancé le nouveau maire de Paris, en introduisant ce vendredi matin à la presse les premières grandes mesures de son plan contre les violences dans le périscolaire à Paris.

Élu depuis quelques jours, Emmanuel Grégoire a tenu à faire de ce sujet l’une des priorités de son mandat, alors que les révélations se succèdent depuis des mois. Il a lancé dès son élection des consultations avec les différents collectifs de parents et associations de victimes et promis des mesures « dès les premières semaines de son mandat ». C’est chose faite, en trois grands axes : amélioration des dispositifs d’alerte et de contrôle, meilleure transparence vis-à-vis des parents, formation renforcée des animateurs tout en sensibilisant aussi les enfants, pour un coût d’environ une vingtaine de millions d’euros, auxquels s’ajouteront 10 millions d’euros pour la sécurisation des bâtiments, a promis l’édile. Des annonces accueillies plutôt positivement par les parents et collectifs de victimes.

Cellule d’écoute et boîtes aux lettres Papillons

Sur les dispositifs d’alerte, une cellule d’écoute va être mise en place qui pourra recueillir directement les témoignages des parents, lorsque les écoles concernées ne feront pas, ou mal, remonter l’information. Les boîtes aux lettres Papillons seront généralisées dans les écoles parisiennes, qui permettent de recueillir les témoignages d’enfants victimes. « C’est en multipliant les dispositifs que nous arrivons à être collectivement plus efficaces », a promis le nouveau maire, qui a expliqué « suspendre désormais les agents à la moindre alerte ».

S’agissant du contrôle, la mairie a déjà mis en place une liste interne centralisée qui permet d’éviter que du personnel mis en cause dans un secteur ne change simplement d’arrondissement. Le processus de recrutement sera renforcé, avec deux personnes qui seront obligatoirement présentes au moment de l’entretien d’embauche dont une personne des ressources humaines de la ville. L’agent sera par ailleurs « mis en situation » pendant deux jours, pour vérifier ses aptitudes.

Transparence totale et suspension immédiate

Sur la délicate question des agents qui auraient été mis en cause mais auraient fait l’objet d’un classement sans suite de la justice, voire d’un non-lieu, parfois faute d’éléments suffisants, Emmanuel Grégoire a expliqué vouloir une discussion avec le ministre de l’Education nationale, le préfet de police et le procureur de la République pour changer la législation. En attendant, si cela se produit, « la réponse ne pourra être générale, elle se fera au cas par cas et dépendra de la gravité des faits qui pourraient lui être reprochés. Mais c’est la protection de l’enfant qui sera privilégiée », a promis le maire.

Alors que les parents se plaignaient de ne pas être alertés lorsque des agents faisaient l’objet de plainte au pénal ou étaient suspendus, la mairie promet cette fois une transparence totale, en organisant au plus vite des réunions auprès de tous les parents et en leur restituant le résultat des enquêtes administratives menées. Les équipes du périscolaire seront présentées aux parents lors des réunions de rentrée.

Un lieu pour des constats médicaux en urgence

Pour mieux prévenir ces situations, la formation des animateurs et animatrices sera renforcée grâce à une « école parisienne du périscolaire », dont l’objectif sera à moyen terme d’organiser une formation diplômante, a également promis Anne-Claire Boux, adjointe chargée de l’Éducation. Les enfants aussi seront sensibilisés via des ateliers dédiés à la question des violences et du consentement.

Les petites victimes auront une maison de santé dédiée, qui devrait permettre de « réaliser rapidement des constats et des diagnostics médicaux opposables », comme l’a promis le maire dans Le Monde, alors que le pays connaît une importante pénurie de médecins spécialistes et que les unités d’accueil pédiatrique pour les enfants en danger sont surchargées. Des enfants seront par ailleurs associés aux discussions de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant qui va s’ouvrir d’ici quelques semaines et devra rendre ses conclusions en juin.

Une commission indépendante sera enfin instaurée pour établir un état des lieux complet et de nouvelles préconisations : « Nous lui donnerons accès à tout », a promis Emmanuel Grégoire.

Nécessité d’un vrai diplôme

« On se félicite de voir que nous avons été entendues et que les discussions que nous avons depuis 2021 et la collaboration renforcée depuis novembre avec la ville porte ses fruits », a réagi le collectif Sos Périscolaire, qui se dit « ravi » notamment de la mise en place de la cellule d’écoute et de l’encadrement des directeurs et directrices du périscolaire par des éducatrices et éducateurs de jeunes enfants. « Nous attendons que les objectifs de formation soit plus diplômants, mais le Bafa [brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur] de la Ville de Paris sera renforcé ce qui est un très bon début », ajoute le collectif.

« Cela va dans le bon sens mais on veut des clarifications et on attend de juger sur pièces », estime de son côté #MeTooEcole, un autre collectif qui s’est attaqué à ces violences. L’organisation s’interroge notamment sur la forme que prendra la commission indépendante : commission d’enquête parlementaire ou audit par une entreprise de conseil ? #MeTooEcole insiste aussi, comme Sos périscolaire, sur la nécessité d’un vrai diplôme pour les animateurs, plutôt qu’un simple Bafa estampillé Ville de Paris.

Plusieurs représentants de collectifs locaux de parents ont par ailleurs indiqué à 20 Minutes regretter que la mairie ne s’engage pas à contacter les parents d’élèves dont les enfants ont pu être en contact par le passé avec les agresseurs.

« Qu’est-ce qu’on fait pour rendre attractif ce métier ? »

Du côté de la FCPE Paris, on se dit « satisfait », mais « vigilant ». « On voulait un choc de confiance parce que sur le terrain il y a beaucoup d’inquiétudes. Le regard des parents vis-à-vis de l’école publique a changé », affirme Martin Raffet, son président. Il déplore notamment des annonces insuffisantes sur l’attractivité du métier d’animateur périscolaire. « Qu’est-ce qu’on fait pour rendre attractif ce métier ? Et valoriser ce métier à part entière ? », s’inquiète aussi de son côté Sabrina Armand, vice-présidente de la même organisation.

Car à Paris le turn-over est élevé dans le secteur et les candidats et candidates se font rares, du fait de conditions difficiles, d’emploi du temps morcelé et de salaires au plus bas. Or si la Ville de Paris peine à employer des animateurs et animatrices, les responsables sur le terrain seront d’autant plus enclins à fermer les yeux sur des attitudes louches qu’ils n’auront pas de remplaçants sous la main… Mais Emmanuel Grégoire a balayé ce matin ce problème : « Ce n’est pas parce qu’on paye plus les gens qu’on aura moins de pédocriminels », estime-t-il.



2026-04-03 16:28:54

Article précédent
Article suivant
RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments