lundi, mars 30, 2026
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Les Bleus ne sont-ils pas un peu trop favoris pour la Coupe du monde après leur tournée de folie aux Etats-Unis ?


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En battant la Colombie 3-1 avec un onze largement remanié par Didier Deschamps, dimanche soir, l’équipe de France a scellé avec style une tournée printanière en forme de démonstration de force. Première nouvelle, le message envoyé par les Bleus a bien été reçu à l’international. La presse sportive étrangère est unanime, ces Bleus-là – tombeurs du Brésil quelques jours plus tôt – sont flippants.

« La France a prouvé face à la Colombie qu’elle est une sérieuse prétendante au titre mondial », écrit le quotidien sportif espagnol Marca. « Une France qui fait peur », tremble déjà A Bola au Portugal. Ou encore au Brésil sur le site du magazine Placar : « la France a prouvé ce dimanche pourquoi elle est l’une des grandes puissances du football mondial. »

Didier Deschamps n’aime pas le confort

Bref, ici et ailleurs, on a du mal à imaginer un adversaire assez fort pour briser les rêves de troisième étoile de l’équipe de France. Allez, si, un seul : l’Espagne, possible adversaire en demi-finale, seule équipe à pouvoir fesser à la fois notre équipe A et notre équipe B, pour paraphraser le journaliste mexicain Juan Carlos Zuniga qui estime que « l’équipe B de la France peut atteindre sans problème les demi-finales de la Coupe du monde ».

Rassuré par les états de forme, la synergie de son effectif et la profondeur de son banc, notamment dans le secteur offensif (Mbappé, Dembélé, Olise, Ekitike, Doué, Cherki, liste indécente et non exhaustive), Didier Deschamps refuse pour autant d’enfiler le costume de fanfaron à trois mois de la Coupe du monde 2026. Une prudence qui tient à un trait culturel résumé par le sélectionneur : « le sportif français, quand il est mis dans un confort, ce n’est pas là qu’il est le meilleur. » Et tout particulièrement le footballeur.

La dernière fois qu’un tel sentiment de sérénité nous avait envahis remonte au début de l’été 2021. Karim Benzema venait de faire son retour en Bleu pour former un trident présumé inarrêtable au côté de Kylian Mbappé et Antoine Griezmann, tandis que Paul Pogba marchait sur l’eau et N’N’Golo Kanté courait partout – ce dernier point reste d’actualité. Après la victoire inaugurale contre l’Allemagne, tout le monde imaginait déjà la France championne d’Europe. Les choses se sont finalement dégradées contre la Hongrie et le Portugal, et la Suisse a terminé le travail, bien aidée par une défense fébrile et la fameuse suffisance française que craint par-dessus tout DD.

Le spectre de 2002 et le mauvais rêve de 1992

En matière de promesses trahies, on ne fera cependant jamais mieux que la Coupe du monde 2002. Question de contexte. D’abord, il faudrait a minima gagner consécutivement un Mondial et un Euro pour être sûr de tomber d’aussi haut qu’il y a 24 ans. Ensuite, il faudrait échouer à marquer le moindre but en trois matchs tout en s’étant pointé au Mondial avec le meilleur buteur de Ligue 1 (Djibril Cissé), le meilleur buteur de Premier League (Thierry Henry) et le meilleur buteur du Calcio (David Trézéguet). Une performance a priori vouée à siéger ad vitam aeternam au panthéon de la lose du football tricolore.

Enfin, un souvenir plus lointain nous oblige à citer également l’Euro 1992, pour lequel l’équipe de France s’était qualifiée en remportant huit matchs sur huit. Portés par le tandem Papin-Cantona et dirigés par Michel Platini, les Bleus étaient clairement candidats à un deuxième sacre continental. Mais le football scandinave est passé par là. Un nul contre la Suède et une défaite contre l’invité surprise et futur vainqueur danois ont condamné la France à une sortie prématurée en phase de poule.

Et si on kiffait juste le moment présent ?

Moralité, être en forme trop tôt et posséder une puissance offensive intimidante n’ont pas toujours été gage de réussite pour les Bleus. Prendre la lumière, c’est aussi permettre aux autres rivaux d’avancer dans l’ombre et à ses futurs adversaires de prendre des notes. Aurait-on pour autant préféré se priver du plaisir de froisser le Brésil et de donner une leçon de football à la Colombie par prudence et superstition ? Répondre par la positive reviendrait à oublier les années de galère passées à fantasmer du beau jeu pour nos Bleus, les années où l’équipe de France n’impressionnait ni avant, ni pendant, ni après les compétitions.

Le dernier trou d’air ne date d’ailleurs pas tant que ça, c’était il y a deux ans, et la séquence chiante à crever de l’Euro 2024 (deux buts CSC en faveur des Bleus, pas un pion marqué dans le jeu avant Kolo Muani contre l’Espagne), échec annoncé par un match nul inquiétant contre le Canada (0-0) avant le début du tournoi. Autorisons-nous donc à kiffer ce moment d’euphorie, à savourer l’enthousiasme enfantin de Rayan Cherki, l’efficacité de Désiré Doué, la puissance de Kylian Mbappé et l’altruisme de Michael Olise, mais gardons dans un coin de la tête qu’il pourra s’évaporer en juin-juillet à l’heure des combats âpres contre des blocs bas rugueux à l’affût du moindre contre assassin.



2026-03-30 09:57:32

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