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L’affaire Agnès Le Roux
A la Toussaint 1977, Agnès Le Roux, riche héritière de la Côte d’Azur, disparaît du jour au lendemain. Rapidement, les soupçons se portent vers son amant, l’avocat Maurice Agnelet. L’homme est sulfureux mais il a un alibi : il était avec une autre maîtresse, en Suisse. Maurice Agnelet n’est condamné en 1986 que pour une affaire de pots-de-vin. Coup de théâtre en 1999 : la maîtresse de Maurice Agnelet avoue avoir menti, et son alibi s’effondre.
Jugé en 2006 devant les assises des Alpes-Maritimes, le principal suspect est acquitté. Mais un an plus tard en appel, il est condamné à vingt ans de prison. Fin de l’histoire ? Non, car la CEDH s’en mêle et un nouveau procès en appel a lieu en 2014. Procès au cours duquel le fils de Maurice Agnelet accuse son père, à la surprise générale. La condamnation est finalement confirmée, et Maurice Agnelet mourra en prison en 2021.
L’affaire Suzanne Viguier
Le 27 février 2000, Suzanne Viguier, professeur de danse et épouse d’un professeur d’université, disparaît sans laisser de trace de leur domicile toulousain. Elle n’a emporté aucune affaire. Son amant, Olivier Durandet, est le dernier à l’avoir vue vivante. Et il se montre particulièrement à charge envers l’époux, Jacques Viguier.
Ce dernier, dont le comportement après la disparition de son épouse est jugé étrange, devient le principal suspect. Il n’aurait pas supporté que Suzanne Viguier envisage de le quitter. Jugé pour meurtre, il sera acquitté en 2009 à Toulouse, puis en appel en 2010 à Albi.
L’affaire Narumi Kurosaki
Narumi Kurosaki, jeune Japonaise de 21 ans, disparaît début décembre 2016 à Besançon, où elle poursuit des études. Quelques semaines auparavant, elle a mis fin à sa relation avec le Chilien Nicolas Zepeda, rencontré deux ans auparavant au Japon, mais il est venu en France pour la reconquérir. Ils dînent tous deux au restaurant. Elle ne donnera plus jamais signe de vie.
Réfugié au Chili, Nicolas Zepeda est extradé et remis à la justice française en 2020. Deux ans plus tard, malgré le fait qu’il nie toute culpabilité, il écope de vingt-huit ans de prison. Une peine confirmée en appel l’année suivante. Mais la Cour de cassation annule le verdict en février 2025 car un des enquêteurs, dans sa déposition, a utilisé un PowerPoint non communiqué au préalable aux avocats de la défense. Nicolas Zepeda sera donc jugé une troisième fois.
L’affaire Martine Escadeillas
Le 8 décembre 1986, Martine Escadeillas, alors âgée de 24 ans, disparaît en périphérie de Toulouse. Joël Bourgeon, un ami de la disparue, est arrêté à Lyon trente-deux ans plus tard.
Pendant sa garde à vue, il avoue le meurtre, donnant aux gendarmes des détails que seul le meurtrier pouvait connaître, selon l’accusation. Il admet aussi qu’il était à l’époque secrètement amoureux de sa victime. Une semaine plus tard, il se rétracte.
Joël Bourgeon est condamné en juillet 2022 par la Cour d’Assises de Haute-Garonne à vingt ans de réclusion criminelle. Puis retrouvé mort pendu dans sa cellule en 26 janvier 2024, deux mois avant son procès en appel.
L’affaire Amandine Estrabaud
Amandine Estrabaud est âgée de 30 ans lorsqu’elle disparaît le 18 juin 2013 dans le Tarn. Après avoir quitté à pied le lycée de Castres où elle travaille comme surveillante, elle est aperçue pour la dernière fois par une voisine devant son domicile du village de Roquecourbe, alors qu’elle descend d’un fourgon blanc avec un homme.
Il s’agirait de Guerric Jehanno, une connaissance, lui aussi habitant de Roquecourbe. Il travaillait ce jour-là sur un chantier en tant que maçon, et sa tenue de travail et son véhicule sont similaires à ceux aperçus par la voisine d’Amandine.
L’alibi de Guerric Jehanno ne tient pas malgré le fait qu’il nie toute implication : il affirme avoir joué à la PlayStation toute la soirée, mais les données de la console le contredisent. L’accusé est condamné en 2020 à trente ans de prison. L’appel de 2021 le confirme, mais est cassé pour vice de procédure, et c’est en 2024, lors d’un troisième procès, que le verdict sera confirmé.
L’affaire Zacchello
Le 21 juin 2024, Laure Zucchello et son mari sont séparés depuis plusieurs mois. Cette femme âgée de 43 ans dépose ses trois enfants à l’école à Urrugne, au Pays basque. Elle ne donnera plus jamais de signe de vie. Son ex-mari, Alexis Juret, est retrouvé devant la maison familiale blessé à la tête. Il affirme avoir été agressé et ne comprend pas où sa femme a pu partir.
Rapidement, les enquêteurs soupçonnent Alexis Juret d’avoir simulé son agression pour maquiller le meurtre de sa femme, dont le corps reste introuvable. L’homme est un « survivaliste, sportif et chasseur qui connaît parfaitement bien l’arrière-pays », selon les autorités. Et des éléments ont montré que Laure Zucchello, avant sa disparition, craignait pour sa sécurité en présence de son mari. Mis en examen pour meurtre sur conjoint, il clame son innocence.
L’affaire Seznec
C’est l’une des plus grandes énigmes judiciaires du XXe siècle. Négociant en bois, Guillaume Seznec quitte Rennes le 25 mai 1923 avec son ami Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, pour faire du négoce à Paris. Trois jours plus tard, il revient seul, affirmant avoir laissé Quémeneur près de la capitale, car ce dernier préférait terminer le voyage en train. Pierre Quémeneur ne donnera plus jamais signe de vie.
En novembre 1924, Guillaume Seznec est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il passera vingt ans au bagne, en Guyane. Gracié par le général de Gaulle en 1946 pour bonne conduite, il rentre en métropole l’année suivante. Renversé à Paris en novembre 1953 par une camionnette, il meurt trois mois plus tard.
Quatorze demandes de révision du procès, déposées par sa famille, ont été rejetées, la dernière en 2006.
2025-09-20 11:57:36
