mercredi, mai 6, 2026
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le portrait sensible d’une jeune fille ordinaire au Japon


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Il pourrait se manifester de grands effets dramatiques, pour raconter avec noirceur et démonstration un monde en déliquescence, avec en son cœur notre jeunesse qui ne va pas bien et qui ne parvient qu’avec peine à vivre et exprimer son désarroi. Yûho Ishibashi lui préfère un récit humble, simple, tout en discrétion, magnifiquement interprété par des actrices et acteurs qui ont l’âge des protagonistes et ont l’air de jouer la vie. La cinéaste japonaise approche son douloureux sujet à pas feutrés, tout doucement, comme si elle prenait mille précautions pour protéger cette jeunesse fragile dont elle entreprend avec tendresse et délicatesse de faire le portrait précis et respectueux, à la fois triste et lumineux, et qui ne manque pas d’émouvoir.

C’est un cinéma élégant et d’une intelligence discrète qui se met dans les pas de Nozomi (l’extraordinairement expressive Erika Karata), une ancienne commerciale de 24 ans qui a quitté son emploi dans une agence de publicité et travaille à temps partiel dans une supérette. Il se révèle peu à peu qu’elle se relève d’un burn-out et qu’elle cherche à donner un sens à sa vie vide, avec laquelle elle a songé en finir.

Scènes itérative

Yûho Ishibashi colle à son quotidien, ne la lâche pas, multiplie les scènes itératives, dans son appartement ou à son travail. Les plans se ressemblent, et les scènes se suivent, donnant l’impression de faire dramatiquement du surplace. La narration crée la sensation d’une histoire immobile, dont les petits riens et les choses minuscules créent davantage d’apathie que d’empathie. Ce faisant, elle rend compte exactement de la dépression de son héroïne.

Une jeunesse adulte fragile

Le film est court, sans vraiment d’intrigue. Il semble alors que le temps s’étire, long et lent, mais sans ennui, laissant plutôt le sentiment d’être indolent. Le spectateur partage, dans cette sorte de torpeur et d’attente, l’état intérieur de celle qu’il regarde. On songe évidemment au réalisateur sud-coréen Hong Sang-soo, à son cinéma de l’observation calme, à son minimalisme sophistiqué, reposant sur des dialogues naturels, de la quotidienneté et de la modestie. On songe aussi aux discussions arrosées dans des restaurants ou cafés bon marché qui reviennent dans ses films, et que l’on le retrouve ici.

La Fille du Konbini est un film fort sur une jeunesse adulte fragile. Il tient sur des choses ténues, simples et claires. Et il s’épanouit en affirmant sa croyance en la sororité et la camaraderie bienveillante.

La Fille du Konbini de Yûho Ishibashi, en salles dès ce mercredi 15 avril. Durée : 1 h 16.



2026-04-15 08:30:00

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