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Le cas Brad Pitt : une cancel culture à géométrie variable


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Visé depuis plus de dix ans par de graves accusations de violences, l'acteur n'a pas vu son image ni sa carrière vaciller
Visé depuis plus de dix ans par de graves accusations de violences, l’acteur n’a pas vu son image ni sa carrière vaciller – ©Getty

À une époque où l’opinion publique peut faire et défaire une réputation en quelques heures, pourquoi certaines icônes paraissent-elles presque impossibles à ébranler ?

Cette semaine, Vivienne Jolie-Pitt a demandé, à son tour, à ne plus porter le nom de son père. Quatrième enfant de Brad Pitt à s’en détacher, après Zahara, Shiloh et Maddox. Quatre. On pourrait croire qu’à partir d’un certain nombre, les faits finissent par déplacer les regards les plus sceptiques. Qu’ils provoquent un léger mouvement de sourcil collectif, un « tiens, quand même ». Mais toujours pas. Quelques articles plus tard, ce nouvel épisode avait déjà rejoint le grand carton des « divorces compliqués ».

Pourquoi est-il si difficile de changer d’avis sur Brad Pitt ?

Depuis près de dix ans, Brad Pitt est associé à des accusations graves, qu’il conteste, et à l’un des divorces les plus conflictuels d’Hollywood. Pourtant, il semble faire figure d’exception. On en a déboulonné pour moins que ça. Alors pourquoi paraît-il presque imperméable aux secousses ?

Il suffit de parcourir les commentaires sur internet pour voir se dessiner le même récit. Les scénarios vont presque tous dans le même sens : ils expliquent les enfants, soupçonnent la mère et préservent le père. Personne ne sait précisément ce qui s’est passé, mais on comble les blancs, on réorganise les pièces jusqu’à ce qu’elles collent à l’idée que nous nous faisons de Brad Pitt depuis trente ans. Une figure si familière qu’elle dispense du doute. Nous avons grandi avec ses films, ses histoires d’amour, ses métamorphoses. Il reste le jeune premier de Thelma et Louise, le héros romantique de Légendes d’automne, le corps sculptural de Fight Club, le mari de Jennifer Aniston, la moitié de Brangelina, l’acteur oscarisé, le producteur prestigieux. Beau, mais capable d’autodérision. Trente ans d’incarnation qui semblent avoir rendu l’icône presque impossible à ébranler. 

Le mythe Brad Pitt résiste mieux que les faits

Son ancienne dépendance à l’alcool, dont il a lui-même parlé est devenu un chapitre de sa reconstruction. La rédemption est un scénario qu’Hollywood maîtrise depuis toujours, elle est d’autant plus séduisante lorsqu’elle épouse les traits de Brad Pitt.  La promotion de F1 a remis au premier plan son charisme, son élégance sans effort, son sex-appeal malgré quelques rides. Le choix du rôle n’est d’ailleurs pas anodin : il y incarne un pilote vieillissant, abîmé par ses erreurs, qui revient dans la course pour prouver qu’il n’est pas fini. Difficile de ne pas y voir un écho à sa récente stratégie de communication. Le public lui a donné raison : F1 est devenu le plus grand succès commercial de sa carrière

Brad Pitt : le privilège de la seconde chance ?

Il y a peut-être aussi, dans cette indulgence, quelque chose de très genré. Les femmes célèbres semblent avoir plus de mal à échapper à l’étiquette qu’on leur colle : la femme froide, l’épouse vindicative, la mère manipulatrice. Dans cette histoire,  Angelina Jolie est presque devenue un personnage secondaire. Quand elle réapparaît, c’est moins pour ce qu’elle dit que pour le rôle qu’on lui prête : celui de l’ex-femme qui manipulerait ses enfants ou entretiendrait le conflit. Lui, à l’inverse, bénéficie plus facilement du crédit accordé aux hommes charismatiques : celui de la complexité, du mauvais passage et de la seconde chance. 

Plus éloquent encore, Trade Republic, une entreprise financière, vient d’en faire son ambassadeur mondial. Dans un spot télé diffusé actuellement, Brad Pitt n’y est pas seulement chargé de retenir notre attention : il y est présenté comme un raccourci vers la confiance. Son visage devient un argument à lui seul, une promesse de fiabilité. Difficile d’imaginer démonstration plus éclatante du crédit qu’il conserve envers et contre tout. Le capital sympathie reste décidément un placement très rentable.



2026-07-25 16:12:38

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