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«Cette absence de corps n’est pas une preuve en moins, c’est une sauvagerie en plus », a martelé à la barre Me Pauline Rongier, avocate d’une amie de Delphine Jubillar. Elle a prié ce mardi les jurés du procès de son mari Cédric de trouver le « courage » de le condamner malgré l’absence de corps, dans ce « cas d’école, voire paroxysme du féminicide ».
Paroxysme, « car il l’a tuée, mais en plus, l’a fait disparaître, peut-être à jamais », a-t-elle estimé lors de sa plaidoirie devant la cour d’assises du Tarn. « Je sais qu’il va vous falloir du courage pour condamner quelqu’un sans corps, mais ce courage il faudra que vous l’ayez », a-t-elle plaidé, « car il y a dans cette affaire un moment historique qu’il ne faut pas manquer », alors qu’aucun féminicide n’a encore selon elle été reconnu en l’absence de cadavre.
Le « processus » du féminicide
Jugé depuis plus de trois semaines pour le meurtre de son épouse Delphine, disparue à Cagnac-les-Mines dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Cédric Jubillar a continué de clamer son innocence à l’audience, tout en exposant contradictions et nervosité. Le corps de l’infirmière de 33 ans n’a jamais été retrouvé, mais selon Me Rongier, si « on n’a pas la sculpture du sculpteur, on en a le moule ». « Un féminicide n’est jamais un acte ponctuel, toujours l’aboutissement d’un processus, apparu progressivement pendant l’audience », a expliqué cette avocate spécialisée dans les affaires de violences conjugales.
« Isolement » de son épouse, dénigrement, « surveillance », « violences sur les enfants », Pauline Rongier a décrit la « chape de plomb, la prison dans laquelle était Delphine », ce « contrôle coercitif » de Cédric sur son épouse qui selon elle précède la plupart des féminicides. Safya Akorri, qui représente une amie très proche de la disparue, Anne, a rappelé aux jurés leur devoir « de faire œuvre de justice, œuvre de démocratie », au sein d’une cour d’assises « dernier fragment de collégialité, qui permet de dire que notre justice est civilisée et humaine ».
Un « faisceau d’indices »
« Je ne pense pas que Cédric Jubillar soit un monstre pervers et froid, l’horrible personnage qu’on a parfois cherché à vous caricaturer », a-t-elle confié. « J’assume de dire qu’il m’a touchée […] par son incapacité à vivre son propre procès », a-t-elle ajouté, prévenant toutefois que « tous les meurtriers sont des hommes avant d’être des criminels ». « J’entends le fil conducteur de la défense, de dire que ce ne sont que des petits détails qu’on lui impute », a noté Me Akorri. « La masse gigantesque de ces détails […] c’est ce qu’on appelle un faisceau d’indices », a-t-elle dit.
Dans son box vitré, l’accusé continuait de montrer quelques signes de nervosité, se grattant la tête puis l’arête du nez. Avant que ne s’avance à la barre l’avocate de sa mère, assise, non du côté de la défense, mais des parties civiles. « Moi aussi, je veux la vérité, quelle qu’elle soit », avait lancé Nadine Jubillar lors de sa déposition, citée à nouveau mardi par son avocate, Géraldine Vallat. Le dernier interrogatoire de l’accusé s’est achevé lundi sans qu’à aucun moment le peintre plaquiste de 38 ans ne cesse de nier son implication dans la disparition de son épouse.
2025-10-14 11:50:39
