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L’acte II de la réforme des bourses sortira-t-il de terre un jour ? Une question que se posent les organisations étudiantes. Promise depuis 2017, la réforme des bourses avait connu un premier acte prometteur en 2023 : le montant de ces aides avait été revalorisé de 500 millions d’euros, permettant à 35 000 nouveaux étudiants de devenir boursiers. Mais le deuxième volet qui devait s’attaquer à la structure même du dispositif, a été repoussé. Sa mise en œuvre avait été annoncée, au mieux, pour la rentrée 2026.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a exprimé à plusieurs reprises sa volonté de rouvrir ce chantier, notamment pour supprimer les effets de seuil qui excluent certains étudiants : « À un euro près, vous basculez dans un système où vous n’êtes plus boursier et vous n’avez plus rien », avait-il déclaré en juin sur franceinfo. « Il faut se baser vraiment sur les revenus que l’étudiant touche et que sa situation soit décorrélée des revenus de ses parents si ces derniers ne l’aident pas », avait-il ajouté. Mais depuis, silence radio. Et l’avenir de la réforme reste flou dans un contexte politique incertain.
La lassitude des syndicats
« La réforme structurelle des bourses n’apparaît pas dans le projet de loi de finances, si le gouvernement actuel est maintenu. Et si ce n’est pas le cas après le vote de confiance, nous n’avons aucune garantie que le prochain exécutif reprendra ce dossier », regrette Maëlle Nizan, présidente de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes). « On commence sérieusement à se lasser. » Même constat du côté de l’Unef, qui dénonce un cycle de promesses sans lendemain : « Chaque rentrée universitaire voir ressurgir les promesses d’amélioration du système de bourse, sans qu’aucune vraie réforme ne voie le jour. Les étudiants continuent ainsi de subir un système de bourses inadapté aux réalités de conditions de vie et d’études actuelles », pointe le syndicat dans son enquête sur le coût de la vie étudiante publiée mi-août.
Lors des concertations avec le gouvernement sur le sujet, les revendications de la Fage étaient claires. « Nous demandons l’indexation des bourses sur l’inflation, un élargissement du nombre de boursiers (36 % des étudiants le sont aujourd’hui) pour atteindre un million de bénéficiaires, une ouverture potentielle aux étudiants étrangers hors Union européenne, un rehaussement du barème des revenus de référence pour pouvoir bénéficier d’une bourse et un montant supplémentaire prioritairement en Île-de-France et dans les Drom (Départements et régions d’outre-mer) où le coût de la vie est plus élevé », décrit Maëlle Nizan.
Un investissement stratégique pour l’avenir
Au-delà des moyens à mobiliser, les syndicats insistent sur les coûts humains et sociaux liés à l’inaction. « Il ne faut pas seulement évaluer le coût d’une réforme structurelle des bourses en termes budgétaires. Il faut aussi mesurer celui de la précarité étudiante : échec académique, décrochage, impact sur la recherche, les inégalités d’accès aux études et, in fine, sur le nombre de diplômés », insiste Maëlle Nizan.
2025-09-03 07:45:00
