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Un animateur travaillant dans deux centres de loisir dans le 11e arrondissement de Paris a été suspendu par la ville, après des soupçons d’agression sexuelle, a appris 20 Minutes, confirmant une information d’Ici Paris Île-de-France. Il s’agit des centres de loisirs de la maternelle Roquette et la maternelle Parmentier.
L’affaire est partie du dépôt d’une main courante le 18 juillet par un parent d’élève à la suite de « propos inquiétants de la part de son enfant ». Ce dernier avait fréquenté le centre de loisirs du mercredi à l’école maternelle 11 bis Parmentier durant l’année scolaire et le centre de loisirs de l’école maternelle Roquette en juillet, d’après la mairie. L’administration aurait ensuite « recoupé » les éléments d’identification, et les parents ont porté plainte.
Enquête administrative
« Sans attendre, une mesure de suspension, à titre conservatoire et à effet immédiat, a été prise à l’encontre d’un animateur portant le prénom cité par l’enfant. Il ne travaille plus au contact des enfants », précise le maire du 11e arrondissement, François Vauglin. Les services départementaux ont également été informés, pour permettre à une éventuelle enquête administrative d’être ouverte. La Mairie de Paris promet de son côté une enquête administrative sur l’école maternelle Parmentier : « L’enquête de police et l’enquête administrative devront permettre d’apporter les éléments de réponse sur la matérialité des faits », précise-t-elle. Une permanence psychologique a été mise en place.
« A ce stade, les faits signalés ne l’ont été que par un seul enfant et rien ne permet de dire que d’autres enfants sont concernés », nuance néanmoins la Ville de Paris dans un courrier envoyé à 20 Minutes.
Plusieurs affaires récentes
Les édiles de la capitale ont eu récemment affaire à plusieurs affaires de violences sexuelles attribuées à des animateurs. En avril, deux familles de l’école maternelle Alphonse-Baudin, là aussi dans le 11e arrondissement, ont dénoncé des attouchements d’un animateur périscolaire. L’homme a été suspendu le 9 avril, suivi par un deuxième homme fin avril.
Mi-juillet, c’est un autre homme, en poste depuis dix ans dans une école du 12e arrondissement et décédé en mai, qui était mis en cause, après que ses amis ont découvert « des gigas de photos et de vidéos tournées avec des caméras espion », notamment de petites filles. Le scandale, révélé par Mediapart, intervient alors que l’homme avait fait l’objet en 2015 de plaintes de parents d’élèves et d’une enquête pénale, qui a abouti à un classement sans suite.
Le livre Tableau noir, écrit par l’autrice de cet article et publié en avril, a également révélé trois affaires de violences sexuelles entre enfants se déroulant à Paris, pour lesquelles la gestion du personnel scolaire et périscolaire était fortement critiquée par les parents.
La droite veut saisir l’Inspection générale
Face à la démultiplication de ces affaires, le groupe Changer paris, composés d’élus de droite au Conseil de Paris, a demandé le 23 juillet de « saisir l’Inspection générale de la Ville de Paris en vue de l’ouverture d’une enquête administrative sur les violences sexistes et sexuelles dans le système périscolaire parisien ».
« Cette enquête administrative aura pour objectif d’identifier au plus vite toutes les failles actuelles en abordant notamment les modalités de prévention auprès des élèves et des animateurs, la détection et la prise en charge des victimes, ou encore la gestion des personnels mis en cause et de formuler des propositions pour résoudre les dysfonctionnements identifiés », formule le groupe.
Un travail de formation colossal
Les animatrices et animateurs scolaires qui passent le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa) sont en principe obligatoirement formés depuis février 2024 sur les violences sexuelles et sexistes, même si certaines formations paraissent surtout concentrées sur le sexisme plutôt que sur les viols et agressions. Dans tous les cas, les animateurs qui ont eu leur Bafa avant cette date n’ont pour la plupart jamais reçu de formation.
Ce travail, si d’aventure il devait se faire, serait colossal. On dénombre près de 12.000 animateurs et animatrices à Paris, dont 8.500 vacataires et 1.000 contractuels. Une gageure alors que le secteur souffre d’un énorme turn-over. En revanche, les responsables éducatifs Ville des écoles ont été formés durant l’année 2024-2025, rapporte la ville.
2025-08-01 13:52:46
