#Chine #taxer #encore #les #porcs #européens #les #éleveurs #français #choqués
La filière porcine française redoute un choc majeur. Pékin a annoncé qu’à partir du 10 septembre, les importateurs européens de porc devront s’acquitter d’une caution équivalente à 20 % de la valeur de leurs produits, dans le cadre d’une enquête antidumping visant l’Union européenne. Cette mesure, perçue comme un acte de représailles face aux droits de douane européens sur les voitures électriques chinoises, menace directement les exportateurs français.
« C’est une très mauvaise nouvelle pour la filière porc dans son ensemble, et pas seulement à l’export, car cela aura sûrement un impact baissier sur le prix à la production en Europe », alerte Thierry Meyer, vice-président d’Inaporc, qui prévient : « Malheureusement, tout le monde va payer. »
Un marché stratégique pour la France
La Chine est de loin le premier client de la filière française, avec 115.000 tonnes exportées en 2024 pour environ 240 millions d’euros. Sur le seul premier semestre 2025, les ventes ont atteint 62.722 tonnes, dont près de 38.000 tonnes d’abats congelés, pour 123 millions d’euros. Ces morceaux – pieds et oreilles de porc – sont peu consommés en Europe mais très appréciés dans la cuisine chinoise.
Cette offensive chinoise sur le porc s’inscrit dans un bras de fer commercial plus large avec Bruxelles. Après les enquêtes lancées sur le cognac et les produits laitiers, Pékin cible désormais un secteur stratégique pour plusieurs Etats membres de l’UE.
Des taux variables selon les pays et les entreprises
Les sociétés européennes qui ont coopéré avec l’enquête chinoise se verront appliquer des taux personnalisés allant de 15,6 % à 32,7 %. Les entreprises n’ayant pas participé seront sanctionnées par un droit provisoire de 62,4 %. L’Espagne, premier producteur européen de porc et dont la moitié de la production est exportée, essentiellement vers la Chine, sera particulièrement touchée.
Notre dossier sur les droits de douane
Mais les éleveurs français craignent eux aussi une répercussion directe : une intensification de la concurrence intra-européenne et une pression accrue sur les prix. « Le risque est que cela génère une pression à la baisse sur les prix du porc en Europe », avertit Anne Richard. Néanmoins, la filière française espère qu’à l’issue de l’enquête prévue en décembre, des négociations individuelles permettront d’assouplir la situation, comme ce fut le cas pour certains producteurs de cognac. En attendant, l’incertitude plane sur un marché vital pour l’équilibre économique du porc européen.
2025-09-05 18:40:18
