#Jusquà #huit #mois #prison #requis #lencontre #des #cyberharceleurs #Barbara #Butch
Une « vague de haine antisémite, grossophobe et sexiste » ayant eu des conséquences lourdes sur la santé mentale et physique de Barbara Butch, figure des nuits parisiennes LBGT +. C’est en ces mots que la procureure du Parquet de Paris a qualifié le « cyberharcèlement parfaitement caractérisé » dont a été victime l’artiste.
Le parquet de Paris a requis jeudi des peines allant de trois à huit mois d’emprisonnement, avec ou sans sursis, contre cinq hommes jugés pour cyberharcèlement et menaces à l’encontre de la DJ. Ces messages « brisent », ils « broient ». Ils ont pour objectif « d’intimider et de faire mal », a affirmé la procureure.
« Tu vas payer »
Le 26 juillet 2024, Barbara Butch était apparue aux platines sur la passerelle Debilly à Paris, entourée de drag queens, de mannequins et du chanteur Philippe Katerine peint en bleu, pour un tableau baptisé « Festivité ». Une performance qui avait suscité la colère de milieux conservateurs et d’extrême droite, qui y avaient vu une parodie blasphématoire de la Cène de Léonard de Vinci.
Trois jours plus tard, la DJ déposait plainte après avoir reçu une avalanche de messages haineux : insultes, menaces de mort et de viol, tels que « Crève » ou encore « Tu vas payer ». Sa compagne avait elle aussi été la cible de menaces.
« Envie de m’enterrer et de disparaître »
Barbara Butch a expliqué avoir sombré dans une profonde détresse, développant de l’agoraphobie, du psoriasis et souffrant d’insomnies et de cauchemars. Elle a également indiqué prendre des antidépresseurs et avoir pris 30 kg en raison du stress et de la peur. « J’avais juste envie de m’enterrer et de disparaître », a-t-elle confié.
Son avocate, Me Audrey Msellati, a insisté sur l’impact durable de ce cyberharcèlement, qui a poussé l’artiste à ne plus oser sortir de chez elle pendant plusieurs mois.
Une « parodie de la religion »
Étudiant, père de famille, aide soignant… Âgés de 24 à 57 ans, les cinq hommes ont reconnu avoir envoyé des messages mais ont nié leur caractère harcelant ou menaçant. Certains disent avoir été « profondément blessés » par ce qu’ils considèrent comme une parodie à la religion chrétienne. « Ce qui m’a déplu, c’est le fait de rabaisser une religion et de la tourner en dérision », a avancé le plus jeune d’entre eux.
Une avocate de la défense a souligné que le costume de Barbara Butch « évoquait la Vierge Marie », plaidant l’absence d’intention haineuse. Le directeur artistique de la cérémonie, Thomas Jolly, avait déjà démenti toute volonté de provocation, expliquant que la scène visait à représenter une « grande fête païenne reliée aux dieux de l’Olympe ».
Notre dossier sur le cyberharcèlement
Jugement attendu en novembre
Le parquet a demandé des peines de trois à six mois de prison avec sursis et des stages de lutte contre la haine en ligne pour quatre des prévenus présents, et huit mois de prison ferme pour le cinquième, absent lors de l’audience. Le jugement sera rendu le 21 novembre.
D’autres artistes de la cérémonie, dont Thomas Jolly, avaient également été la cible de cyberharcèlement : en mai dernier, sept personnes avaient déjà été condamnées pour des messages haineux.
2025-09-25 21:38:45
