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«J’espère pouvoir retrouver le public et je vais faire en sorte que ce soit pour de bon, avec mes chansons », glisse Joanna Lagrave à 20 Minutes avant de raccrocher… Si elle parle de retrouvaille c’est parce qu’elle n’est pas une inconnue pour bien des téléspectateurs : en 2008, elle avait atteint les demi-finales de « Star Academy ». La suite de son parcours dans la musique a été moins heureux et elle a fini par se tourner, avec succès, vers la peinture. A 38 ans, l’artiste est décidée à renouer avec la chanson. C’est pour cela qu’elle s’est présentée aux auditions à l’aveugle de « The Voice ». Sa reprise de Sur un prélude de Bach, diffusée samedi sur TF1, a donné lieu à une séquence d’émotion, avec des coachs bouleversés. A commencer par Lara Fabian, dont Joanna Lagrave a choisi de rejoindre l’équipe…
Quel a été le déclic pour vous présenter au casting de « The Voice » cette année ?
C’est assez fou et inattendu pour moi de me retrouver sur ce plateau vu tout ce qui s’est passé pendant toutes ces années où j’avais décidé volontairement d’éteindre la lumière. J’ai ressenti une impulsion, comme un appel de la musique, une envie d’exprimer les émotions qui étaient restées enfouies en moi pendant des années. J’avais envie de m’exprimer, de montrer qui je suis vraiment…
Ces dix dernières années, vous vous êtes accomplie dans la peinture…
C’est ainsi que j’ai continué à m’exprimer. J’ai traité d’énormément de choses – les rancœurs, les émotions négatives… –, que j’ai transformées en couleurs, en joie. J’ai appris aussi à devenir artiste à travers ma peinture. J’en suis arrivée à un moment où j’ai senti qu’il restait des choses à traiter autrement qu’à travers la peinture, en musique. Aujourd’hui, je me sens alignée, dans ma vérité.
Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre expérience dans « Star Academy » ?
C’est un souvenir que je regarde avec énormément de tendresse. J’adore y repenser. C’est l’endroit qui m’a permis de m’épanouir sur scène, de découvrir le plateau télé, de prendre contact avec le public pour la première fois. Mon aventure dans l’émission a été quelque chose de formateur, mais ça n’a jamais défini l’artiste que je suis. Il y a une histoire de montage, d’éléments qui ne sont pas de mon ressort. Surtout, après la « Star Ac », les personnes qui m’ont entourée n’étaient pas forcément les bonnes, j’ai fait de mauvais choix, pris les mauvaises directions.
En 2014 vous avez participé à la présélection française pour l’Eurovision. C’est un bon souvenir ?
Très bon ! Le fait de donner des interviews à des médias de toute l’Europe, de répondre en différentes langues, d’avoir potentiellement l’opportunité de toucher un public au-delà de la France, ça me plaisait. Mais je n’ai pas été choisie pour le concours. Ce n’était pas le moment. Je fais partie de ces personnes qui pensent qu’il n’y a jamais de hasard. Ça devait se passer comme ça, je l’accepte totalement. Il n’y a aucun souci avec ça.
Chanter, « Sur un prélude de Bach » à « The Voice », devant Lara Fabian, qui a été si proche de Maurane, c’est une pression supplémentaire ?
Oui ! Je me suis fait énormément de scénarios de ce moment. Des bons et des mauvais. J’avais envisagé que Lara ne se retourne pas. Je pouvais le comprendre de par son attachement à Maurane. Personne ne peut être Maurane. C’est une voix sacrée, une voix divine. Que Lara se soit retournée, je l’ai vécu comme un honneur.
Les coachs ont été dithyrambiques. Ils ont salué la manière dont vous avez su vous approprier la chanson. A ce moment-là, vous vous êtes dit que vous étiez à la bonne place ?
En choisissant cette chanson, je savais qu’il fallait que je trouve « mon » histoire dans ce texte et ne pas la chanter simplement pour dire « regardez comme j’ai une belle voix ». A travers ma voix, les notes, les mots, je devais faire entendre mes fêlures. Le texte parle du fait de regarder le passé, qu’il soit joli ou non, avec tendresse. Cette histoire, c’est la mienne aussi. Mais je ne suis pas sûre de répondre à votre question…
Vous vous êtes dit que vous étiez à la bonne place ?
Même dans les meilleures projections que je me faisais, je ne m’attendais pas à ce que mon audition se passe comme ça. Je n’ai jamais imaginé qu’un jour je recevrais un tel florilège de compliment. A chaque mot sortant de la bouche des coachs, je tombais des nues. Rien qu’en vous en parlant, je sens l’émotion qui monte. Que Florent Pagny me dise que c’était parfait sans ajouter un « mais » derrière, c’est surréaliste. Qu’Amel Bent me dise qu’elle prendrait direct un ticket pour mon concert… Une seule de ces déclarations m’aurait comblée, mais là, c’était un combo de tout ce que j’aurais aimé entendre, cela m’a donné un coup de boost extrême en tant que chanteuse. D’autant que je suis arrivée sur ce plateau avec moins 8.000 points de confiance en moi.
Chanter « Tu es mon autre » sur le plateau avec Lara Fabian, ça faisait partie de vos scénarios rêvés ?
Je l’avais imaginé et je pensais que ça resterait à l’état de rêve. Mais j’ai osé, je me suis décidée à prendre mon courage à deux mains et à lui proposer en me disant que sur un malentendu… Et ça s’est concrétisé. Il s’est passé quelque chose d’incroyable avec Lara, un lien instantané s’est créé. C’est ce que j’ai ressenti. C’est comme si on avait répété ce morceau alors que pas du tout. Elle n’a jamais chanté avec moi. Mais moi, ça fait des années que je chante « avec » elle, j’ai appris à chanter sur sa voix quand j’étais ado, j’ai gagné des concours avec ses chansons. Donc c’était comme un accomplissement, une validation de tout ce que j’avais pu réaliser. Je la remercie de m’avoir offert ce moment. Cette femme est un être de lumière.
Et elle vous a invitée à la chanter avec elle lors d’un des concerts de sa tournée…
C’était le 11 mars, à Lille. En dix-huit années dans la musique, dans l’art, on m’a fait énormément de promesses que jamais personne n’a tenu. Lara Fabian est la première personne à me promettre quelque chose et à tenir sa parole. C’est limite comme un message de l’univers, dans le sens où la première fois que je suis montée sur scène, j’avais 13 ans, et j’ai chanté Tout de Lara Fabian. Et au moment où je décide de rallumer la lumière, de réutiliser cet instrument qu’est ma voix, je remonte sur scène grâce à l’invitation de Lara Fabian. Je ne la remercierai jamais assez.
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Je ne sais pas encore quelle sera la suite de votre aventure dans « The Voice », mais vous semblez décidée à renouer sérieusement avec la musique. Je me trompe ?
J’ai fait un chemin intérieur, loin des projecteurs, pendant un moment, mais je n’ai jamais cessé d’être artiste. Il a fallu que je fasse ce détour par la peinture pour comprendre comment on façonne une œuvre, comment on construit une collection ou un album, avec la conscience du message que l’on veut passer. Cette bifurcation m’a permis de reprendre des forces, de retrouver confiance en moi, d’apprendre à être artiste, et à exprimer mes émotions sans me cacher. Je suis totalement alignée avec ce que j’ai envie de transmettre au public, un public qui m’a déjà connue d’une certaine manière et qui va peut-être me redécouvrir. J’espère aussi toucher des personnes qui se sentiront proches de moi de par mon parcours, le fait de quitter quelque chose pour sa sécurité, pour se retrouver et revenir avec beaucoup plus de force et de convictions.
2026-03-28 20:55:07
