dimanche, mars 22, 2026
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« Je ne lui ai rien fait »… Face à la famille de Delphine, l’accusé ne cède rien


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A la cour d’assises du Tarn,

S’il y a bien un point – peut-être même le seul – sur lequel s’accordent Cédric Jubillar et ses ex-beaux-frères et belle-sœur, c’est qu’entre eux, le courant n’est jamais passé. Quinze années de relation, un mariage, la naissance de deux enfants n’y ont rien changé. « Dès le début, je n’ai pas été accepté », déplore l’accusé, tout de noir vêtu, les mains jointes dans le box de la cour d’assises du Tarn. Il en donne pour preuve cette fois où sa belle-sœur a refusé de se porter caution pour lui. Anecdotique. Mais deux décennies plus tard et malgré le drame de la disparition de Delphine, son amertume semble intacte. « On était plutôt distants, il n’y avait pas d’affinité », résume Cédric Jubillar. Les relations familiales se limitaient donc aux anniversaires et à quelques fêtes.

« Je n’ai jamais pu lui faire confiance », reconnaît sans détour Stéphanie, la sœur aînée de Delphine. A la barre, la quadragénaire – carré court auburn, pull moulant rose – brosse le portrait d’un homme « toujours énervé », qui « pestait à la moindre chose ». Surtout, elle décrit un homme violent : verbalement avec Delphine, physiquement avec leur fils aîné. La quadragénaire, qui a désormais la garde des enfants, a été marquée par un « coup de pied assez violent » donné à Louis lorsqu’il avait « 5 ou 6 ans ». Ses frères, eux, se souviennent de cette fois où l’accusé a grondé si fort son fils qu’un passant est intervenu.

A les entendre les uns et les autres, Delphine était effacée, presque soumise. Faux, rétorque Cédric Jubillar. S’il admet une éducation « sévère » vis-à-vis de son fils – « sinon on se fait bouffer », il estime que dans leur couple, c’est Delphine qui « portait la culotte ». « Elle n’était pas soumise, elle sortait comme elle voulait, elle faisait ce qu’elle voulait, quand elle voulait », insiste-t-il.

« Je ne voulais pas la brusquer »

La froideur des liens familiaux ne se réchauffe pas dans l’épreuve. Le 16 décembre 2020, c’est un appel des gendarmes, vers 10 heures du matin, qui apprend à la fratrie la disparition de Delphine. Deux d’entre eux avaient pourtant parlé à Cédric Jubillar un peu plus tôt dans la matinée. Sa sœur aînée, d’abord. Vers 8 heures, Stéphanie a reçu un appel d’un numéro inconnu. Elle décroche. Un homme à la voix « calme » cherche seulement le numéro de son frère Sébastien. Il ne se présente pas, elle ne le reconnaît pas. « J’apprendrais plus tard que c’était Cédric », raconte-t-elle. Elle n’imagine pas que cela fait déjà 4 heures que les gendarmes sont à la recherche de sa cadette. « Je ne voulais pas la brusquer, elle était en convalescence », justifie l’accusé.

Pourquoi, alors, s’est-il emporté quelques secondes plus tard contre ce même Sébastien ? « Quand je déverrouille le mode avion de mon téléphone, je vois que Cédric Jubillar a cherché à me joindre à 8h02. A 8h03, il rappelle et me dit d’un ton très énervé : « où est ta sœur, je sais qu’elle est chez toi, dis-moi sinon j’appelle les flics » », raconte ce dernier. Sébastien n’en sait rien. Il est cueilli au pied du lit, ne comprend pas ce qui se passe. Interrogé par la cour, l’accusé explique seulement qu’il voulait s’assurer que Delphine ne se trouvait pas chez lui. Pourquoi une telle colère ? Cédric Jubillar élude. Pourquoi ne pas avoir indiqué que les gendarmes étaient à sa recherche ? L’information ne lui a pas semblé primordiale. Quelques heures plus tard, les deux hommes se rappellent. Cette fois, le ton est très différent. « Il est passé de très énervé à calme, ça m’a étonné », insiste Sébastien.

« Je n’avais pas l’impression de voir quelqu’un qui pleurait »

Ses doutes vis-à-vis de son beau-frère sont apparus dès les premiers jours. « Je n’avais pas l’impression de voir quelqu’un qui pleurait », raconte le frère de Delphine. Il parle sans animosité. Son ton est calme, presque résigné. Lui, comme le reste de la famille, s’étonne du manque d’implication de Cédric Jubillar ; de sa rapidité à « oublier Delphine » ; et de cette hypothèse qu’il avance régulièrement : sa femme a pu choisir de quitter le foyer. Invraisemblable à leurs yeux. Certes, tous avaient remarqué que ces derniers mois, Delphine avait changé. Elle avait maigri, elle s’apprêtait. A certains, elle avait confié qu’elle allait divorcer. Mais tous sont unanimes : elle ne serait jamais partie sans ses enfants. « Sa raison de vivre », insiste son plus jeune frère.

Notre dossier sur l’affaire Jubillar

Cinq années ont passé mais Cédric Jubillar n’en démord pas : devant la cour d’assises, l’accusé répète ce mardi que sa femme a pu choisir de disparaître. Son corps n’a jamais été retrouvé. La seule trace de sang retrouvée dans toute la maison est si petite qu’elle n’est pas exploitable ni même visible à l’œil nu. « Est-ce que cette piste a été suffisamment exploitée ? », insiste-t-il. A l’époque, il avait avancé l’hypothèse qu’elle ait pu rejoindre une secte ou même Daesh. Des pistes balayées par les enquêteurs mais qu’il soutient toujours. Il explique la mine grave, l’air sérieux, avoir un jour aperçu son épouse prier « les mains vers le ciel » sur le canapé. La secte, c’est parce qu’il a reçu un prospectus des témoins de Jéhovah. « En tout cas, moi, je ne lui ai rien fait », balaye-t-il.

Si ces hypothèses sont assurément farfelues, cette nouvelle journée n’a pas permis d’avancées majeures dans les débats. Car un caractère peu avenant, des relations délétères et des explications alambiquées ne mènent pas forcément à une condamnation. Et Cédric Jubillar et ses avocats se battent pied à pied pour le prouver.



2025-09-30 18:03:25

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