vendredi, août 21, 2026
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Iran, Ukraine, économie, dette, salle de bal, : midterms Donald Trump, rattrapé par la réalité, accumule les revers à l’étranger comme aux Etats-Unis


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l’essentiel
À quelques semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump accumule les revers à l’étranger comme à l’intérieur. Guerre en Iran, flambée des prix, dette record, polémiques et lubies personnelles : le président américain est désormais rattrapé par les sondages, qui montrent une érosion jusque dans son propre électorat.

En une charge virulente contre Donald Trump, le sénateur démocrate Jon Ossoff a dressé un réquisitoire impitoyable contre l’action du président républicain depuis son retour à la Maison-Blanche, le 20 janvier 2025.

« À bord de l’USS Abraham Lincoln, ils sont maintenant en mer depuis plus de 240 jours sans escale dans un port. C’est un record pour la Navy. Et pendant que les marins du Lincoln mènent sa guerre, pendant qu’il vide inutilement nos réserves de munitions et de pétrole, le président dort pendant ses réunions. Il joue au golf et trade des actions. Voyez, il ne veut pas faire le travail. Il veut construire sa salle de bal et voyager avec Natalie dans leur palais volant apparemment sans défense, offert par l’émir du Qatar », a lancé le parlementaire lors d’un rassemblement à Atlanta, dimanche 16 août.

Le bourbier iranien

L’évocation de Natalie Harp, l’omniprésente assistante personnelle du président – qui ne se sépare jamais de son imprimante portable pour lui imprimer discours, articles ou messages – est le point qui a rendu furieux le camp Trump, au point que la Maison-Blanche s’en est prise violemment à une journaliste de CNN qui interrogeait le président sur sa collaboratrice. Sur le reste, Trump semble tout assumer, transformant des échecs patents en succès personnels censés « rendre sa grandeur à l’Amérique ». Et pourtant, de grandeur il n’y a pas.

Donald Trump et son assistante Natalie Harp qui ne le quitte plus.
Donald Trump et son assistante Natalie Harp qui ne le quitte plus.
AFP

La guerre en Iran, qui a déstabilisé tout le Moyen-Orient, perturbé les flux pétroliers, bouleversé le commerce maritime international et rebattu des alliances de longue date, est devenue un bourbier qui rappelle le Vietnam, l’Irak ou l’Afghanistan et dont on voit mal comment Donald Trump – qui martèle avoir gagné la partie – pourra sortir.

Sur l’Ukraine, il semblait s’être enfin rapproché de Volodymyr Zelensky, après avoir été mené en bateau par Vladimir Poutine, mais il se refuse à fournir à Kiev les missiles Patriot dont l’Ukraine dit avoir un besoin urgent pour renforcer sa défense aérienne.

Et maintenant une rencontre avec Kim Jong-un

Quant à Gaza, Trump ne semble plus contenir son ami Benjamin Netanyahu, qui l’a entraîné dans le conflit avec l’Iran. Enfin, tout récemment, Donald Trump a renoué avec Kim Jong-un, le dictateur nord-coréen, son « ami » obnubilé par les missiles nucléaires, qu’il courtise au prix de nouvelles tensions avec son allié sud-coréen.

On est loin du président qui s’est fait élire sur la promesse de ne plus engager les États-Unis dans les conflits du monde…

Mais la conduite erratique de la présidence ne s’arrête pas à l’international et, sur le plan intérieur, Donald Trump pulvérise les usages que respectaient ses prédécesseurs démocrates comme républicains. Au-delà des raids et des expulsions massives menés par la police de l’immigration ICE ; au-delà des droits de douane mondiaux dont une large partie a été invalidée par la Cour suprême et qui pèsent sur les entreprises comme sur les consommateurs américains ; au-delà des pressions exercées sur les États républicains pour redessiner les circonscriptions ou multiplier les restrictions au vote par correspondance avant les élections de mi-mandat de novembre qui s’annoncent catastrophiques ; au-delà encore des messages et visuels modifiés par l’IA qui le montrent en Jésus ou en militaire ; au-delà, enfin, de la façon dont il utilise sa position pour enrichir son clan familial, Donald Trump n’a qu’une obsession : être sur le devant de la scène, comme du temps où il était vedette de téléréalité, et laisser une trace dans l’Histoire.

Obsédé par sa salle de bal

Depuis des mois, Trump fait le show, littéralement, installant une enceinte de combat de MMA à la Maison-Blanche pour son 80e anniversaire, dans laquelle les participants ont insulté Michelle Obama, dévoilant un projet d’arc de triomphe XXL qui bouleverserait les perspectives historiques de Washington, ordonnant la réfection du bassin Lincoln qui a viré au fiasco et coûté des millions, et bien sûr construisant sa salle de bal sur les décombres de l’aile Est.

Donald Trump signe un morceau de pierre sur le chantier de construction d'un héliport sur la pelouse sud de la Maison Blanche le 19 août.
Donald Trump signe un morceau de pierre sur le chantier de construction d’un héliport sur la pelouse sud de la Maison Blanche le 19 août.
AFP

Cette dernière, au parcours judiciaire chaotique, est devenue l’une de ses obsessions les plus visibles pour laquelle il peut interrompre des réunions – du moins celles au cours desquelles il ne s’assoupit pas.

Sourd aux critiques de l’opposition, qui l’accuse de délaisser les affaires de l’État au profit de lubies personnelles, Donald Trump a convié mercredi les journalistes à la Maison-Blanche pour inspecter avec lui le chantier de son très coûteux nouvel héliport. « S’il y a une chose que je sais faire, c’est construire. J’aime la construction », a-t-il expliqué, tout sourire.

Sa base MAGA se fissure

Mais même l’adepte des « faits alternatifs » est rattrapé par la réalité, et notamment par la situation économique du pays. La dette du gouvernement américain a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 40 000 milliards de dollars. Une hausse plus rapide que prévu, alors que la persistance des déficits et l’envolée des intérêts alourdissent encore la facture.

Les inquiétudes sur l’inflation, nourries notamment par la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie, ont parallèlement porté les coûts d’emprunt à des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis des années. La dette du pays – que Trump promettait de rembourser lors de son premier mandat – a plus que doublé depuis la crise financière de 2008…

De mauvais sondages pour Donald Trump.
De mauvais sondages pour Donald Trump.
DDM

Autre réalité, celle des sondages. Tombé autour de 37 % d’opinions favorables, le président américain paie d’abord le coût de la vie et l’économie, mais aussi la guerre contre l’Iran. Plus inquiétant encore pour les républicains, l’érosion et le mécontentement gagnent désormais certains des électorats MAGA qui avaient permis sa victoire en 2024.

À force de nier la réalité, Trump voit désormais sa propre coalition se fissurer.
 



2026-08-21 05:41:11

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