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« Il est dans le déni de la réalité »… Le peuple israélien peut-il changer la donne ?


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Le témoignage d’un proche d’un ancien otage du Hamas. Un député du Likoud mouillé dans une affaire d’agression sexuelle. L’histoire d’une arnaque bien ficelée sur Internet. Une revue sur un robot chirurgien… En première page de Ynet, le média israélien le plus consulté du pays, pas une ligne sur le sort des Gazaouis.

Quand les images des enfants décharnés par la faim inondent les médias occidentaux, de l’autre côté de la frontière de la bande de Gaza, on ne montre pas. Ou peu. « La plupart des médias israéliens n’informent pas le peuple sur la réalité à Gaza », affirme Yoav Shemer-Kunz, chercheur en sciences politiques affilié à l’université de Syracuse à Strasbourg.

Pourtant, certains ne font pas que l’évoquer mais couvrent l’actualité de l’enclave palestinienne comme principale information. C’est notamment le cas de Haaretz, « devenu une référence à l’international », soutient Adel Bakawan, directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (EISMENA) et auteur de La décomposition du Moyen-Orient : Trois ruptures qui ont fait basculer l’histoire (Tallandier). Ce dernier estime que la population israélienne « est parfaitement informée, même mieux que les Gazaouis eux-mêmes ».

Un soutien majoritaire à la politique d’Israël

Mais alors, pourquoi la société israélienne ne réagit-elle pas face à l’action militaire du gouvernement de Benyamin Netanyahou ? « Manipulée par une presse qui minimise les faits, la population israélienne est dans le déni de la réalité de ce qui se passe à Gaza ». Et cela s’ajoute à une certaine « indifférence vis-à-vis du sort des Palestiniens, voire une apathie », estime Yoav Shemer-Kunz. « Ils savent bien qu’il y a un blocage total, mais tout le monde préfère détourner le regard », insiste-t-il.

« Le Premier ministre israélien est même soutenu par son peuple », juge pour sa part Adel Bakawan. Les critiques internes qui commençaient à émerger ces derniers mois ont été tues par la guerre des douze jours contre l’Iran. Plus de la moitié (54 %) des Israéliens déclaraient lui faire confiance dans un sondage publié par la chaîne 14 à la mi-juin.

Le peuple israélien a pourtant longtemps été favorable à la paix avec les Palestiniens. Mais « un changement structurel a modifié la perspective de la population », note Adel Bakawan. Sociétal, militaire, culturel, générationnel… un ensemble de facteurs explique selon lui ce glissement de l’opinion publique israélienne sur la question palestinienne depuis les négociations d’Oslo en 2000. L’attaque terroriste du 7 octobre 2023 par le Hamas a renforcé ce sentiment.

Des manifestations « marginales »

Cette société civile israélienne pourrait néanmoins être un levier important afin de tordre le bras de Benyamin Netanyahou, sourd aux multiples appels internationaux. Certains tentent. Chaque samedi, des dizaines de milliers d’habitants de Tel Aviv descendent dans la rue pour protester contre la politique du gouvernement et pour la libération des otages enlevés par le Hamas. « De plus en plus d’Israéliens manifestent, mais ça reste marginal », souligne Yoav Shemer-Kunz. Outre ces rassemblements le samedi, « ils pourraient aller plus loin, comme faire une grève générale », ajoute-t-il.

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« Si la majorité des gens étaient contre, ils pourraient ne pas aller à l’armée de réserve, ne pas aller combattre », estime encore le chercheur strasbourgeois. Benyamin Netanyahou aurait beaucoup à perdre en cas de soulèvement massif de la population, mais il garde pour l’heure les mains libres. Preuve en est, le peu d’opposition dans la rue et dans la sphère politique : la question palestinienne met d’accord aussi bien l’extrême droite présente dans son gouvernement que l’opposition de gauche.

Adel Bakawan ne s’attend donc à « aucun miracle, aucun sursaut. Benyamin Netanyahou n’a jamais été autant respecté. » Le seul espoir pour mettre un terme à l’enfer que vivent les Gazaouis, « c’est l’Union européenne, les Etats-Unis, l’ONU », juge Yoav Shemer-Kunz. En allant plus loin que des déclarations, même aussi symboliques que la promesse de la reconnaissance de l’Etat de Palestine.



2025-07-25 10:53:00

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