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La peine est bien en deçà des réquisitions du parquet. Reconnu coupable de violences, de menaces et d’insultes envers un opposant, le maire d’Arcachon (Gironde) Yves Foulon n’a écopé que d’une amende de 10.000 euros, dont 5.000 euros avec sursis, et à une amende de 30 euros pour les insultes. L’élu s’en sort très bien. Car le 15 mars, au matin du premier tour des élections municipales, il avait littéralement pété un plomb face son principal opposant. Alors qu’il faisait face au candidat divers gauche Vital Baude, le maire sortant l’avait copieusement insulté : « Fils de p*** », « enc*** », « vous êtes une merde », avait notamment proféré le maire.
Yves Foulon avait également menacé son opposant de « lui mettre une branlée » et de « tout faire pour le bais** », menaçant de s’en prendre à lui et sa famille. Ce que le maire de droite ne savait pas, c’est que l’ensemble de cet échange avait été filmé. Et que ses mots et ses menaces seraient diffusés par le média en ligne Vakita, qui réalisait un reportage sur la campagne de Vital Baude.
Lors de l’audience devant le tribunal correctionnel de Bordeaux début juillet, celui qui règne en maître sur Arcachon depuis vingt-cinq ans n’avait eu d’autre choix que de reconnaître sa faute. « Je reconnais les propos qui ont été tenus mais je ne me reconnais pas dans ce qui s’est passé », s’était-il défendu. La procureure avait estimé que ce dossier était « la plus grave » des affaires d’atteinte aux élus dont le parquet de Bordeaux a été saisi depuis que le gouvernement en a fait une priorité de sa politique pénale. Elle avait requis une peine de quatre mois de prison avec sursis. La peine sera finalement bien moins lourde pour le maire de la chic station balnéaire bordant le bassin d’Arcachon.
Sa plainte classée sans suite
Lors de cet échange d’amabilités, le maire d’Arcachon avait reproché à son opposant d’avoir publié, pendant la campagne, une photo du chantier de sa maison, construite à la place d’une villa patrimoniale qu’il avait fait démolir. « Une atteinte à la vie privée », selon le maire, qui avait lui aussi saisi la justice. Une plainte classée sans suite le 7 mai.
Jamais condamné, le maire de 67 ans et ancien député peut garder son mandat. Il devra verser 2.500 euros à son opposant au titre du préjudice subi. A l’issue du verdict, Vital Baude n’a pas exclu de faire appel. Il a déploré que « le premier magistrat d’une ville » puisse « se permettre d’injurier, de menacer, d’avoir une attitude violente et n’avoir aucune peine de prison avec sursis, conserver son mandat et toutes les prérogatives et les moyens de rétorsion qui vont avec ».
2026-08-20 13:04:32
