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Face au « retour de l’odieux antisémitisme », Emmanuel Macron appelle à la vigilance « de tous les instants »


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Sur fond d’antisémitisme en pleine résurgence en France, Emmanuel Macron a appelé ce dimanche à une « vigilance » de « tous les instants ». Le chef de l’Etat présidait la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus, officier juif injustement condamné pour haute trahison, 120 ans jour pour jour après la décision de la Cour de cassation qui l’a officiellement réhabilité.

« Face à ce retour de l’odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants », a lancé le président. Pour poursuivre le travail de mémoire, Emmanuel Macron a annoncé qu’« il [était] temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés, soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie », appelant « toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise ».

Une cérémonie en présence des descendants de Dreyfus

La cérémonie a eu lieu tout près de la Cour, sur l’île de la Cité, en présence des descendants d’Alfred Dreyfus, de représentants de l’Etat et d’élus. Accusé de haute trahison en faveur de l’Allemagne, alors ennemie jurée de la France, sur la base de fausses preuves, Alfred Dreyfus a été condamné à la déportation à perpétuité le 22 décembre 1894 dans un climat politique enflammé par un antisémitisme profondément enraciné. Entre son arrestation en octobre 1894 et sa réhabilitation officielle le 12 juillet 1906, il va connaître deux procès et le bagne sur la redoutable île du Diable.

« L’affaire Dreyfus n’est pas une page de notre histoire qui se serait fermée en 1906 grâce à la Cour de cassation et la réintégration de Dreyfus dans l’armée », a insisté Emmanuel Macron. « Nous savons que les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays », a-t-il ajouté en appelant dans ce contexte à entretenir l’héritage des « dreyfusards ». « Le « dreyfusisme » n’est pas un souvenir, c’est un état d’esprit qui refuse que l’appartenance d’un homme à une religion, une origine, une communauté puisse devenir l’alibi permettant de le livrer en pâture à une justice et une opinion aveugle », a-t-il martelé.

Juste avant lui, Charles Dreyfus, petit fils du capitaine âgé de 99 ans, a aussi constaté « avec tristesse » la résurgence de l’antisémitisme. Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a de son côté annoncé que la place portant le nom de l’écrivain nationaliste Maurice Barrès, un des plus féroces détracteurs d’Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite, porterait désormais le nom de Lucie Dreyfus, l’épouse du capitaine qui le soutint sans relâche dans son combat pour la justice.

La continuité d’un long travail mémoriel

Instaurée par le président un an avant la fin de son mandat, cette journée nationale de commémoration « aura lieu chaque année le 12 juillet » et rendra aussi hommage aux « dreyfusards », à commencer par l’écrivain Émile Zola, qui ont œuvré pour faire reconnaître son innocence, avait indiqué la présidence.

Emmanuel Macron poursuit ainsi un long travail mémoriel ponctué par six entrées au Panthéon, dont celle de l’historien et résistant Marc Bloch le 23 juin. Les actes antisémites, 1.320 en 2025, n’ont jamais été aussi nombreux en France que pendant les trois dernières années, selon le ministère de l’Intérieur.



2026-07-12 11:59:48

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