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De son enfance imprégnée par la solidarité du monde paysan, il n’a rien oublié. Nouveau vice-président du conseil départemental du Lot-et-Garonne en charge de l’agriculture, Jean-Jacques Mirande s’apprête à faire la tournée des nombreuses filières du territoire pour prendre leur pouls. Réputé pour être un homme de dialogue et d’écoute, ce militant communiste est un élu de terrain. Il n’hésite pas à aller au contact. Il prend la suite de Joël Hocquelet – dont il salue le travail – avec l’intention d’accompagner les agriculteurs en crise depuis plusieurs années. Interview.
Cette nouvelle fonction l’expose forcément dans un terroir où les travailleurs de la terre ont du poids. Fraîchement désigné comme vice-président du conseil départemental du Lot-et-Garonne en charge de l’agriculture, Jean-Jacques Mirande est un homme de dialogue, de proximité et d’écoute. « C’est mon ADN, reconnaît-il. J’ai toujours eu cette démarche de facilitateur. » Cette qualité lui sera utile pour nourrir les liens entre la chambre d’agriculture et le Département.
Né à Auch, âgé aujourd’hui de 70 ans, il est arrivé dans le Lot-et-Garonne en 1962. « Je suis un rapatrié du Gers », sourit-il. Son grand-père était cheminot, mais toute sa famille était paysanne. Il se dit imprégné par ce milieu et « imbibé par sa solidarité ». Fort d’une formation d’ingénieur dans le domaine de l’environnement, qui, à l’époque, était novatrice, il s’apprête à faire la tournée des filières pour prendre le pouls d’une agriculture en crise depuis plusieurs années.
« Je vois encore des affiches dans les archives où il est marqué paysans ouvriers, unissez-vous«
Lors de la session du conseil départemental, vous avez laissé apparaître votre émotion au moment de l’annonce de votre nouvelle fonction de vice-président en charge de l’agriculture. Vous avez déclaré, sans en dire plus : « Ça me rappellera ma jeunesse ». Que vouliez-vous dire ?
Jean-Jacques Mirande (J.-J. M.) : « Je suis issu d’une famille d’immigrés italiens. À son arrivée en France, elle s’est fixée dans le Lot-et-Garonne et le Gers. En particulier à Foulayronnes et Pont-du-Casse. J’ai passé toutes mes vacances d’été à la campagne. Et tous les week-ends, quand il y avait les vendanges, les moissons, la récolte du maïs… Mon arrière-grand-père m’apprenait à compter dans les rangs de maïs. Il le disait en italien, je devais le redire en français. »
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J’accompagnais ma tante pour aller vendre les œufs. J’ai appris à parler en lisant le nom des vaches. Un de mes oncles, qui était à Pont-du-Casse, était très fier parce qu’il avait une ferme qui s’appelait La France et il se plaisait à répéter : j’ai immigré en France pour avoir une ferme en France. J’ai été imbibé par la solidarité de ce milieu. Un de mes filleuls est toujours agriculteur sur les terres familiales. C’est quasiment la quatrième génération.
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Vous êtes un militant communiste. Les agriculteurs sont plutôt à droite de l’échiquier politique. Est-ce compatible ?
Cela ne me pose aucun problème. Je m’appuie sur une histoire du Parti communiste par rapport à l’agriculture. Je vois encore des affiches dans les archives où il est marqué « paysans ouvriers, unissez-vous ». Le monde salarial et le monde agricole subissent les mêmes conséquences du grand capital. J’estime que tout travail mérite un salaire décent. Et ça s’applique au monde agricole.
« Je ne dérogerai pas à mon état d’esprit du respect des institutions »
Quel est votre regard sur la Coordination rurale du Lot-et-Garonne (CR 47) qui est le syndicat majoritaire à la chambre d’agriculture ?
Celles et ceux qui sont à la chambre d’agriculture sont élus. Ils sont validés par le monde agricole. Je ne vais pas remettre en cause le vote des agriculteurs du Lot-et-Garonne. C’est à nous de dialoguer dans la sincérité, dans le respect mutuel des uns et des autres. Je ne dérogerai pas à mon état d’esprit du respect des institutions. Dans tous les cas, ils savent pertinemment que le conseil départemental accompagne l’agriculture.
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Est-ce qu’une filière mérite, selon vous, une attention particulière ?
Je ne vais pas privilégier une culture par rapport à l’autre, mais accompagner toutes les filières. Par contre, certaines sont fragiles à certaines périodes de l’année. Gel, inondations, tempête, canicule aujourd’hui se succèdent. Dans le cadre du changement climatique, nous réfléchissons à la manière de soutenir et d’aider les agriculteurs qui se saisissent du sujet. Nous serons très attentifs sur l’eau.
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Sur l’eau… C’est-à-dire ?
Il ne faut pas l’utiliser à gogo, comme on dit, mais l’utiliser ponctuellement. J’ai un copain qui a des noisetiers à côté de Feugarolles. Il arrose au goutte-à-goutte. Nous, sur la commune du Passage (il est élu au conseil municipal depuis 2014), par exemple, nous avons acheté des sondes que nous plantons dans le sol. Elles mesurent l’humidité et permettent d’arroser les terrains de sport en fonction de ce qui est nécessaire. Le monde agricole évolue vers ça. C’est une démarche intelligente.
2026-06-25 06:14:04
