jeudi, juillet 2, 2026
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Entre l’accusé et sa mère Nadine, le fil étrange de la « culpabilité »


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A la cour d’assises du Tarn,

Difficile de pointer du doigt quand on a soi-même tant à se faire pardonner. Dans un tailleur bleu roi, Nadine Jubillar, épouse Fabre et mère de l’accusé, a livré ce mercredi un témoignage si ambigu, si schizophrène, qu’il faisait peine à entendre. Avec cette « passionnée de faits divers » arborant un piercing sur la narine droite, la cour a d’abord eu affaire à la mère. Celle qui n’avait que 16 ans et demi quand elle s’est retrouvée enceinte et qui a dû laisser placer à deux reprises – de 3 ans à 7 ans puis à l’adolescence – ce fils arrivé trop tôt. « Je ne l’ai pas abandonné mon fils. Je me suis retrouvée à la rue et dans le but de le protéger, j’ai demandé de l’aide », dit-elle après de premiers sanglots étouffés.

Nadine Jubillar devant la cour d'assises du Tarn, à Albi.
Nadine Jubillar devant la cour d’assises du Tarn, à Albi. - Hélène Ménal / 20 Minutes

« J’ai la culpabilité de ne pas avoir été capable de m’en occuper ». Voilà pourquoi, explique-t-elle, quand Cédric était avec elle et avec son mari Olivier Fabre, elle avait tendance à tout lui passer, « à le laisser faire tout ce qu’il voulait ». Enfin presque. Interrogée sur les éventuelles violences d’Olivier Fabre sur son fils, elle cherche à minimiser. Puis elle finit par raconter des « corrections » de temps en temps. Mais aussi « la fois où on a appris qu’il fumait en cachette au collège. On a acheté un paquet de Gitanes maïs et on l’a obligé à le fumer en une après-midi pour lui faire passer l’envie ».

Une vie « entre parenthèses »

En tant que mère, Nadine s’est réjouie de voir arriver la douce Delphine, ce « petit chat », dans la vie de son fils « impulsif » et colérique. C’est en tant que mère aussi que, sur un simple « monte ! » –, elle s’est précipitée au domicile de Delphine et Cédric le jour de la disparition pour s’occuper des enfants. Elle les a accueillis, nourris, blanchis pendant des mois par la suite, mettant sa vie « entre parenthèses ».

Elle était déjà la confidente privilégiée du mari délaissé avant. Dès l’été 2020, au fur et à mesure que Delphine s’éloigne, Cédric se rapproche de Nadine. Il vient manger chez elle tous les dimanches avec les enfants et continue à venir boire le café le matin avant d’aller au boulot. « J’ai essayé de lui faire accepter du mieux que je pouvais l’idée du divorce », raconte-t-elle. Elle a même malgré elle, le 25 septembre, laissé Cédric lui « arracher » son téléphone des mains pour s’en servir pour géolocaliser Delphine, en escapade amoureuse avec son amant. « Ensuite, j’ai culpabilisé ». Elle mettra plus d’un mois pour réfléchir au message d’excuse qu’elle a envoyé à sa belle-fille : « J’ai voulu te géolocaliser pour lui prouver qu’il se trompe car je ne te crois pas capable d’avoir un amant », lui écrit-elle le 27 octobre…

« Arrête de raconter des conneries »

Autre épisode primordial pour l’affaire : c’est sa mère que Cédric va trouver un beau matin sur le parking du magasin Action où elle travaille, trois semaines environ avant que Delphine ne se volatilise. C’est elle qu’il choisit comme déversoir pour ses frustrations : « J’en ai marre, elle m’énerve, je vais la tuer et l’enterrer là où personne ne la retrouvera ». « Je lui ai répondu : « Arrête de raconter des conneries », confie Nadine appuyée à la barre. Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir donné plus de sens à cette phrase », ajoute-t-elle spontanément.

« Mamie Nadine » a pris le pas sur la mère. La salle comprend ce qu’elle insinue en creux, est suspendue à ses lèvres. Nadine étouffe des pleurs, refuse d’être plus explicite. Dans un premier temps.

« Je ne l’ai, malheureusement, pas pris au sérieux »

Forcément, quelques minutes plus tard, les avocats des parties civiles, notamment ceux des enfants, Malika Chmani et Laurent Boguet, reviennent à la charge. Cette phrase, « je ne l’ai malheureusement pas prise au sérieux […], sinon on ne serait pas là », concède la quinquagénaire, étouffant de nouveaux pleurs. Sinon « vous auriez tout fait pour qu’il ne l’a tue pas ? », rebondit Laurent Nakache-Haarfi, l’avocat de la sœur et d’un frère de Delphine. « Sans doute, si vous le dites », lâche Nadine dans un murmure presque inaudible. « Je sais que ma constitution comme partie civile en a choqué beaucoup et je peux le comprendre. Mais c’est en tant que mamie de Louis et Elyah […] S’ils me le demandent un jour, je veux pouvoir leur dire que moi aussi, je cherche la vérité. C’est tout ce qui compte, et ces petits le méritent ».

Notre dossier sur l’affaire Jubillar

Forcément, quelques minutes plus tard, les avocats des parties civiles, notamment ceux des enfants, Malika Chmani et Laurent Boguet, reviennent à la charge. Cette phrase, « je ne l’ai malheureusement pas prise au sérieux […], sinon on ne serait pas là », concède la quinquagénaire, étouffant de nouveaux pleurs. Sinon « vous auriez tout fait pour qu’il ne la tue pas ? », rebondit Laurent Nakache-Haarfi, l’avocat de la sœur et d’un frère de Delphine. « Sans doute, si vous le dites », lâche Nadine dans un murmure presque inaudible. « Je sais que ma constitution comme partie civile en a choqué beaucoup et je peux le comprendre. Mais c’est en tant que mamie de Louis et Elyah […] S’ils me le demandent un jour, je veux pouvoir leur dire que moi aussi, je cherche la vérité. C’est tout ce qui compte, et ces petits le méritent ».



2025-10-08 12:40:15

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