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Son texte n’a pas gagné, mais il a subjugué notre jury. Arrivée deuxième au prix du récit journalistique « ELLE », Fatou-Laure Diouf, 23 ans et diplômée du Celsa, méritait de voir son article publié dans nos pages.
Je suis étudiante, je vis chez ma mère, et le ménage est mon rituel de bien-être. J’aime quand tout disparaît : les traces, la poussière, le désordre. Je nettoie tout. C’est comme si je décrassais mon cerveau, que j’en effaçais les pensées parasites, semblables à des taches bien incrustées. Il faut que tout sente le propre pour que je me sente bien. Pour cela, je peux compter sur ma collection de sprays magiques : dégraissant, nettoyant pour vitres, anticalcaire… Des flacons bien alignés dans le placard sous mon évier. Une simple pression et je chasse salissures et nuages de poussière qui ont encombré ma semaine.
Pelagiya, elle, en a fait son métier. Petite, menue, timide, les cheveux devant les yeux, elle est un peu la purificatrice des maisons des autres. En une seconde, elle détecte la moindre trace de crasse à travers ses lunettes rectangulaires. Elle travaille comme femme de ménage indépendante pour des particuliers et pour une entreprise, en proche banlieue parisienne. Elle exerce ce métier depuis qu’elle est arrivée de Bulgarie, il y a trente ans. Elle a 56 ans. Nous sommes le 18 février 2026, Pelagiya m’a donné rendez-vous chez une de ses clientes. C’est une petite maison, à Romainville, en Seine-Saint-Denis. Pelagiya y officie depuis douze ans. Elle a tissé un lien de confiance avec son employeuse. « Quand elle rentre du bureau le mardi, après que j’ai tout nettoyé, elle est soulagée : c’est ce qu’elle me dit », affirme-t-elle fièrement. « Mon travail me rend heureuse, sourit-elle. Parfois, après avoir terminé une pièce, je reste un peu, juste pour regarder comme tout est propre. » Pelagiya…
2026-08-16 17:00:00
