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Seul champion de France à n’avoir jamais gagné la Coupe jusqu’à présent, le club du bassin minier a enfin soulevé ce trophée après trois échecs en finale (1948, 1975 et 1998). La récompense d’une saison 2025-2026 aussi belle qu’inattendue, où le club de l’Artois s’est invité dans une improbable course au titre en Ligue 1 avec le Paris Saint-Germain, finissant deuxième malgré un effectif largement renouvelé en un an et demi, un budget amoindri et bien inférieur à d’autres cadors du championnat.
Élément clé de la saison exceptionnelle de Lens, Florian Thauvin a parachevé ce retour gagnant au pays en aidant les Sang et Or à décrocher la première Coupe de France de leur histoire. Buteur puis passeur décisif, le champion du monde 2018 a débloqué un match étouffant pour remporter à 33 ans ce qui n’est que son premier titre majeur en club. « Franchement, on a fait une saison de dingue et on a réussi à rentrer dans l’histoire du club en gagnant aujourd’hui », s’est-il réjoui.
Ils étaient plus de 50.000 au Stade de France, vendredi soir. Et ce n’est pas peu dire que les supporteurs lensois ont fait du bruit. « On n’a fait que se dire avant le match qu’on jouait à domicile, a expliqué Adrien Thomasson après la rencontre. Honnêtement, on a eu les frissons quand on est sortis à l’échauffement. On savait qu’ils allaient venir en nombre, mais on a quand même été impressionnés. C’était une anomalie qu’il n’y ait pas encore de Coupe de France au palmarès de ce club. Maintenant, c’est chose faite. »
Pendant tout le match, les supporteurs lensois ont fait énormément de bruit et ont sorti le grand jeu au Stade de France : un gros tifo pour accueillir les joueurs sur le terrain, des fumigènes, des t-shirts rouges… C’était lourd.
Comme à chaque match à domicile cette saison, l’arène lensoise, 38.223 places, a affiché complet vendredi soir. Sauf que les spectateurs n’avaient pas face à eux les joueurs, mais six écrans géants installés sur la pelouse pour l’occasion. Après le coup de sifflet final et la remise du trophée au Stade de France, des milliers de supporters se sont déversés dans les rues du centre-ville de Lens, envahissant les terrasses de bars et de restaurants, brandissant des feux d’artifice, des pétards et des bières.
Pour ceux qui n’ont pas pu être au Stade de France, ni au stade Bollaert, des écrans géants ont été installés un peu partout dans le Pas-de-Calais, comme sur ce terrain de foot, où des dizaines de supporteurs se sont réunis pour voir la finale.
D’autres supporteurs se sont aussi réunis dans des salles des fêtes pour voir la rencontre. Et, là aussi, il y avait de l’ambiance pour vivre ce moment historique.
Des 38.000 spectateurs qui ont assisté vendredi soir depuis Bollaert à la diffusion de la finale sur écrans géants, seuls quelques milliers de courageux étaient encore là, quand les joueurs ont débarqué vers 4 heures du matin. Mais le stade ne sonnait pas creux, loin de là. « On veut voir les gars avec la Coupe, ça fait cent vingt ans qu’on attend ça », soulignait Bruno, 58 ans, Nordiste d’origine, un pull par-dessus son maillot sang et or pour affronter la fraîcheur de la nuit.
Il est le grand artisan de cette saison exceptionnelle du RC Lens, deuxième de Ligue 1 et vainqueur de la Coupe de France. Arrivé l’été dernier en Artois, Pierre Sage a été ovationné par le public de Bollaert. « On est fiers de pouvoir donner des sourires, un peu de bonheur aux gens, a commenté l’ancien coach de Lyon. On est dans une région qui souffre et ces moments ils n’ont pas de prix en fin de compte. »
Tous les Lensois ont célébré à Bollaert dans la nuit. Mais la fête est loin d’être finie. A Lens, la transe va continuer ce samedi, avec une parade des joueurs dans un bus à impériale, des abords du stade Bollaert jusqu’au parvis de l’hôtel de ville dans l’après-midi.
2026-05-23 12:05:42
