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Dans un portrait publié par « Le Monde », une lycéenne et sa mère racontent comment la Russie prend le contrôle des écoles situées dans les territoires envahis et comment elles ont dû fuir.
C’est le récit d’une russification inquiétante et extrême que font, dans « Le Monde » ce mercredi 20 août, une mère et sa fille, lycéenne, ayant fui le Donbass, ce territoire ukrainien désormais contrôlé par Moscou. Dans son lycée proche de Louhansk, la capitale de cette région très tôt envahie par les troupes russes, une adolescente pro-ukrainienne, rétive à la propagande, s’est retrouvée isolée et ciblée non seulement par le système mais aussi les autres élèves.
Le calvaire de la jeune fille commence par le retour en classes, dès la fin d’année 2022, dans un territoire envahi par la Russie. Elle se retrouve confrontée à une opération de propagande de grande ampleur avec l’instauration de « cours patriotiques ». Des modules, dès la maternelle, sont instaurés. À l’école primaire, « des enfants de 11-12 ans en uniforme paramilitaire y apprennent à monter et démonter des fusils d’assaut », raconte la jeune fille qui explique : « Si tu n’es pas inscrit quelque part, tu es considéré comme un ennemi. »
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Malgré tout, la lycéenne fait de la résistance passive. Cette excellente élève pose des questions à ses professeurs en classe, refuse de porter l’uniforme et va même jusqu’à s’habiller, un jour, en vychyvanka, la chemise brodée traditionnelle ukrainienne.
Fuir pour éviter le pire
Très vite, elle se voit confrontée aux réticences de ses professeurs, dont une partie adhèrent aux idées russes, mais aussi de ses camarades. Le changement, par la force, des mentalités fonctionne : « en 2022, sur 600 élèves à l’école, on n’était que trois pro-Ukrainiens », raconte la lycéenne au « Monde ». Entre insultes et même menaces de mort, elle fait face à un harcèlement scolaire en règle.
Alors que sa mère, avocate de profession, subit elle aussi une pression accrue, le couperet tombe en avril dernier : mère et fille sont convoqués par « la commission de district pour les affaires des mineurs ». La lycéenne est accusée d’« inadaptation sociale » à la vie scolaire et de « comportement déviant ». Un document de 344 pages d’accusations diverses vient étayer ces réquisitions.
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Mère et fille se rendent devant la commission. Celle-ci inscrit la première sur la liste des « parents socialement dangereux » et la condamne à une amende de 1 500 roubles (16 euros). La mineure devra suivre un « plan interinstitutionnel de travail préventif individuel pour une période de six mois (mai à octobre) ». Très vite, elles comprennent l’inévitable : la garde parentale risque d’être retirée et la lycéenne risque d’être envoyée en rééducation dans un coin perdu de la Sibérie. Elles s’échappent donc et quittent définitivement la région séparatiste pour rejoindre définitivement Kiev.
2025-08-20 14:07:00
