mardi, août 18, 2026
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Consommation. Après la mort de 700 000 poules pondeuses, faut-il craindre une pénurie d’œufs ?


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La chaleur a aussi fait de grosses pertes dans les poulaillers. Les périodes de canicule ont causé en juin la mort de 700 000 poules pondeuses en France, qui en compte entre 45 et 50 millions. « Avec les températures extrêmes, nous avons constaté une mortalité supplémentaire. La Bretagne et les Pays de la Loire, les bassins de production principaux, ont particulièrement été touchés », confirme Alice Richard, directrice du Comité national pour la promotion de l‘œuf (CNPO). Certains producteurs d’œufs, peu habitués à ces températures, se sont retrouvés en manque d’équipements pour rafraîchir leurs poules et ont perdu 30 à 40 % de leurs volailles, selon le CNPO.

1,5 % de la production perdue

Et pour cause, les poules supportent mal les fortes chaleurs : elles ne transpirent pas et leur plumage retient la chaleur. Pour se protéger du stress thermique, elles pondent aussi moins et ont des œufs de plus petit calibre. « Elles consomment moins de céréales et ont davantage besoin d’eau. Ça peut affaiblir des animaux déjà fragiles », complète Alice Richard.

La directrice du CNPO se veut toutefois rassurante sur une éventuelle pénurie d’œufs dans les rayons : selon elle, l’impact sur l’approvisionnement devrait rester limité. « Il y a environ 1,5 % de la production qui a été affectée. Ça peut avoir un impact sur l’offre et la disponibilité en œufs, mais il est à relativiser », assure-t-elle. À cela s’ajoutent les habitudes des consommateurs, qui achètent moins d‘œufs l’été : « Il y a une légère saisonnalité de la consommation, ce qui laisse un petit peu de temps à la production pour se remettre en place d’ici la rentrée », poursuit-elle. Pour les mois de juillet et d’août, aucune perte massive de volailles n’est à déplorer pour le moment.

Remplacer les poules mortes

Les producteurs attendent de connaître les contours du « plan global d’accompagnement canicule – sécheresse – incendies » annoncé début août par le ministère de l’Agriculture. En attendant, les prochains enjeux vont être de remplacer les poules perdues et d’établir des diagnostics pour s’adapter à la chaleur. « Va se poser la question des investissements nécessaires pour équiper davantage les poulaillers, avec plus de brumisateurs et de ventilations », pointe Alice Richard.

Mi-juillet, une productrice du Gers a partagé sur Instagram les stratégies qu’elle a adoptées face à la chaleur dans son élevage. Autour du poulailler, elle a tendu des toiles d’ombrage, qu’elle arrose en continu tout au long de la journée. Résultat : le thermomètre, qui affiche 50,3 °C en plein soleil, descend à 31,2 °C sous la toile et à 28 °C à l’intérieur du poulailler. L’arrosage lui a permis encore permis de rafraîchir les lieux, jusqu‘à 25 °C.

Selon le CNPO, 16 milliards d‘œufs sont produits chaque année. Cet hiver, la production avait eu du mal à suivre face à une forte augmentation de la demande  : « Nous étions déjà sur un marché très tendu et donc le moindre grain de sable perturbait fortement la disponibilité en rayons », affirme Alice Richard, qui se veut optimiste : « Mais depuis, on continue de développer la production et de nouveaux éleveurs s’installent. »



2026-08-18 17:00:00

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