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Les images, d’une insoutenable violence, ont largement circulé sur les réseaux sociaux, provoquant depuis la semaine dernière sidération, colère, fausses informations et débats politiques. On y voit quatre adolescents, filmés par un cinquième, en train de rouer de coups de poing et de pied un garçon à terre, inanimé, dans un endroit sombre et difficilement identifiable. « Ne le tuez pas non plus les gars », dit l’un d’eux.
C’est finalement sur le chantier de construction d’un petit immeuble, près de la gare de Narbonne, dans l’Aude, que le corps de la jeune victime a été retrouvé le 20 juin dernier, au matin, par un ouvrier. Dans la nuit précédente, secours et policiers, après avoir reçu la vidéo de l’agression, avaient tenté d’identifier ce lieu. En vain. Louis H., 17 ans, a été hospitalisé à Perpignan, où il a finalement succombé à ses blessures trois jours plus tard.
Un mobile encore inconnu
Ses agresseurs présumés ont très rapidement pu être interpellés, notamment grâce à la téléphonie. D’abord parce que la vidéo envoyée aux secours provenait de l’un des mis en cause, qui l’avait adressée à une connaissance. Ensuite parce que les enquêteurs ont pu identifier Louis dès le début de leurs investigations, et remonter jusqu’aux suspects. Cinq jeunes âgés de 17 à 19 ans, dont trois mineurs, ont été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire. Selon La Dépêche, ils ont en partie seulement reconnu les faits de violence. Leurs casiers judiciaires sont vierges, a précisé le procureur de la République de Narbonne, Jean-Philippe Rey, selon lequel le mobile du crime « demeure pour l’heure inconnu ». Mais « il est sans aucun lien avec un motif d’ordre racial », ajoute le magistrat.
Seule piste pour l’instant, c’est un différend entre l’un des suspects et Louis qui serait à l’origine de ce déferlement de violence. Le groupe lui aurait donné rendez-vous sous un motif fallacieux, le vendredi 19 juin, au centre-ville de Narbonne, avant de marcher avec lui jusqu’au chantier où l’adolescent a été roué de coups. Sur la vidéo, l’un des agresseurs lui reproche de « balancer aux schmitt », c’est-à-dire aux policiers.
Excuse de minorité
Comme Louis, trois des mis en cause étaient connus de l’Aide sociale à l’enfance. Mais aucun n’était placé dans la même structure que le garçon, qui faisait l’objet d’un « accueil provisoire contractualisé entre l’Aide sociale à l’enfance et ses parents », indique encore le procureur de la République de Narbonne. Louis avait signalé des faits de violence à deux reprises dans les semaines précédant sa mort. D’abord le 11 mai, en déposant plainte contre d’autres jeunes gens « sans aucun lien avec les mis en examen ». Puis le 12 juin, soit une semaine avant son lynchage. Il s’était présenté à une brigade de gendarmerie pour expliquer avoir été agressé « quelques heures plus tôt », et hospitalisé, mais n’avait alors pas souhaité déposer plainte.
L’information judiciaire ouverte au tribunal judiciaire de Narbonne va maintenant devoir faire la lumière sur la participation exacte de chaque suspect, afin de déterminer quels coups ont été portés par chacun, et évaluer l’opportunité de lever, pour les trois suspects âgés de moins de 18 ans, l’excuse de minorité. Tous restent présumés innocents.
2026-06-29 16:30:00
