mardi, août 25, 2026
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« C’est vraiment l’apocalypse ici »… Dans les ruines, les habitants de Pomas se soutiennent


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Ce mardi matin, le silence habituel de la vallée de l’Aude a laissé place au vacarme des tronçonneuses et au crissement des tuiles brisées sous les pieds. Le contraste est saisissant : le beau soleil ne peut cacher l’ampleur de la catastrophe qui a eu lieu la veille, dans le village de Pomas. Lundi, vers 17h20, une violente tornade a dévasté cette commune d’un millier d’habitants. Selon la préfecture, quarante-huit personnes ont été blessées et 330 habitations endommagées… sur les 496 que compte le village.

Le paysage est apocalyptique : de nombreuses toitures sont totalement nues, le château à moitié détruit, des dizaines d’arbres sont couchés en travers de la chaussée. Quant aux voitures, camions et même une benne de chantier, ils ont été retournés comme de vulgaires jouets par la force du vent.

La tornade n'a rien laissé derrière elle, si ce n'est le choas.
La tornade n’a rien laissé derrière elle, si ce n’est le choas.  - L.Tollon

« On travaille toute une vie et on perd tout »

Au milieu de ce désastre, les sinistrés tentent de rassembler ce qu’il leur reste. Assis dans la voiture prêtée à la hâte par sa belle-sœur, Alain, 80 ans, contemple l’ampleur du drame, le regard dans le vide. « On n’est pas dans la merde… », souffle l’octogénaire, la voix nouée par l’émotion. « Ma maison, le camping-car, la voiture… On a tout perdu. On travaille toute une vie et on se retrouve sans rien en quelques instants. On ne sait pas quoi faire. » Le retraité attend le retour de son épouse, partie braver les gravats pour essayer d’extraire quelques effets personnels et papiers importants de leur logement dévasté.

Mais au milieu du désarroi, une armée de bonnes volontés s’est mise en marche, dès les premières lueurs du jour. Pas le temps de s’apitoyer, il faut s’activer. Kevin, 17 ans, s’affaire à déblayer les rues avec une pelle. Au moment où la tornade a frappé, le jeune homme était sur son lieu de travail. Ce mardi matin, l’accès à sa propre maison lui est toujours interdit par mesure de sécurité. Qu’à cela ne tienne : il a décidé de ne pas rester les bras croisés et de prêter main-forte à un de ses collègues, plus bas dans le village.

Kevin est venu aider son collègue face aux dégâts provoquées par la tornade, lundi à Pomas.
Kevin est venu aider son collègue face aux dégâts provoquées par la tornade, lundi à Pomas.  - L.Tollon

« Si je ne peux pas remettre mes tuiles tout de suite, je vais aider les autres, c’est tout à fait normal », insiste le jeune homme en essuyant la sueur de son front. La voix posée, teintée d’un fort accent du sud-ouest, il raconte l’effroi de la veille. « Mon collègue, qui est pourtant un grand gaillard, a cru qu’il allait mourir quand la tornade est passée. Il a éclaté en sanglots. Pour pleurer, c’est que c’était vraiment horrible. Aujourd’hui, on voit les conséquences, c’est vraiment l’apocalypse ici. Mais on n’a pas le choix, il faut déblayer. »

Les voisins au rendez-vous

Très vite, des renforts spontanés ont afflué des communes voisines : Saint-Hilaire, Rouffiac ou encore Verzeille. Des habitants des bourgs alentour n’ont pas hésité à poser une journée de congé pour prêter main-forte. « C’est la moindre des choses », explique un groupe de voisins venus du village à côté, gants de chantier enfoncés sur les mains. « Il y a deux ou trois ans, nous avons eu un gros sinistre chez nous et les gens de Pomas sont venus nous aider sans poser de questions. C’est juste un retour de bâton normal, on se sert les coudes. »

Un peu plus loin, Thierry affiche un grand sourire malgré la poussière qui recouvre ses vêtements. « Je viens aider mon fils. Il s’en sort bien, il n’a pas eu énormément de dégâts heureusement, alors on avance ! », glisse ce père de famille.

Les toitures sont sécurisés, autant que faire ce peut, par les pompiers.
Les toitures sont sécurisés, autant que faire ce peut, par les pompiers.  - L.Tollon

Une organisation militaire au milieu du chaos

A 8 heures du matin, pas moins de 75 sapeurs-pompiers étaient déjà déployés sur les points les plus critiques pour sécuriser les structures qui menaçaient de s’effondrer et tronçonner les arbres qui bloquaient les voies secondaires. Les gendarmes eux, contrôlaient l’entrée dans la commune pour éloigner d’éventuelles personnes mal intentionnées.

Entre les secouristes, les bénévoles et la municipalité, l’organisation ressemble à une opération militaire au milieu de tout ce chaos. Pendant que les uns dégagent les rues, les autres distribuent des bouteilles d’eau, du café chaud ou listent les sinistres. Un élan de solidarité qui répare, un peu, les cœurs.



2026-08-25 15:59:32

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