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« Ça n’a aucun sens »… Abandon de D’Haene, 10e place de Dauwalter, la planète ultra-trail a tremblé


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De notre envoyé spécial à Chamonix,

Maëlle Deruaz n’en revient toujours pas. Après un coup de froid fatal (jusqu’à -7°C ressentis) au col du Bonhomme vendredi soir, la traileuse française de 30 ans a passé « une nuit horrible » sur les sentiers de l’UTMB, avant d’entamer une folle remontée une fois le jour levé. « Depuis les Chapieux (au km 52), j’ai remonté une trentaine de places, tel Pacman », sourit celle qui a bouclé les 170 km et 9.600 m de dénivelé positif à une bluffante 5e place ce samedi (en 24h43).

Dans cette grosse performance, qui permet à l’ultra-trail féminin français de placer trois coureuses dans les six premières places (Camille Bruyas 2e et Magali Mellon 6e), Maëlle Deruaz a vécu une séquence qu’elle n’est pas près d’oublier, en doublant la GOAT incontestée de la discipline Courtney Dauwalter.

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« Elle sacrifie un peu son physique pour l’UTMB »

« Autant je me disais secrètement qu’un Top 10 était peut-être possible avant le départ, autant finir devant Courtney Dauwalter, c’était inimaginable, glisse-t-elle. Des spectateurs avaient beau me prévenir, je leur répondais : « Arrêtez, ne dites pas n’importe quoi ». » Et pourtant, après avoir comme d’habitude longtemps mené la tête de course, la star américaine de l’ultra-trail s’est d’abord fait reprendre par Ruth Croft, victorieuse à Chamonix ce samedi, puis par Camille Bruyas, avant de s’effondrer tout au long de l’après-midi.

« Quand on l’a doublée, on lui a toutes montré notre respect, et même dans ce moment-là où elle n’avançait plus, elle est restée adorable, souriante, géniale. Ça n’a quand même aucun sens que je finisse devant elle. Après, c’est gentil de sa part d’aller au bout car elle sacrifie un peu son physique pour nous, pour honorer l’UTMB. »

Jusqu’à ce jour sans absolu, avec 30 derniers kilomètres durant lesquels elle était incapable de courir en descente, Courtney Dauwalter était réglée à la perfection à Chamonix. Trois participations à Chamonix depuis 2019, chaque année impaire, et autant de sacres en survolant les débats, avec des temps canons à la clé (24h34 en 2019, 22h30 en 2021, soit le 7e temps au scratch hommes femmes, et 23h29 en 2023).

François D’Haene contraint d’abandonner après 68 km

Cette fois, elle a dû puiser au bout de ses forces, les jambes comme tétanisées, pour arracher une 10e place en 25h50, reléguée à quasiment trois heures de la Néo-Zélandaise Ruth Croft. Un véritable tremblement de terre pour le monde de l’ultra-trail, tellement habitué à voir son icône aux « shortneys » bien à elle collectionner tous les sacres majeurs. Un rude destin qu’a vécu sur ce même UTMB une autre référence +++ de ce sport également née en 1985, François D’Haene.

Lui aussi titré à chacune de ses participations sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (2012, 2014, 2017 et 2021), et recordman de l’épreuve tout comme Courtney Dauwalter dans le tableau féminin, le Savoyard était considéré parmi les favoris d’une édition zappée à laquelle n’ont pas pris part les trois derniers vainqueurs (Kilian Jornet, Jim Walmsley et Vincent Bouillard).

A distance raisonnable des hommes de tête, bien calé dans le Top 15, François D’Haene semblait dans de meilleures dispositions que sur sa Diagonale des Fous 2023 (8e). Mais au milieu de la nuit, très marqué à son arrivée au lac Combal (km 68), l’ancien viticulteur se résout à abandonner.

French trailer Francois d’Haene competes in the 22nd edition of the Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), a 174km trail race crossing France, Italy and Switzerland, in Chamonix, south-eastern France on August 29, 2025. (Photo by JEFF PACHOUD / AFP)
French trailer Francois d’Haene competes in the 22nd edition of the Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), a 174km trail race crossing France, Italy and Switzerland, in Chamonix, south-eastern France on August 29, 2025. (Photo by JEFF PACHOUD / AFP) - AFP or licensors

« Une légende absolue » selon Tom Evans

« Une douleur à la jambe droite apparue ces derniers jours avait contraint François à se présenter diminué sur la ligne de départ, a révélé ce samedi l’entourage du quadruple vainqueur de l’UTMB sur son compte Instagram. Malgré toute sa détermination et son envie d’honorer sa présence sur la course, les douleurs à l’effort étaient trop fortes pour aller au bout d’une course si exigeante. La déception est à la hauteur de tout l’investissement mis dans la préparation pour arriver à ce niveau. » Impressionnant de sérénité de bout en bout, c’est Tom Evans qui est arrivé en héros à Chamonix.

Interrogé sur le retour manqué de son aîné et sur la sensation d’être le premier athlète de l’histoire à remporter un UTMB auquel participait François D’Haene, le coureur anglais a tenu à être très élogieux : « J’étais là en 2017 sur l’UTMB [4e de la CCC] et j’avais demandé un autographe à François, se souvient-il. Etre sur les sentiers avec lui, c’est bien mieux que de le battre. C’est vraiment un honneur pour moi de côtoyer une légende absolue ».

Même son de cloche pour le meilleur Français du jour, Thibaut Garrivier (5e) : « C’est un des plus grands de ce sport. J’ai forcément beaucoup d’admiration pour lui, il est très pro et j’aime bien son côté discret et besogneux. Après, c’est ça le trail, c’est un sport très exigeant et même les plus grands champions ne sont pas à l’abri d’un abandon ou d’une contre-perf. Mais François est clairement une référence ». Une « référence » bientôt quadra qui risque de peiner pour enrichir encore son palmarès sur les quatre Majors en 100 miles (UTMB, Diagonale des Fous, Western States, Hardrock 100), non ?

La fin du « syndrome Tyson » ?

Ancien coureur élite et désormais directeur sportif de l’UTMB, Julien Chorier précise : « On voit surtout que ce sport est de plus en plus international et avec une grosse densité. Tout le monde croit en ses chances maintenant. A une période, on aurait pu parler de « syndrome Tyson » quand il y avait en face Kilian ou François au départ. S’ils étaient là, il y avait un peu ce côté « je pars pour être 2e » dans la tête des adversaires. Sur le début d’une course, personne n’osait trop passer devant. »

Ça n’a clairement pas été le scénario de cette entame d’UTMB 2025, où Théo Detienne (25 ans) et d’autres ont tenté enflammer la course. « Là, les jeunes poussent très forts, confirme Julien Chorier. Ils partent tous pour gagner, sans scrupule, et ils en ont les moyens. » The Times They Are A-Changin’. Pour autant, Julien Chorier refuse de considérer que l’expérimenté duo phare du Team Salomon ne peut plus nourrir d’ambitions à l’avenir.

Notre dossier sur l’UTMB

« Pour François et Courtney, ça a un peu coincé cette année, mais ils ont prouvé qu’ils étaient encore au niveau, assure-t-il. On n’a pas fini de les voir. Et puis regardez Ludovic Pommeret qui fait encore 6e de cet UTMB. Croyez-moi, il leur reste quelques années. » Car oui, les deux sacres consécutifs sur la Hardrock 100 de l’ahurissant quinquagénaire d’Hoka, tout comme son enchaînement Hardrock-UTMB-Diagonale des Fous en trois mois repoussent de fait les frontières de l’impossible.





2025-08-30 18:44:01

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