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À deux ans et demi, Morgan Nietto préférait déjà les bulletins météo aux dessins animés. Devenu, à 29 ans, l’un des visages les plus suivis de la météo en Ariège avec sa page Météo 09, il a transformé une passion d’enfance en activité à plein temps, malgré les obstacles.
« Ce gosse n’est pas normal, il ne veut pas regarder les Teletubbies ! » Morgan Nietto éclate de rire en repensant à l’inquiétude de ses parents. À deux ans et demi, là où les autres enfants réclamaient des dessins animés, lui restait fasciné devant les bulletins météo. Plus précisément par la neige. « Quand on est petit, on attend qu’il neige pour manquer l’école et aller jouer dehors. »
À 29 ans, le Tarn-et-Garonnais d’origine se souvient très précisément de cette passion précoce. Elle naît devant Antenne 2, avec une figure qui le marque durablement : Alain Gillot-Pétré. « Ce qui m’avait frappé, c’est qu’il donnait à l’antenne le nombre de jours qu’il lui restait à vivre. Il était malade, il avait un cancer. » Le présentateur disparaîtra le 31 décembre 1999.
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« Mes parents pensaient que ça me passerait avec l’âge »
Plus tard viendront Évelyne Dhéliat, Catherine Laborde ou encore Sébastien Folin, devenus les visages familiers d’un rendez-vous quotidien que le petit garçon ne manquait jamais. À l’époque, rappelle-t-il, « il n’y avait ni replay ni pause télé ».
« À six ans, au lieu de demander une console, j’ai reçu un livre sur les noms des nuages. Mes parents pensaient que ça me passerait avec l’âge… » sourit-il. À Noël, il économise pour s’offrir, plus tard, des stations météo. Sa première, il l’achète il y a dix ans, en Ariège. Dans le même temps, il crée la page Facebook Météo09.
Aujourd’hui, celle-ci rassemble 37 000 abonnés et une dizaine de bénévoles. En dix ans, Morgan a vu le métier changer. Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle et les climatosceptiques, l’ambiance n’est plus tout à fait la même. « L’an dernier, certains nous reprochaient de mettre trop de rouge sur les cartes météo, alors que ce sont simplement des modèles de températures. » Son réseau dépasse désormais largement les frontières ariégeoises : nord de l’Andorre, ouest des Pyrénées-Orientales, jusqu’aux portes de Toulouse et du Comminges. « Ça nous permet surtout de mieux anticiper ce qui arrive sur l’Ariège. »
« Ce qu’on veut garder, c’est le côté humain »
En janvier dernier, la page a connu un bond spectaculaire : six millions de vues en un mois. En 2025, Météo09 a totalisé quatorze millions de vues. Un succès qui le réjouit autant qu’il le pousse à la prudence. « Le but, ce n’est pas de faire du “putaclic”. Ce qu’on veut garder, c’est le côté humain. On n’est pas une grosse entreprise du CAC 40. Mon objectif, c’est de vivre de cette passion tout en informant les gens au quotidien. »
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Il faut dire que lui-même ne s’attendait pas à un tel engouement. Face à la croissance du projet, il vient de créer sa microentreprise. Désormais, ses journées entières sont consacrées à la météo. Pourtant, rien ne semblait l’y destiner. « À la base, on ne m’imaginait pas dans le journalisme, ni à la météo. J’étais bègue, dyslexique. Certains professeurs disaient à mes parents : “Ce ne sera pas possible, il ne réalisera pas son rêve.” »
Il avance malgré tout, apprend sur le terrain. Arrivé en Ariège par le lycée agricole de Pamiers, il fait ensuite ses premières armes à Oxygène FM dans le cadre d’un service civique. Puis part au Québec, sur une chaîne météo canadienne. Il poursuivra sa formation dans une école de médias à Paris, avec une spécialisation en radio et télévision.
« Les tornades, ce n’est pas mon délire »
Aujourd’hui, Morgan Nietto voit plus loin. Il travaille à la création d’un site internet et souhaite densifier le réseau de stations météo dans le département. « Depuis que j’ai commencé, j’ai dû investir pas loin de dix mille euros. » Il en a déjà installé trois : à Orlu, Ax-les-Thermes et Mazères. « Certaines zones auraient vraiment besoin d’être équipées, notamment Lézat-sur-Lèze. En un an, ils ont subi deux gros épisodes de grêle, puis des inondations cet hiver avec une Lèze sortie de son lit. »
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Un nouveau rendez-vous doit bientôt s’ajouter à son agenda : chaque dimanche, il présentera dans La Dépêche du Midi les tendances météo de la semaine à venir, avec un bilan climatologique mensuel et, tous les trois mois, une analyse saisonnière. Ce qu’il préfère ? Le terrain. Là où il a tout appris. « Quand un orage éclate, j’aime aller voir ce qu’il se passe, affronter une tempête de neige, sur une dameuse… » Il nuance aussitôt : « Les tornades, ce n’est pas mon délire. Moi, ce que je préfère, ce sont les précipitations, la pluie et la neige. »
Et puis il y a cette part d’incertitude qui continue de le fasciner. Bien sûr qu’il peut se tromper. Après tout, la météo reste une science inexacte, surtout sur un territoire de montagne. Une imperfection qu’il accepte volontiers.
2026-06-14 09:08:02
