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Après les flammes, la colère et l’incompréhension. Près d’un mois après l’incendie qui a ravagé plus de 750 hectares aux Pennes-Mirabeau et au nord de Marseille, le traumatisme est encore vif pour les sinistrés, qui s’interrogent : y a-t-il eu des manquements dans la chaîne de commandement le jour de l’incendie ? Certains riverains des quartiers touchés dénoncent l’arrivée trop tardive des pompiers, mais aussi la consigne préfectorale demandant aux habitants de se confiner au lieu d’évacuer.
« Demander pourquoi »
Pour obtenir des réponses, nombre d’entre eux se sont regroupés au sein du « Collectif de l’incendie du 8-Juillet », créé quelques jours après la catastrophe, due à un véhicule en flammes au bord de l’autoroute. « On a vite compris qu’en groupe on allait avancer plus rapidement », explique Emmanuel, sinistré du quartier Saint-Henri, dans le 16e arrondissement.
Selon les chiffres officiels, 91 logements ont été touchés par les flammes, dont 50 totalement détruits. « Tout le monde est bien conscient que ce n’est pas normal qu’une centaine de maisons brûlent à Marseille », pose-t-il. Trois réunions ont déjà eu lieu, rassemblant une centaine de personnes, tandis que le groupe WhatsApp dédié au collectif compte plus de 600 membres.
Conseillés par un avocat, ils ont déposé des demandes auprès des administrations pour obtenir des pompiers et de la préfecture différents documents officiels concernant la journée du 8 juillet, tels que les rapports d’interventions, le plan de mobilisation des moyens, le compte rendu des opérations… Des pièces accessibles au public, assure le sinistré, qui devraient permettre d’avoir le détail des communications et des ordres donnés.
« On va savoir exactement quand les pompiers sont arrivés sur les lieux des sinistres, évoque-t-il. Nous n’avons pour l’instant que des « on-dit », mais avoir ces documents nous permettra d’avoir des preuves et de demander pourquoi. » Pour envisager une plainte collective ? « On ne veut pas précipiter les choses », tempère Emmanuel. Le collectif pourrait, à terme, se constituer en association.
Des plaintes déjà déposées
Mais certains n’ont pas attendu. Selon plusieurs sinistrés, environ 90 plaintes individuelles auraient déjà été déposées. Un chiffre qui n’a pas été confirmé par le parquet de Marseille. Dominique, membre du collectif et résidente du vallon du Marinier à l’Estaque, est l’une d’elles. Elle a décidé de porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui et destructions de biens.
Lors de l’incendie, son jardin a été détruit et la chaleur a lourdement endommagé l’intérieur de son habitation. « J’ai récupéré ma maison, mais psychologiquement je suis fissurée », confie-t-elle. Et de raconter : « Je suis partie parce que j’ai vu les flammes arriver à droite et à gauche, il n’y avait pas de pompiers. J’ai eu très peur de griller. Pour moi, cela doit être signifié. » Pour cette habitante du quartier depuis trente ans, la démarche a été moralement bénéfique.
Pour Christian, qui a perdu sa maison à la montée du Pichou, à l’Estaque, le dépôt d’une plainte a aussi été le moyen d’exprimer sa colère. « Normalement, un feu se prend dès le départ. Là on ne comprend pas pourquoi il n’y avait personne », déplore ce membre du collectif.
Il enrage aussi de la communication du préfet, qui s’était justifié une semaine après l’incendie dans un communiqué, assumant « la totalité de ses décisions » et saluant qu’aucun mort ni blessé n’ait été à déplorer. « Si j’étais resté dans ma maison, si j’avais obéi aux consignes, je serais mort », assure Christian, actuellement relogé dans une commune du département.
Une réunion à la rentrée
L’objectif de la démarche est aussi de tirer des leçons pour le futur. « Une fois la colère passée, on n’a surtout pas envie que ça se reproduise », souligne Emmanuel. En attendant, chacun « fait de son mieux ». Le collectif s’est divisé en plusieurs groupes, selon les compétences de chacun : aide administrative, déblayage des terrains, renvoi vers le guichet unique mis en place par la mairie… « Il y a des non-sinistrés qui nous donnent aussi des coups de main, salue le riverain, qui évoque l’épuisement face aux démarches à faire. L’idée, c’est qu’on ne se sente pas trop tout seul. »
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Une prochaine réunion aura lieu à la rentrée pour faire un nouveau point sur la situation. D’ici là, le collectif espère avoir des premiers éléments de réponse.
2025-08-04 15:54:34
