vendredi, juillet 10, 2026
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Après l’assassinat de Sabrina, tuée alors qu’elle appelait la police, son ex interné en psychiatrie


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L’horreur en direct au bout du fil. Une femme de 41 ans a été tuée par balle jeudi matin à son domicile de Champforgeuil, dans la banlieue de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), alors qu’elle était en train d’appeler la police, a appris 20 Minutes de sources policière et judiciaire.

Le drame s’est déroulé vers 8 heures, dans une maison située au fond d’une impasse résidentielle. En ligne avec le 17, la victime, Sabrina C., a hurlé qu’elle était en grand danger en voyant son ex-compagnon arriver chez elle. Les fonctionnaires à l’écoute ont distinctement entendu des bruits de manipulation d’arme à feu, avant que la communication ne soit brutalement coupée. Un voisin, alerté par les tirs, a composé le 17 à son tour après avoir vu le suspect s’enfuir. À l’arrivée des policiers, vers 8h40, la mère de famille était déjà décédée, touchée à la tête par au moins un tir de fusil.

Mère de deux fils, la victime s'était lancée à son compte comme coach de vie, médium et énergéticienne.
Mère de deux fils, la victime s’était lancée à son compte comme coach de vie, médium et énergéticienne.  - Capture d’écran

Une enquête ouverte pour assassinat

Contactée au téléphone par 20 Minutes, une voisine explique avoir aperçu les forces de l’ordre converger dans l’impasse pour geler la scène de crime et mener les premiers actes d’enquête. « Je n’ai appris que dans la soirée ce qui s’était réellement passé », souffle-t-elle, précisant qu’elle ne connaissait « pas du tout » la victime. Sabrina C. était pourtant une personnalité connue et active à Champforgeuil, une commune d’environ 4.000 habitants collée à Chalon-sur-Saône. Mariée en 2011 et mère de deux fils (qui ne sont pas les enfants du suspects), la victime s’était lancée à son compte comme coach de vie, médium et énergéticienne. Très investie localement, elle avait notamment organisé le Salon du Bien-Être de la commune en 2024. Sur son site Internet, elle expliquait vouloir « aider [les gens] à reprendre le contrôle de [leur] vie ».

Le suspect, Patrice L., un habitant de Chalon-sur-Saône âgé de 59 ans, s’est constitué prisonnier de lui-même en se présentant au commissariat local juste après le crime. Les investigations, ouvertes pour assassinat, ont immédiatement été confiées aux policiers de Chalon-sur-Saône. Mais la procédure a subi un coup d’arrêt médical quelques heures plus tard.

Le suspect placé en hôpital psychiatrique

Contacté, le parquet de Chalon-sur-Saône indique que la garde à vue du suspect a dû être levée dès jeudi en fin d’après-midi. « Son état mental a été jugé incompatible avec la garde à vue par un médecin. L’homme a été placé en hôpital psychiatrique et n’a pas encore pu être entendu. » La durée de son hospitalisation est désormais suspendue à l’évolution de son état psychique.

Si une source policière confirme à ce stade que le suspect est bien l’ex-compagnon de la victime, le parquet reste plus mesuré en l’absence d’auditions officielles. « La nature exacte de leur relation passée et le mobile ne sont pas encore clairement définis. Comme il ne peut pas s’expliquer, le suspect n’est pas auditionnable », tempère le parquet, qui se refuse pour le moment à employer le terme de féminicide.

Selon les premiers éléments, le quinquagénaire était « connu de la justice pour des faits anciens », mais aucune procédure ni condamnation pour des violences conjugales n’avait été enregistrée à son encontre. Le choix du parquet de retenir la qualification d’assassinat démontre toutefois que les enquêteurs soupçonnent une forte préméditation, l’homme s’étant déplacé jusqu’au domicile de Sabrina C. muni d’un fusil. Selon une information du Journal de Saône-et-Loire, les forces de l’ordre s’étaient pourtant déjà déplacées à cette même adresse la veille des faits, témoignant d’une dégradation récente de la situation.

« Un féminicide de trop »

Ce refus des autorités d’évoquer un féminicide a fait vivement réagir la sénatrice communiste Paulette Matray sur les réseaux sociaux. Exprimant sa profonde émotion face à la mort de cette mère de famille, l’élue a refusé le « silence résigné ». « Depuis trop longtemps, nous répondons à ces morts par des demi-mesures, en légiférant dans l’urgence après chaque affaire, puis en passant à autre chose », a dénoncé la parlementaire, appelant à soutenir une proposition de loi transpartisane pour une lutte intégrale contre les violences sexistes.

Contactée par 20 Minutes, la municipalité de Champforgeuil n’a pas souhaité s’exprimer.





2026-07-10 16:28:32

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