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La canicule perdure et met à mal nos infrastructures. Plus aucun TER ou presque ne circulera en Nouvelle-Aquitaine jusqu’à vendredi « afin de préserver au mieux les installations ferroviaires, le matériel, et garantir la continuité de service dans les conditions de confort adéquates », a annoncé ce mercredi la SNCF. Dans d’autres régions, comme la Loire-Atlantique, le trafic est également perturbé. En Île-de-France, des lignes de métro, de tramway et de train ont été ralenties ce mercredi.
La SNCF avait déjà annulé 70 trains Intercités entre vendredi et lundi à cause de la chaleur. « Le réseau ferroviaire est très fortement affecté par ce phénomène caniculaire » avait reconnu dimanche le PDG de la SNCF Jean Castex. Il a invité les voyageurs les plus vulnérables à « éviter de prendre le train » pendant cette période de canicule. Et la France n’est pas le seul pays touché : des trains ont également été annulés à cause des fortes chaleurs en Belgique et au Royaume-Uni.
Un risque de déformation des rails et caténaires
Les fortes chaleurs mettent à rude épreuve le réseau ferroviaire, notamment car les rails sont constitués d’acier à 95 %. « Quand du métal est mis en pleine chaleur il se dilate, ce qui fait que le rail va se détendre. On peut avoir des impacts sur la vitesse », explique Patricia Perennes, consultante spécialiste du réseau ferroviaire au sein du cabinet Trans-missions. En France, la température qui permet de neutraliser les contraintes de dilatation/rétractation des rails est de 25 °C sur tout le territoire. Elle est calquée sur le climat du pays. Trop l’augmenter mettrait en péril les installations en période hivernale, où les températures peuvent devenir négatives.
La caténaire, le fil électrique situé au-dessus du train, peut également se dilater sous l’effet de la chaleur. « Or, pour fonctionner correctement, les câbles d’alimentation électrique doivent être impérativement rectilignes », indique la SNCF. « La solution technique, c’est de ralentir les trains pour éviter l’arrachement de la caténaire. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de trains qui ont 10 ou 15 minutes de retard », explique Patricia Perennes.
Les systèmes de signalisation sont eux aussi soumis aux températures élevées, souligne la SNCF, et les composants électriques et électroniques installés dans des guérites « peuvent tomber en panne ». Des climatiseurs ont été installés dans les locaux techniques les plus sensibles pour limiter les risques. Les périodes de canicule augmentent aussi le risque de feux sur les talus situés au bord des voies, ce qui peut entraîner des interruptions de circulation.
Un réseau vieillissant
Le réseau ferroviaire français, relativement vieillissant, n’aide pas non plus à faire face à la canicule. C’est particulièrement le cas des voitures Corail, « qui assurent encore aujourd’hui une grande partie des liaisons Intercités (et un certain nombre de dessertes régionales) », selon la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, et qui ont « entre 40 et 50 ans d‘âge ». « Les Intercités ont une cinquantaine d’années et ont un matériel roulant qui a été conçu à une époque où le réchauffement climatique n‘était pas un sujet. Il y a une climatisation historiquement insuffisante et il y a eu beaucoup de problèmes de défaillances il y a deux ans sur ces trains. À la suite de cela, quand il fait trop chaud, la SNCF préfère les annuler plutôt que de les maintenir », détaille Patricia Perennes.
Le renouvellement du matériel est en cours mais a pris du retard. Les nouvelles rames devraient commencer à être déployées à la fin du premier semestre 2027. « Les nouvelles rames auront la clim’ et les toutes dernières rames de la TGV auront en plus des batteries de secours qui permettront de la maintenir en cas de coupure de courant », indique Patricia Perennes.
2026-06-24 15:15:00
