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Victimes collatérales de l’affaire judiciaire visant la députée Martine Froger, les quelques salariés du CASTA ont manifesté ce vendredi 17 avril à Foix 2026. Malgré une bonne nouvelle pour l’association, le combat continue.
Au milieu des stands du marché de Foix, ils sont là, tracts à la main et visages crispés. Ce vendredi 17 avril 2026, des encadrants, des salariés en insertion, des parents d’élèves, des élus locaux, tous réunis pour une même cause : ne pas laisser mourir une association qui, depuis des années, fait vivre des dizaines de familles et garnit les assiettes de centaines d’enfants ariégeois.
Lionnel Bruerre, encadrant technique et représentant du CSE depuis treize ans chez CASTA, cache mal l’inquiétude. « Cela ne devrait pas nous toucher autant, lâche-t-il entre deux flyers. Mais on ne va pas baisser les bras. »
Une structure en survie
Pourtant, depuis fin mars, c’est bien la survie de la structure qui est en jeu. Martine Froger, ancienne directrice salariée de l’association CASTA (Centre d’Accompagnement Social aux Techniques Agropastorales) a été mise en examen le 23 mars 2026 pour abus de confiance, abus de biens sociaux, faux et usage de faux et travail dissimulé.
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Sept autres personnes ont été mises en examen dans la foulée, dont la directrice de l’association, la responsable administrative et financière, l’expert-comptable et le fils de la députée. Conséquence directe : la structure se retrouve paralysée administrativement. Impossible de signer les contrats, d’établir les fiches de paie, de renouveler les postes en insertion. La démission sans préavis de la présidente Apolline Blanchet début mars a achevé de priver l’association de toute gouvernance effective.
« Même s’il y a des choses positives, on ne va pas abandonner »
Mais depuis mercredi, une nouvelle encourageante est tombée. La nomination d’une administratrice judiciaire a été officiellement confirmée. Nommée pour six mois, elle devra remettre sur pied les fondamentaux : salaires, contrats de travail, gestion comptable. Une avancée obtenue après que six représentants des salariés ont été reçus à la préfecture la veille.
Mais pour Lionnel Bruerre, pas question de ranger les banderoles pour autant. « La mobilisation doit continuer. Même s’il y a des choses positives, on ne va pas abandonner. » Il décrit une structure à l’arrêt sur le plan administratif : « Il faut remettre tout ça en route. Trouver un nouveau président… On veut que la dynamique perdure. »
700 repas par jour fournis par l’association
Car au-delà des salariés, ce sont des centaines d’usagers qui sont directement menacés. L’association fournit 700 repas par jour pour des crèches, écoles, centres de loisirs et personnes âgées à travers le département.
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Le maire de Biert, Gilbert Lazaroo, tire la sonnette d’alarme : « On a 100 enfants à Massat qui, du jour au lendemain, ne peuvent plus manger. Je lance une véritable alerte. » Coline, maman d’un petit de quatre ans scolarisé à Massat, met des mots concrets sur les enjeux : « Les cantines font partie de la vie scolaire. Ici, 86 % des produits viennent de l’agriculture bio locale. Ça permet aux parents de travailler sereinement. »
Vers un avenir assuré ?
Si la nomination de l’administratrice judiciaire ouvre une perspective, les chantiers restent immenses : reconstituer un conseil d’administration, trouver un président, relancer la comptabilité, sécuriser les marchés publics. Les salariés rappellent que depuis deux ans, la structure avait entrepris un vrai travail de remise en ordre.
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Ils refusent que ce travail soit balayé par une affaire qui ne les concerne pas. La mobilisation, elle, ne s’arrêtera pas tant que l’avenir de CASTA ne sera pas définitivement assuré.
2026-04-18 07:51:02
