samedi, juillet 18, 2026
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A la veille d’Espagne-Argentine, New York se moque de la finale et « emmerde » Donald Trump


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De notre envoyé spécial à New York,

Deux mondes parallèles qui s’affrontent à 48 heures de la finale de la Coupe du monde Espagne-Argentine. D’un côté la fiction qui se dit réalité, à savoir Pipo et Bimbo – alias Donald Trump et Gianni Infantino – qui racontent la bouche en cœur, lors d’une conférence de presse lunaire au possible organisée vendredi à la Trump Tower de Manhattan, que ce Mondial 2026 aura été « le plus grand événement humanitaire, social et culturel que l’humanité ait jamais connu ».

Et de l’autre, la réalité, la vraie, sans artifice ni réécriture de l’histoire. Et celle-ci, celle que nous avons traversée durant toute une journée vendredi dans les rues de New York, raconte l’exact opposé de ce que nous vendent Satanas et Diabolo. A savoir que la Grande Pomme se moque comme d’une guigne de cette finale de la Coupe du monde. De Central Park à Times Square, de China Town à SoHo, de Brooklyn jusqu’au Bronx, personne, on dit bien personne, n’a cure de cet Espagne-Argentine qui arrive. Même les supporters des deux pays se font rares dans le paysage, c’est dire.

« Au début de la Coupe du monde, l’ambiance était beaucoup plus folle qu’aujourd’hui, admet volontiers Eric, un vendeur de maillots ambulant croisé sur un trottoir de Soho. Peut-être que les gens ont eu peur du nuage de fumée venu du Canada, je ne sais pas. Je pense surtout que l’ambiance est retombée car il n’y a plus que deux pays concernés et que ce ne sont pas les communautés les plus représentées à New York. »

Les feux de forêts canadiens font craindre le pire

La Coupe du monde 2026 avait commencé à l’ouest, à Los Angeles, dans l’indifférence la plus totale, et se finira donc de la même manière quelque 4.000 kilomètres plus à l’est, parce qu’on ne force pas un peuple et un pays à vibrer au rythme d’un sport qui n’est pas le sien et qui ne le sera jamais. Ce qui n’empêchait pas Infantino d’applaudir vendredi après-midi son grand ami Trump, sans qui « ce Mondial n’aurait pas été un tel succès sans vous ».

A New York, vendredi, deux sujets et deux sujets seulement étaient sur toutes les lèvres. Le premier, comme l’a évoqué Eric, les feux de forêt du Canada et cette fumée âcre et ocre qui nous avait chatouillé les narines en arrivant à l’aéroport de La Guardia et qui plongeait la ville qui ne dort jamais dans une torpeur inhabituelle. Jeudi soir, en voyant cette lune rouge orangée par le hublot et sentant cette odeur de brûlé qui vous serre les poumons dans un étau, on se disait alors que ce week-end de finale sentait la poudre (ou le sapin).

Le maire de la ville, Zohran Mamdani, avait même alerté ses concitoyens sur les dangers de se balader plus d’une heure dans les rues, tandis que les autorités municipales distribuaient des masques FFP2 à toute la population. Mais, dès vendredi, le pire était passé et les New Yorkais flânaient de nouveau comme si rien ne pouvait perturber leur flegme légendaire.

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Enfin, jusqu’à dimanche soir, quand Donald Trump se présentera au MetLife Stadium pour y remettre la coupe à l’Argentine. Euh, pardon, au futur vainqueur dont on ignore évidemment l’identité. Ce qui nous amène à notre second sujet du jour, celui qui occupait le plus les esprits : Trump à New York. L’équivalent d’un « Martine en teuf tek », tant le président américain ne met jamais les pieds dans une ville qui le hait presque autant que les fans des Knicks détestent ceux des Celtics.

« Ici, tout le monde déteste Trump »

Il y a donc de forte chance pour que l’accueil réservé au président des Etats-Unis ne se transforme en un concert de huées, comme ce fut déjà le cas au Madison Square Garden lors des finales NBA 2026. C’est en tout cas l’avis de ce vendeur de magnets posté à l’une des entrées de Central Park. Assis sur sa chaise de camping, à deux doigts de somnoler jusqu’à ce qu’on le réveille pour l’interroger, il retrouve vite sa verve.

« Ici, tout le monde déteste Trump et tout le monde l’emmerde. Il n’est pas le bienvenu à New York et il ne le sera jamais. Il va sûrement se faire siffler dimanche mais on peut faire confiance à Fox News et aux autres chaînes d’infos pour ne pas nous le montrer », dit-il avant de déborder un chouïa sur l’actualité politique qui occupe les esprits : les midterms de novembre qui devraient, selon toute vraisemblance, acter une cuisante défaite de Donald Trump et impacter fortement la deuxième partie de son mandat.

« C’est pour ça qu’il panique et qu’il est en train de préparer la riposte en expliquant encore une fois que les élections ont été truquées. Il sait qu’il va perdre et il craint une procédure d’Impeachment, poursuit notre vendeur à la sauvette/baba cool. Ce qui est sûr c’est que ça va permettre d’ouvrir enfin un grand nombre d’enquêtes sur ces magouilles, il est dans la merde… S’il perd, il est fini. Et c’est ce qui va arriver. »

New York à « l’opposé des idées de Trump »

Assis sur un banc de Central Park, un jeune cuisinier est venu prendre sa pause dans son coin préféré. S’il dit ne pas trop connaître la politique, il se marre à l’idée d’imaginer Trump au MetLife dimanche soir. « J’ignorais qu’il avait prévu de venir. Je pense que c’est une grave erreur de sa part car il va prendre cher, sourit-il. Remarquez, ce ne serait pas sa première erreur depuis sa réélection. C’est même devenu sa marque de fabrique si on peut dire. Il n’a rien à faire à New York, on ne veut pas de lui. »

« Il aurait mieux fait de rester à Washington », tranche pour sa part Eric, affairé avec deux clientes qui lui réclament le maillot de l’Espagne. Manque de bol, le dernier qui lui restait vient à l’instant d’être vendu. Tandis qu’elles s’éloignent, forcément déçues, il poursuit : « Quand on voit la manière dont il a traité les supporters de certains pays… Sans parler du carton rouge de Balogun annulé par la FIFA après son coup de fil à Infantino. Il nous a tellement mis la honte… Et puis New York est à l’opposé des idées qu’ils prônent. C’est une ville d’immigrés, une ville ouverte au monde, aux autres cultures. Tout ce que Donald Trump n’est pas. »





2026-07-18 09:02:37

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