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La reconversion professionnelle d’Abdel Elouahabi vers le métier d’infirmier illustre une quête de sens et d’humanité. Après une carrière dans les statistiques et le tourisme, il trouve sa vocation en aidant les plus démunis. Un parcours inspirant.
Dans les couloirs de l’Institut de Formation aux Métiers de la Santé (IFMS) de Cahors, Abdel Elouahabi détonne un peu, non par son enthousiasme, mais par la richesse de son « autre vie ». À 47 ans, l’étudiant n’est pas un novice du monde du travail, mais un homme en quête de cohérence.

Tout commence loin du soin. Pendant plusieurs années, Abdel travaille dans les statistiques et les études de marché. Il grimpe les échelons, devient encadrant, mais quelque chose cloche. « J’avais le fameux syndrome de l’imposteur. J’avais ce sentiment d’être toujours illégitime. Dans tout ce que je faisais, j’avais cette impression qu’il me manquait le diplôme », confie-t-il, en remettant ses lunettes noires en place. Le Lotois a été déscolarisé à douze ans et il n’avait plus ouvert un manuel scolaire jusqu’à ses 37 ans. En 2016, un licenciement économique le pousse à choisir une nouvelle voie. Il reprend le chemin de l’école et passe un BTS Tourisme. Il travaille pour une grande agence parisienne, puis le Covid arrive. Avec ses deux enfants, il décide de quitter la capitale pour la douceur du Sud-Ouest. Il devient guide conférencier pour l’office de tourisme de Fumel-Vallée du Lot, faisant vibrer l’histoire des vieilles pierres de Bonaguil. Mais là encore, le compte n’y est pas. « Je voulais m’éloigner du côté mercantile, mais je me suis rendu compte que le tourisme, c’était encore du commerce. Je n’y trouvais pas d’humain ».
Aider les gens en grande précarité
C’est en 2022 lorsqu’Abdel s’engage chez les sapeurs-pompiers du Lot-et-Garonne que le déclic se fait sentir. « En allant au contact des gens, je me suis rendu compte que le secteur médical était en souffrance. Il y a un besoin drastique d’infirmiers. Ça a été un peu comme une révélation », affirme le quadragénaire, le sourire étincelant. Et comme le destin fait bien les choses, il rencontre sa nouvelle compagne qui est… infirmière. Forte de ses quinze ans d’expérience, elle guide Abdel et lui donne de précieux conseils.
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Aujourd’hui, il est en disponibilité chez les soldats du feu pour se consacrer pleinement à son futur métier d’infirmier. « Je suis au fait des nombreuses contraintes. Déjà parce que j’ai côtoyé beaucoup de personnel soignant. Et que lorsqu’on travaille dans le tourisme, on travaille le samedi, le dimanche, pendant les vacances… Une de mes premières expériences, c’était de travailler de nuit dans une usine… Tout cela, je connais. Et même si je sais que les conditions sont parfois très difficiles, ici, on a vraiment l’impression d’apporter quelque chose », pose Abdel. Un état d’esprit qui lui permet d’aborder ses stages sereinement.
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Il vient de terminer son premier stage en chirurgie ambulatoire, et enchaîne sur le deuxième à l’Unité de Soins de Longue Durée (USLD). « Je me sens vraiment utile. C’est très gratifiant de voir des personnes en réelles difficultés et de réussir à leur apporter secours », avoue-t-il. Lorsqu’il sera diplômé, blouse blanche dans le sac, il espère pouvoir aider cette population : « Les personnes âgées, les démunis, les personnes précaires… Tous ceux que j’ai rencontrés quand j’étais pompier. Et une tranche de la population qu’on rencontre beaucoup dans les régions rurales, comme ici. C’est eux que je veux soigner ».
2026-03-02 08:02:08
