dimanche, mars 22, 2026
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Ombre de Trump, armée, fils du chah… Les scénarios pour l’Iran après Khamenei


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La mort samedi du guide suprême iranien, durant la campagne de bombardement américano-israélienne, porte un très gros coup contre le régime actuellement en place à Téhéran. Si une transition s’est très vite mise en place, nul ne sait qui va réellement prendre le pouvoir durablement à la place d’Ali Khamenei. Depuis dimanche, c’est un triumvirat qui a pris les commandes. Il est composé du président Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution.

Dans une interview dimanche au New York Times, Donald Trump a pour sa part affirmé avoir « trois très bons choix » de candidats pour diriger l’Iran. « Je ne les dévoilerai pas pour l’instant. Finissons d’abord le travail ». En attendant d’en savoir plus, 20 Minutes fait le point sur les différents scénarios possibles pour le futur du pouvoir.

La continuité dans un premier temps ?

Si Donald Trump a exhorté la population à agir pour prendre le pouvoir une fois l’offensive achevée, aujourd’hui « le pays paraît tenu », explique Pierre Razoux, directeur des études de la Fédération méditerranéenne d’études stratégiques. « Tout est fait (fermeture des universités, quadrillage des villes, fermeture d’Internet) pour éviter les manifestations. Tant que la population ne sera pas convaincue que l’appareil répressif – 600.000 Bassidjis et 250.000 forces de sécurité intérieures – est neutralisé, il est improbable qu’elle descende à nouveau dans la rue ».

Le système politique iranien dispose de procédures pour gérer la succession du guide suprême, dont la mort « ne signifie pas la fin d’un régime polycentré et redondant », précise Pierre Razoux. Il mise sur « la continuité du régime avec de nouvelles règles du jeu, peut-être au détriment du clergé, mais avec les mêmes personnes ». « L’orientation du régime » dépendra du choix du nouveau guide suprême, note pour sa part le chercheur Théo Nencini de Sciences Po Grenoble.

La disparition d’Ali Khamenei « peut donner naissance à des rivalités importantes au sein des cercles du pouvoir entre les Gardiens (de la révolution) et les civils. Mais pour l’instant, ils travaillent tous ensemble pour maintenir le système », a par ailleurs commenté dimanche sur France Info la sociologue Azadeh Kian.

L’heure des Gardiens ?

« L’alternative, c’est la prise de pouvoir par les Pasdaran » (nom des Gardiens de la révolution en farsi), avance Pierre Razoux. Même si son chef Mohammed Pakpour a été tué dans les frappes de samedi, le Corps des Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, est une force extrêmement organisée, contrôlant des pans entiers de l’économie.

« En réalité, le rééquilibrage du pouvoir au profit des Gardiens de la révolution a déjà eu lieu, de manière progressive depuis plusieurs années. Le guide suprême leur avait déjà ouvert la voie du pouvoir », estime Théo Nencini. « Une transition vers un régime plus militarisé sous leur houlette est une possibilité, un régime militaire plus classique dépourvu de cette logique religieuse chiite actuelle. Mais je les vois mal se passer du vernis religieux », ajoute le chercheur.

Un rôle à jouer pour l’armée régulière ?

Forte de 350.000 hommes, selon la publication spécialisée Military Balance 2026, l’armée « ne pèse pas politiquement aujourd’hui, mais elle peut avoir un rôle à jouer à l’avenir si les militaires décident de prendre une direction politique différente de celle des Gardiens », estime Théo Nencini.

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Pour Pierre Razoux, « son positionnement sera crucial, à la fois vis-à-vis des populations, du pouvoir et des Gardiens ». L’armée est actuellement « au four et au moulin, occupée à défendre le pays » car dans la perspective d’un éventuel virage politique les militaires devront « montrer qu’ils ont tenu leur rôle ».

Une opportunité pour le fils du chah ?

L’opposition en Iran est réprimée et emprisonnée, à l’instar de la lauréate du prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi. Les mouvements d’opposition en exil sont historiquement désunis. Le fils du chah d’Iran déchu, Reza Pahlavi, « est mis en avant par les médias occidentaux » et semble bénéficier d’une popularité croissante, relève Théo Nencini, mais sa crédibilité aux yeux de la population iranienne reste inconnue.



2026-03-02 03:14:02

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