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Les arguments de l’accusation détricotés
« Au bout de cinq ans, on a aucune réponse aux questions essentielles, alors qu’on a engagé des moyens humains considérables, des moyens technologiques considérables, un demi-million d’euros… » Me Franck conclut : « Et on ne trouve rien ! ». L’avocate de la défense s’engage alors dans le cœur de sa plaidoirie pour contrer les arguments de l’accusation un par un.
« Delphine Jubillar a disparu le 15 décembre dans un créneau horaire très court. Et pourquoi il commence à 22h55 ? Parce que l’amant nous a montré son téléphone et qu’il a reçu un message, mais même ça, on n’en est pas sûr. Déjà, ce postulat de départ, on peut en douter « . Nouvelle flèche… Cette fois sur le « procès-verbal d’attitude inadapté » : intitulé comme ceci, parque que l’accusé a reçu les gendarmes avec un pyjama. Si c’est inadapté, c’est suspect ! Qu’est-ce que vous voulez que je dise, oui, c’est ridicule, mais c’est son pyjama ! Fallait-il qu’il accueille les gendarmes en costume ? »
Sur la « griffure » que Cédric Jubillar aurait eue sur le bras : elle a été rapportée par Jennifer C., son ex-compagne… Cette dernière « raconte n’importe quoi ». Elle revient ensuite sur les cris entendus par deux voisines du couple : « Il ne faut surtout pas que ce soit une femme qui sépare des chiens ! C’est une agression ! » Elle ajoute que des voisins encore plus proches n’ont eux rien entendus.
« On ne condamne pas les mauvais types »
Me Franck s’adresse aux jurés : « Ce qui compte, ce n’est pas de savoir si vous partirez en vacances avec monsieur Jubillar ». « Il y a eu sa façon de s’exprimer, qui n’a pas toujours été brillante », ajoute-t-elle. L’attitude de son client a été pointée du doigt et dénoncée par l’accusation. « Ce n’était peut-être pas un très bon père et un très bon mari, mais on ne condamne pas les mauvais types ».
« Nous avons passé les dix premiers jours de ce procès à parler de l’enquête et des faits de cette nuit-là. Puis, pendant dix jours, c’était ‘Cédric Jubillar est un mauvais type’. Comment voulez-vous que la défense se batte contre des ressentis ? Quand on n’a pas de preuve, on fait en sorte que l’homme ressemble au crime qu’il a commis ? »
L’avocate parle directement à Me Laurent Boguet, pour qui elle dit avoir de l’estime et précisant avec humour, qu’elle a commencé par un stage dans son cabinet. « Vous avez dit : ‘Je suis las qu’il fasse discuter chacun des éléments’. Mais comment pouvez-vous dire ça ? C’est l’essence même de tout avocat ».
« Quelle brillante idée de rappeler l’affaire Grégory, c’est le désastre judiciaire par excellence ! »
L’avocate de Cédric Jubillar étrille un argument de l’avocat général Pierre Aurignac… « Oui : c’est la chronique d’un désastre judiciaire annoncé. Et monsieur Aurignac a bien fait de rappeler l’affaire Grégory… quelle brillante idée, c’est le désastre judiciaire par excellence ! ». La remarque provoque des rires dans la salle.
« Le journaliste de ‘Paris-Match’ dans l’affaire Grégory, on a l’équivalent là-bas, au fond de la salle », lance Me Emmanuelle Franck. Elle fait référence à un journaliste du Parisien, plusieurs fois cité durant le procès, notamment par des proches de Cédric Jubillar, l’accusation mais aussi la défense.
« On peut condamner sur un faisceau d’indices, mais il faut faire attention »
L’avocate de Cédric Jubillar continue à dérouler le fil de son introduction : « Comment accepter enfin que deux juges d’instruction, au moment de rendre leur copie, écrivent : ‘À l’issue des investigations, il est établi que Cédric Jubillar est l’auteur du meurtre de sa femme' ». Elle dénonce cet état de fait… qui ne respecterait pas la présomption d’innocence de son client.
« On jette un tas d’indices dans un sac, on secoue et on a un faisceau », plaisante la pénaliste. « On peut condamner sur un faisceau d’indices, mais il faut faire attention. Pour qu’un faisceau d’indices constitue une preuve, il faut regarder la qualité des indices et s’ils sont convergents ».
Nouvelle charge : « Je respecte les institutions : on n’est pas des voyous. Je respecte les fonctions de magistrat, de gendarme… Mais parfois, ils ne respectent pas eux-même leurs fonctions ».
« J’aime bien les gendarmes, mais je n’aime pas que l’on me prenne pour une… »
Au tour des enquêteurs d’en prendre pour leur grade : « Comment accepter que des gendarmes, en proximité malsaine avec des témoins, qui auraient dû être un moment donné considérés comme des suspects, les conseillent, les dirigent, les rassurent et tout cela, hors procédure ? », demande-t-elle avant de dénoncer d’autres proximités avec les médias et des articles télécommandés ou censurés. « J’aime bien les gendarmes, mais je n’aime pas que l’on me prenne pour une… »
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« Ce dossier est magique : en une semaine, on passe de la disparition à l’enlèvement et séquestration, mais on ne sait pas comment », énonce-t-elle, « puis le temps passe et quelques mois plus tard, on passe au meurtre sur conjoint, mais pourquoi ? À part par la déduction ? »
« La justice, la presse, les gendarmes avant elles, ont passé quatre ans à vous dire que vous ne savez à rien. Mais vous êtes les derniers remparts de ce cirque judiciaire ! », lance Me Franck aux jurés.
La mère de Nadine F. pointée du doigt par la défense
Me Franck attaque pour défendre… Nadine F., la mère de son client, est désormais pointée du doigt. « Que penser d’une mère qui n’en est pas vraiment une, venue dire toute la douleur qui est la sienne ? C’est difficile d’accuser son fils, tellement difficile qu’on le refait au journal de 20h, le soir même », lance-t-elle en direction de cette femme qui est tous les jours dans la salle. L’avocate aborde des contrats d’exclusivité passées par des témoins, avec des médias. Notamment pour être présent dans des documentaires qui seront diffusés dans quelques mois.
Même constat pour Marco, l’ex-codétenu de Cédric Jubillar, qui a raconté sa version sur RTL, « à Marc-Olivier Fogiel »… « Quel crédit accorder à des témoins pareils ? », demande-t-elle. « Il y a trop de gens dans cette affaire qui n’étaient pas grand-chose et qui ont voulu devenir quelqu’un », assure l’avocate, le ton grave.
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L’audience est reprise, Me Emmanuelle Franck a la parole pour la défense
Le moment décisif est lancé… Me Emmanuelle Franck, avocate de Cédric Jubillar, s’avance à la barre pour plaider. « Dans cette affaire, il y a deux invisibles, Louis et Elyah, à qui on contera que papa n’est pas là parce qu’il a tué maman », commence l’avocate toulousaine. « Mais ne faut-il pas être sûr pour leur dire cela ? »
La conseil de Cédric Jubillar dénonce une « ambiance de chasse à courre » dans laquelle « rien de ne ce que dira l’accusé ne convaincra à personne ».
« Dans quelle justice accepte-t-on que la lettre d’un gamin de 11 ans soit publiée dans une certaine presse ? Dans quelle justice des témoins dévoilent tout dans des interviews aux médias avant le procès ? », questionne la pénaliste qui capte directement l’audience, suspendue à ses mots. Dans cette introduction de plaidoirie, elle charge l’accusation, la médiatisation, le manque de preuves…
Le banc des parties-civiles est quasi vide. Les proches de Delphine n’ont visiblement pas envie d’entendre les arguments de la défense.
Une affluence record pour les plaidoiries de la défense
Dès 7h du matin, la foule était dense devant le tribunal d’Albi pour tenter d’assister à cette journée de plaidoiries de la défense de Cédric Jubillar. Des discours très attendus, qui pourraient s’avérer décisifs dans le verdict énoncé par le Cour d’assises du Tarn demain.

On avait vu du public arriver à 3h30 du matin au procès Jubillar. Mais Romy, Clara et Marie Lou battent le record : elles campent devant le tribunal d’Albi dès ce soir, pour être certaines d’avoir une place en salle d’audience demain, à 9h, pour les plaidoiries de la défense. pic.twitter.com/5fOqKViJLa
— Juliette Campion (@JulietteCampion) October 15, 2025
« Je n’ai aucun doute sur le fait que Cédric Jubillar a tué Delphine Aussaguel »
La journée d’hier a aussi, évidemment, été marquée par les plaidoiries des avocats généraux, qui ont requis 30 ans de réclusion à l’encontre de Cédric Jubillar. Pour revivre leurs réquisitions, c’est par ici .
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« Rendez-leur Delphine ! » : le cri déchirant de Louis et Elyah, les enfants Jubillar, à travers la voix de leurs avocats
La matinée d’hier, mercredi, a été marquée par les plaidoiries déchirantes de Mes Chmani et Boguet, conseils de la représentante légale des enfants du couple Jubillar. Ces derniers ont ému les jurés sur le sort tragique de Louis, 11 ans et de sa sœur, 6 ans. Un frère et une sœur soudés qui attendent de leur père, accusé d’avoir tué leur mère, « qu’il dise la vérité ». Plus de détails dans notre article .
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« Fragilité des preuves, insuffisance des pistes alternatives »… Comment va se positionner la défense
Au terme de semaines d’audiences tendues, la défense de Cédric Jubillar entre dans l’arène ce jeudi pour son ultime plaidoirie. Au fil des jours, Maîtres Franck et Martin se sont employés à démontrer notamment toutes les failles de l’enquête et comment l’accusation a construit un coupable idéal. Pour en savoir plus sur leur stratégie de défense de l’accusé, c’est par ici .
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Retrouvez le programme de la journée ⬇
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Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré à la 17e journée d’audience du procès Jubillar
2025-10-16 08:48:39
