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Les pommes de terre d’André Foussat, ancien maire de Lamagdelaine, dans le Lot, doivent avoir un goût exceptionnel pour susciter une telle convoitise… jusqu’au vol de 300 kg de patates ! Son champ a été pillé. L’octogénaire est à bout de nerfs. Il subit des vols de fruits et légumes depuis plusieurs années. Écœuré, il veut ranger ses outils. Tout abandonner. Rencontre à Lamagdelaine, sur le terrain de ses malheurs.
André Foussat, n’en revient toujours pas, les bras dirigés vers le champ de sa colère, les pieds plantés dans sa terre nourricière où quelques malfrats, quant à eux, lui ont déplanté… ses pommes de terre ! Un vol d’une précision et d’une propreté chirurgicales.
« Ce sont des experts ! La terre est à peine remuée »
Cet ancien maire de Lamagdelaine, qui subit des vols à répétition dans la commune qu’il a administrée, secoue la tête devant le spectacle désolant qui s’offre à ses yeux
« Regardez, on m’a volé 300 kg de pommes de terre, c’est fou ! Ils ont même fait ça très proprement. Ce sont des experts ! Rien n’a été saccagé. La terre est à peine remuée. Les sillons restent bien tracés. Ils ont juste arraché les pommes de terre, pris quelques fruits aussi, mais pas du tout touché à mes serres. Mais que vont-ils faire avec 300 kg de patates ? Qui m’a fait ça ? » s’interroge-t-il désemparé.
« Ils m’ont même volé les poires pourries tombées au sol »
« Et encore vous ne savez pas tout ! Il y a quelques jours, j’avais dit à mon épouse qu’il fallait cueillir nos poires, car certaines commençaient à tomber de l’arbre. Ce sont de belles poires, très goûteuses. J’arrive devant l’arbre, au matin, et il n’y avait plus un seul fruit dessus, ni dessous d’ailleurs. Ils m’ont même volé les poires pourries tombées au sol. Ça aussi c’est dingue. Les vols de fruits, ce n’est pas la première fois en ce qui me concerne. Je me suis même dit : quand on vole des fruits au village, c’est pour ma pomme ! » s’exclame et ironise André Foussat, plein d’humour en dépit de la situation qu’il vit et subit.
« Mes patates étaient très belles, traitées, prêtes »
L’humour redonne un peu d’allant à l’octogénaire, certes, mais cela ne suffit pas à l’apaiser. André consacre une bonne partie de son temps à la culture de son grand jardin maraîcher installé sur les hauteurs du village, à l’écart de tout. Un peu trop peut-être.

« Mon terrain est loin du bourg et ma maison est à 1 kilomètre de mes terres. Ici les voleurs n’ont pas été dérangés. Ils sont même venus en camion, je pense, pour me prendre une aussi grosse quantité de patates. Elles étaient très belles, traitées, prêtes… et un matin je me suis retrouvé devant deux rangées vides. Je pense qu’ils ont commis ce vol en deux temps. J’étais absent ces deux jours-là. J’avais été me faire opérer du canal carpien à l’hôpital de Cahors. Vous imaginez bien que tout se sait dans nos petits patelins. Tout s’est passé en mon absence, la nuit je pense » imagine-t-il, le regard plongé vers les sillons vidés de leurs principales substances : des patates prêtes à être servis dans les assiettes. La sienne et celles de ses proches.
« Je ne fais pas commerce de mes fruits et légumes. Je veux cultiver de bons produits pour ma consommation personnelle et pour pouvoir ensuite les offrir à ma famille et à mes amis. C’est pour ça que je travaille ma terre » dit-il la voix chargée d’émotion.
« J’en ai vraiment marre. Ces vols qui n’arrêtent jamais me font perdre l’envie de continuer »
Son champ, André le traite avec douceur, délicatesse en lui donnant toutes les ressources saines et en lui prodiguant les gestes appropriés afin que de cette terre naissent les meilleures patates.
« Je me consacre à ces cultures depuis ma retraite. À plus de 80 ans, c’est mon principal passe-temps. Mon plaisir. Mais là, j’en ai vraiment marre. Ces vols qui n’arrêtent jamais me font perdre l’envie de continuer. Je suis découragé. Ici, en plus des pommes de terre, je cultive des asperges et j’ai quelques ruches. On m’en a volé une il y a quelques années, ainsi que du matériel agricole. Le tout pour un préjudice estimé à plus de 3 000 €. J’étais parti en vacances avec mes petits enfants, du côté de Narbonne, juste avant la rentrée scolaire. Au téléphone, un ami m’a annoncé que quelqu’un avait démonté le portail du champ et était rentré avec un camion. Là, il m’a dérobé des patates, une première fois, mais aussi des pommes, des poires, de l’ail, des poireaux ainsi qu’un motoculteur, une tondeuse et d’autres matériels » détaille-t-il dépité d’être une victime permanente. « En fait, depuis plusieurs étés, les vols ne cessent pas » insiste-t-il sans trop d’espoir devant cette spirale qui ne lui inspire que du dégoût.

« Son terrain est propre, grand, bien entretenu. Il fait envie. Les gens savent que chez André, il y a de beaux et bons légumes » déclare un habitant du village qui soutient cette victime. « J’ai déclaré la plupart des vols à la brigade de gendarmerie de Saint-Géry, mais pour l’instant, personne n’a été interpellé. Et les vols continuent » se lamente le malheureux maraîcher.
Les gendarmes creusent l’affaire, sans interpellation pour le moment
Son inquiétude est partagée par une bonne partie de la population de ce village particulièrement impacté par les cambriolages. La gendarmerie de Saint-Géry est souvent alertée et malgré les déplacements des patrouilles sur les lieux des vols, les enquêteurs n’ont pas encore procédé à une interpellation.
La « police de voisinage » prévue par des habitants, appelée aussi « le collectif de voisins vigilants », pourrait réellement « prendre ses fonctions et réaliser des rondes régulières » nous rappelle encore ce mercredi Dominique Benoît, qui porte la parole du collectif. Le groupement de gendarmerie du Lot confirme la série de vols constatés à Lamagdelaine, dans un lotissement situé relativement loin du champ d’André Foussat.
Des caméras de surveillance dans le champ
La procédure de gendarmerie reste confidentielle. Pas les vols ! Tout le monde en parle au village. « Si ça se trouve c’est quelqu’un qui vous connaît, car après le vol de patates, le terrain est très propre. Le voleur a du respect » lance un voisin avec un trait d’humour pour détendre l’atmosphère et soutenir l’ancien maire. Ce dernier a décidé d’installer des caméras de surveillance dans son champ. L’ultime rempart dissuasif ? L’avenir le dira.

Encore une mauvaise surprise dans un coin du terrain pillé
En attendant, avant de quitter son champ, André se dirige vers « le coin où je fais pousser mes coings » lance-t-il sur le ton plein de drôlerie qui le caractérise. Il est fier de sa plantation de cognassiers et veut les montrer. Soudain, il s’immobilise et perd le sourire. Son visage devient plus grave : « Ce n’est pas possible, je n’ai plus mes coings ! Hier, ils étaient bien là ! On me les a volés pendant la nuit ! »
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Quelle poisse pour cet homme terriblement marqué par ces vols en série ! André a parfaitement raison lorsqu’il déclare, impuissant : « En fait, ça n’arrête jamais ».
2025-09-24 17:45:28
