lundi, mai 11, 2026
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Mais pourquoi Tadej Pogacar n’a pas cueilli la victoire qui lui tendait les bras à La Plagne ?


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Tout au long de l’après-midi, le scénario semblait couru d’avance. Dès le pied du col du Pré, soit 20 kilomètres seulement après le départ de cette 19e étape rabotée d’une trentaine de bornes, l’équipe UAE a fait le tempo en tête de peloton pour ne pas laisser trop de champ à tous ceux qui essayaient de former une échappée. Et donc permettre à Tadej Pogacar de l’emporter au bout du compte au sommet de La Plagne, c’était clair comme de l’eau de roche. Sauf que le maillot jaune n’est jamais allé chercher cette victoire qui lui tendait les bras. Pour le plus grand bonheur de Thymen Arensman, qui en a profité pour claquer sa deuxième étape sur ce Tour, et notre plus grande incompréhension.

Choisissez votre théorie

Le Slovène avait pourtant tout bien fait dans la première partie de la montée. Après l’énorme boulot de Tim Wellens dans la vallée pour reprendre les fuyards Primoz Roglic, Valentin Paret-Peintre et Lenny Martinez, puis le relais de Jhonathan Narvaez au pied pour lancer la fusée, Pogacar a profité d’une attaque de Thymen Arensman à 14 km de l’arrivée pour enclencher. Comme Jonas Vingegaard a suivi, il a ralenti la cadence. Le Néerlandais d’Ineos est alors reparti, et cette fois il n’a pas bougé, se contentant de faire le train derrière.

Mais Arensman n’a jamais pris plus de 35 secondes d’avance, et on avait l’impression que Pogacar, tout en gestion, pouvait démarrer à tout moment pour aller le cueillir. On pensait qu’il le ferait à 5 km de la ligne, raté. A 3 km alors ? Toujours pas. A la flamme rouge, Arensman en sursis une dizaine de secondes devant, c’était forcément là que ça allait se passer. Mais non. Le maillot jaune s’est contenté de suivre l’accélération de Vingegaard, qui a attendu les 200 derniers mètres pour se lever de sa selle.

Thymen Arensman savoure sa victoire, avec en arrière plan l'accélération de Jonas Vingegaard pour prendre la 2e place à Tadej Pogacar.
Thymen Arensman savoure sa victoire, avec en arrière plan l’accélération de Jonas Vingegaard pour prendre la 2e place à Tadej Pogacar.  -  Loic VENANCE / AFP

Si l’on peut être heureux pour Arensman, qui y a cru et s’est donné les moyens d’aller la chercher, une drôle d’impression escorte l’attitude du Slovène dans cette montée finale. Mais pourquoi a-t-il renoncé à son ambition du jour ? On n’achète pas la théorie de la sagesse, qui veut qu’il ait appris de ses erreurs passées et qu’il fait désormais attention à ne pas risquer de se cramer pour la suite à force de courir tous les lièvres possibles. Pour les précédentes étapes, au sommet du Ventoux ou de la Loze, pourquoi pas. Mais pas cette fois. C’était la dernière étape de montagne, et il la voulait.

Alors quoi ? Ne pas passer pour le méchant qui ne laisse rien aux autres ? Un manque de jambes ? Ne pas risquer d’offrir la victoire à Vingegaard en roulant pour reprendre le Néerlandais et se faire déposer ensuite ? « J’ai essayé aussitôt que l’équipe Decathlon a arrêté son train, j’ai lancé une grosse attaque, mais c’était un peu trop tôt peut-être, a répondu l’intéressé sur France 2. Personne n’a collaboré derrière pour essayer de reprendre Arensman, donc j’ai imprimé mon rythme. J’espérais que je pourrai maintenir l’écart mais il (Arensman) était trop fort pour le train auquel je suis à l’aise. C’était serré mais il mérite cette victoire. »

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Le croira qui voudra. De l’extérieur en tout cas, l’apparente facilité avec laquelle il grimpait laisse penser qu’il avait largement les moyens d’y aller. Pour notre part, on parierait plutôt sur le fait qu’à choisir, il préférait voir Arensman l’emporter plutôt que son rival danois. Pogi a déjà levé quatre fois les bras et un quatrième sacre l’attend dimanche à Paris, tandis que Vingegaard n’a rien gagné sur ce Tour. Peut-être que dans l’esprit du Slovène, c’était à son adversaire de tenter. Il ne l’a pas fait, tant pis pour lui. Il n’allait pas en tout cas lui donner l’occasion de l’emporter sans avoir mis un coup de pédale. Personnellement, il se remettra assez vite de ne pas avoir gagné.

Le maillot jaune a fait un heureux, en tout cas. Car Arensman, qui a terminé « complètement détruit », ne trouvait pas les mots à l’arrivée pour exprimer sa fierté d’avoir résisté et doublé la mise après son épopée jusqu’à Superbagnères (14e étape). Le Néerlandais n’était pas si surpris toutefois que les deux monstres se soient observés. « C’est la troisième semaine, tout le monde est à genoux, exténué. Tadej a un bon écart avec Jonas, il n’était pas obligé, a-t-il estimé. Les deux sont très forts, mais moi aussi j’avais de bonnes jambes, et je me disais que s’ils se regardaient, je pourrais garder une petite avance. Et c’est ce qui s’est passé. »

Lassitude

Sans doute, aussi, faut-il voir dans le scénario inattendu de ce final un nouveau signe de la lassitude qui semble s’installer chez Pogacar. Jeudi déjà, il avait surpris son monde en se demandant « ce qu’il faisait encore là ». « C’est si long. J’ai hâte que ce soit terminé et que je puisse faire autre chose dans ma vie », avait-il ajouté. Si on peut comprendre qu’il en ait plein les bottes après quasiment trois semaines de course, avec la pression que cela suppose quand on est le patron du peloton, on peut aussi s’étonner qu’il le dise de manière si cash à voix haute, rien que pour le respect du Tour de France.

Le Slovène a remis ça ce vendredi, après s’être un peu forcé à sourire sur le podium pour récupérer son nouveau maillot jaune. « Là ça commence à être un peu long, surtout avec cette météo aujourd’hui. Avec la cérémonie derrière, c’est un peu longuet. J’ai juste envie d’aller au bus et de prendre une douche chaude. » Juste avant, il avait soufflé qu’il « comptait les kilomètres jusqu’à Paris ». Tadej Pogacar serait donc un être humain, finalement. Comme les 160 autres coureurs qui restent dans le peloton, il a juste envie que tout ça se termine. Ou alors, il s’ennuie beaucoup.



2025-07-25 17:24:13

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