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Nos départements en BD. “Les porteurs d’eau”, course au dopage jusqu’au Mont Ventoux


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Le cyclisme c’est tout un jargon. Le porteur d’eau porte bien son nom. Dans un peloton, lors des premières courses, il désignait le coureur qui descendait jusqu’au ravitaillement, puis le portait au reste du peloton, à sa tête notamment. Ravitaillement de bidons parfois remplis d’antalgiques, ou de produits dopants.

Aujourd’hui, il garde son rôle de ravitaillement, mais aussi celui de surveiller ses co-coureurs et la formation du peloton. C’est un rôle stratégique, qui incarne souvent l’esprit collectif. Car, si on a tendance à l’oublier, le cyclisme est un sport d’équipe.

Des rêveurs se la jouent dealer

De ce titre déroule l’intrigue de la bande dessinée de Fred Duval et Nicolas Sure. À 18 et 17 ans, Jérôme et Florian montent dans le Nord, à la frontière belge, acheter des EPO (érythropoïétine), des hormones de croissance… des noms tristement célèbres pour ceux qui se sont intéressés de près ou de loin à l’univers du cyclisme.

L’un est le fils d’un ancien coureur professionnel et souhaite « se booster », le temps de lancer sa saison. Le second cherche, lui, principalement à financer ses études. Naifs et bercés d’idiotes illusions, ils se disent qu’il s’agira d’une opération facile, qu’il suffira de trouver les bons cyclistes qui prendront la “cam”. Mais quand l’opération capote et qu’ils se retrouvent pourchassés, la bonne idée se retrouve en chasse à l’homme à travers la France.

Cavale jusqu’au Mont Ventoux

Leur fuite les mène jusqu’au Mont Ventoux, où le père cycliste de Jérôme avait acheté une maison secondaire. Logique : le mont Ventoux est une terre de vélo. “Ma première ascension c’était avec mon père forcément… je devais avoir 7 ou 8 ans ! Par Malaucène c’était un peu moins hard ! 2 heures 31. En haut, sorti des sapins j’ai saigné du nez…” se souvient le jeune homme.

Y’a trop de records sur le Ventoux : t’as des boloss qui le montent 7 fois de suite, t’as des aliens qui explosent les compteurs sans lever le cul de leur selle… Pour moi, c’est juste une pente de ouf où le seul mec à battre c’est toi même.

Et puis, sur une note plus cynique, le Mont Ventoux, c’est aussi un traumatisme dans le monde du cyclisme. En 1967, Tom Simpson y décède lors de son ascension de la 13ème étape du Tour de France. Pour la fédération, c’est un électrochoc. C’est à cette date que le dopage commence à être pris sérieusement et que commencent les tests systématiques au départ des courses.

Avec “Les porteurs d’eau”, Fred Duval et Nicolas Sure signent un récit et des planches épurés, sans fioritures, qui se lisent d’une traite. Une immersion intéressante, presque voyeuriste, dans l’univers du cyclisme, ses déboires, et toute la destruction qu’a pu causer l’usage des produits dopants.

  • Les porteurs d’eau, Fred Duval, Nicolas Sure, Delcourt 2018, 18.50 euros



2025-08-25 10:15:00

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