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Les combats ont repris dimanche au Mali entre les rebelles et l’armée, soutenue par des mercenaires russes, à Kidal (nord) et à Kati, près de la capitale Bamako, fief de la junte qui dirige ce pays sahélien, au lendemain d’attaques contre ses positions dans plusieurs localités. Dimanche, les rebelles touaregs ont annoncé être parvenus à un « accord » permettant aux soldats russes de l’Africa Corps de se retirer de Kidal, qu’ils disent « désormais » contrôler « totalement. »
Le FLA (Front de Libération de l’Azawad), groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali, a assuré samedi contrôler Kidal après des combats dans cette ville, parmi d’autres coordonnées que cette rébellion touareg a menées avec les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda). Le Mali est en proie depuis plus d’une décennie aux conflits et aux violences jihadistes, mais depuis la prise du pouvoir en 2020 par la junte, les attaques samedi de la part des jihadistes du Jnim et de la rébellion touareg du FLA sont sans précédent.
Kidal sous le contrôle de la rébellion
Dès l’aube, des combats ont opposé l’armée et les assaillants et se sont poursuivis intensément dans l’après-midi en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes du pays, dont Kidal, Gao et Sévaré. Ils ont fait 16 blessés civils et militaires et des « dégâts matériels limités », a indiqué, dans un communiqué samedi soir, le gouvernement selon lequel « la situation est totalement sous contrôle dans l’ensemble des localités » attaquées.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné « l’extrémisme violent » après ces attaques et appelle à « un soutien international coordonné pour faire face à la menace évolutive de l’extrémisme violent et du terrorisme au Sahel et pour répondre aux besoins humanitaires urgents », dans un communiqué samedi. L’Union européenne a également indiqué « condamne[r] fermement les attaques terroristes » dans le pays et a exprimé sa solidarité avec le peuple malien. « Nous réaffirmons notre détermination dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que notre engagement en faveur de la paix, la sécurité et la stabilité au Mali et dans l’ensemble du Sahel », peut-on lire dans un communiqué diffusé dimanche par les services de la cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas.
Kidal, bastion de la rébellion touareg, avait été reprise en novembre 2023 par l’armée malienne appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, mettant fin à plus d’une décennie de contrôle par des groupes rebelles. Le FLA revendique en outre avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao (nord). À Kati, fief de la junte au pouvoir depuis 2020, des tirs « sporadiques et nourris par moments » ont été entendus dimanche par des habitants. Ville-garnison, Kati fait partie de celles attaquées samedi par les jihadistes du JNIM et le FLA.
Le ministre de la Défense tué dans l’attaque de samedi
Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, un des principaux responsables de la junte au pouvoir depuis 2020, a été tué dans l’attaque menée samedi à Kati par par la branche sahélienne d’Al-Qaïda. « Dans l’attaque de Kati, le ministre Camara a été tué ainsi que sa seconde femme […] », a déclaré un membre de sa famille. « Nous avons perdu un être très cher, le ministre de la Défense. Il est tombé sur le champ d’honneur », a indiqué une source gouvernementale, confirmée par d’autres sources militaires. Selon des habitants, la résidence du ministre à Kati, a été en grande partie détruite samedi par une forte explosion. Son entourage a démenti dans un premier temps les rumeurs affirmant que Sadio Camara était blessé.
Dans un communiqué diffusé samedi soir, le JNIM, qui lutte depuis des années contre les militaires au pouvoir à Bamako, proclame une « victoire » à la suite de ces attaques, estimant qu’elle est le fruit d’un travail acharné, « d’une coordination avec ses » partenaires « et grâce à la participation active de nos frères » du FLA.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes. En septembre 2024, le JNIM avait revendiqué une double attaque d’une rare ampleur contre l’aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l’école de gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires
2026-04-26 14:30:00
