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Agression sexuelle sur Adèle Haenel : Christophe Ruggia condamné à cinq ans de prison en appel

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En appel, le parquet général de Paris a condamné, ce vendredi 17 avril, Christophe Ruggia à cinq ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique.  

La cour d’appel de Paris a alourdi, ce vendredi 17 avril, la peine du cinéaste Christophe Ruggia, reconnu coupable d’agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel alors qu’elle était âgée de 12 à 14 ans. Le réalisateur, aujourd’hui âgé de 61 ans, écope de cinq ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique – contre quatre ans, dont deux ferme, prononcés en première instance en février 2025.

Les faits se sont déroulés entre 2001 et 2004, lors de rendez-vous hebdomadaires au domicile du cinéaste, dans le sillage du tournage des « Diables », film dans lequel il avait offert à la jeune adolescente son premier rôle. De vingt-quatre ans son aîné, Ruggia lui imposait, selon les termes constants de la plaignante, des caresses répétées et non consenties sur son corps de collégienne, dans un système d’emprise fait de menaces voilées de la « renvoyer dans le néant » si elle le rejetait.

Face à la cour, le déni inflexible de Christophe Ruggia contre la parole constante d’Adèle Haenel

Devant la cour, le réalisateur a de nouveau nié en bloc : « Si j’avais fait ce qu’elle m’accuse d’avoir fait, avoir mis la main dans son pantalon ne serait-ce qu’une fois, je n’aurais jamais pu me regarder dans la glace et j’aurais cessé immédiatement de la voir. Ça n’est jamais arrivé. » Il reconnaît une relation « fusionnelle » avec la jeune comédienne, mais refuse de la qualifier d’abusive, attribuant les accusations d’Adèle Haenel à une « reconstruction » mentale liée aux déceptions de sa carrière.

Face à lui, l’actrice aujourd’hui âgée de 36 ans, doublement césarisée, a mis des mots crus sur un traumatisme qui ne la quitte pas : « Ça me fout la honte, en fait. Ça me fout la honte d’être marquée à ce point. J’aimerais que ça n’ait pas eu lieu, j’aimerais juste pouvoir dire que ça n’existe pas. » Et d’ajouter : « J’ai envie d’arrêter cette dépression, d’y mettre un terme, mais je sais pas si ça sera fini. Juste vivre avec. C’est une image de soi complètement détruite depuis l’âge de 12 ans. »

« C’est pas un #MeToo, c’est des abus sexuels sur des enfants » : le réquisitoire replace l’affaire 

Dans son réquisitoire, l’avocat général Alexis Bouroz avait réclamé trois ans ferme et replacé l’affaire dans sa dimension la plus élémentaire : « C’est pas un #MeToo, c’est des abus sexuels sur des enfants. » Il avait souligné que les mécanismes à l’œuvre – l’ascendant d’un adulte sur un enfant, la confusion entre transmission et prédation – sont ceux que l’on retrouve dans tous les dossiers similaires, « le prof d’équitation, le prof de gymnastique, l’encadrant de camp scout ».

Depuis l’enquête de Mediapart en 2019, Adèle Haenel a tourné le dos au cinéma 

Révélée en 2019 par une enquête de Mediapart, l’affaire avait pris une résonance particulière lors de la cérémonie des César 2020, quand Adèle Haenel avait quitté la salle pour protester contre la récompense décernée à Roman Polanski. Depuis « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma, devenu une œuvre féministe et lesbienne de référence, la comédienne a tourné le dos au cinéma pour se consacrer au théâtre et au militantisme.

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2026-04-17 12:17:00

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