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Le nouveau livre de Patti Smith « Le pain des anges » rejoint les librairies le 16 avril prochain. Elle y ravive ses souvenirs, notamment sur son lien avec Robert Mapplethorpe. Retour sur une histoire d’amour et d’amitié qui a profondément marqué la trajectoire artistique de deux icônes.
Patti Smith et Robert Mapplethorpe : deux noms qui résonnent encore dans la culture contemporaine. Elle, figure majeure du rock et de la poésie américaine et lui, un photographe renommé de la scène new-yorkaise.
Leur rencontre remonte à 1967, Patti Smith est alors âgée d’une vingtaine d’années. Elle vient de vivre une épreuve difficile qui la pousse à quitter le New Jersey : une grossesse, suivie de l’adoption de son enfant.
C’est dans cette période d’errance où elle découvre un New York en pleine mutation que Robert Mapplethorpe croise sa route. Le jeu des hasards les fait se croiser à plusieurs reprises. Une première fois, il lui indique sa route.
Partie sans un sou en poche, elle trouve après plusieurs tentatives infructueuses un travail de vendeuse dans une succursale de Brentano’s. C’est alors qu’il se présente véritablement à elle en lui achetant un collier persan.
Mais c’est la troisième rencontre qui s’annonce décisive. Alors qu’elle veut écourter un rendez-vous, elle demande à ce dernier de se faire passer pour son fiancé. C’est le début de trois ans de vie commune.
Une complicité artistique
Le couple s’installe d’abord dans des appartements de Brooklyn dans une grande précarité. Leur relation se noue autour de leur amour commun de l’art. Leur environnement est bercé par les poèmes d’ Arthur Rimbaud et les disques de Tim Buckley et Joan Baez. C’est une période de création foisonnante : écriture, peinture, dessins et collages… Chacun cherche sa voie, tout en nourrissant celle de l’autre.
Faute de moyens, ils partagent même les entrées du musée : l’un visite l’exposition, pendant que l’autre attend, avant d’en écouter le récit. Une contrainte qui devient promesse de la part du jeune homme : « Un jour, nous entrerons, et c’est nos œuvres qui seront exposées.
En 1969, ils s’installent dans une chambre au Chelsea Hotel, un établissement fréquenté par de nombreux artistes à l’image de Leonard Cohen, Bob Dylan ou encore Janis Joplin.
Un lien éternel
Leur histoire d’amour se transforme, Robert Mapplethorpe affirme son homosexualité. Une amitié éternelle voit le jour avec un lien indéfectible qui ne cessera de se renforcer au fil des années. Le succès finit par être au rendez-vous : Patti Smith devient une chanteuse de rock reconnue, tandis que lui est l’un des photographes les plus marquants de sa génération.
Leur collaboration, elle, ne s’interrompt jamais. Mapplethorpe signe plusieurs de ses pochettes d’album, dont la mythique « Horses » en 1975. Une image témoin de la complicité du duo où se glisse des références à Charles Baudelaire et Frank Sinatra.
Dans son nouveau roman, « Le pain des anges », en librairie le 16 avril, Patti Smith revient sur l’importance de leur histoire : « Nous nous sommes sauvés mutuellement, il avait été mis à l’écart et renié. Je portais les cicatrices physiques et psychologiques d’un accouchement difficile. Nous avons été l’un pour l’autre une bouée de sauvetage, confiants dans les serments que nous nous étions fait à nous-même. »
En 1986, Robert Mapplethorpe apprend qu’il a contracté le VIH. Il décède le 9 mars 1942 à l’âge de 42 ans. Peu avant avant sa disparition, il a demandé à Patti Smith d’écrire un livre sur lui. Elle a tenu parole : « il me l’a demandé donc je devais le faire. Je n’avais jamais écrit un livre pareil. Cela m’a pris dix ans » comme elle le rapporte lors d’un entretien pour « Les Inrockuptibles » en mars 2026.
De cette promesse est né « Just Kids » en 2010 : un récit autobiographique bouleversant où elle aborde leur lien qui survit à l’épreuve du temps.
2026-04-11 19:35:00
