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À 25 ans, Noelia Castillo Ramos a obtenu l’aide à mourir, malgré l’opposition de sa famille. En 2022, après un viol collectif, elle avait tenté de se suicider en se jetant du cinquième étage, un geste qui l’avait laissée paraplégique. Retour sur l’histoire qui bouleverse l’Espagne.
Elle s’appelait Noelia. Elle avait 25 ans. Jeudi 26 mars, en fin d’après-midi, cette jeune Espagnole est morte après avoir obtenu l’aide médicale à mourir qu’elle réclamait depuis des années. Une décision mûrement réfléchie, mais contestée jusqu’au bout par sa propre famille. Son histoire, qui bouleverse l’Espagne, met en lumière les tensions qui perdurent autour de l’euthanasie depuis l’adoption, en 2021, de la loi qui l’autorise. La question de la fin de vie reste un terrain de conflits, quand les proches s’opposent à la volonté du patient. Dans les heures précédant sa mort, les réseaux sociaux se sont embrasés, avec des appels à suspendre la procédure. Depuis l’annonce de son décès, le pays est sous le choc.
Viol collectif et tentative de suicide : quand Noelia raconte l’origine de son drame
Pourquoi une décision aussi brutale à un si jeune âge ? Quelques jours avant sa mort programmée, Noelia Castillo a choisi de s’exprimer à la télévision espagnole pour expliquer son choix. Un entretien dans lequel elle a réaffirmé une décision « très claire depuis le début ». « Je veux partir en paix et arrêter de souffrir », a-t-elle déclaré. La jeune femme a ajouté : « Moi, je pars, vous restez avec la douleur. Mais moi ? Toute la douleur que j’ai vécue ces dernières années ? » Sa vie est marquée par la séparation douloureuse de ses parents, quand elle avait 13 ans. Victime de négligence, elle est placée sous la tutelle de l’État catalan pendant un certain temps. Plus tard, elle est victime d’un viol collectif. En octobre 2022, Noelia tente de se suicider en se jetant du cinquième étage de son immeuble. Elle survit, mais reste paraplégique. Depuis, elle vivait en fauteuil roulant, condamnée à des douleurs physiques et psychologiques à vie. « Je veux quitter ce monde en paix », insistait-elle. Avant d’ajouter : « Je n’ai envie de rien, ni de sortir, ni de manger. »
Un combat judiciaire entre un père et sa fille jusqu’à la Cour des droits de l’homme
Entièrement paralysée, Noelia n’avait donc plus goût à la vie. Elle demande l’euthanasie, une requête approuvée à l’unanimité, le 18 juillet 2024, par la commission catalane. L’institution estime alors sa situation « non récupérable » et source d’une souffrance « chronique et invalidante ». En bref, la jeune femme remplissait toutes les conditions requises par la loi. L’euthanasie est alors programmée pour le 2 août 2024. Mais, son père s’y oppose, considérant que sa fille n’est pas en mesure de prendre une décision aussi irréversible. Soutenu par l’association religieuse Abogados Cristianos (Avocats Chrétiens), Gerónimo Castillo avait réussi à suspendre la décision du gouvernement catalan.
S’en suit un long combat judiciaire entre un enfant décidé à partir et un parent qui le refuse. Pour la première fois, un tribunal doit examiner la légitimité de l’opposition familiale face à une décision validée par l’administration. En mars 2025, l’euthanasie est autorisée par un juge, décision confirmée en appel. Les recours du père sont ensuite rejetés jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme le 24 mars.
« Voyons si je peux me reposer un peu »
« Voyons si je peux me reposer un peu, car je n’en peux plus de cette famille, je n’en peux plus de cette douleur, je n’en peux plus de tout ce qui me tourmente », confiait Noelia à quelques jours de sa mort. Son père, sa mère et sa sœur s’opposaient tous à l’euthanasie. Face caméra, Noelia s’est souvenue de la réaction de son père lorsqu’elle a évoqué pour la première fois son projet. En colère, il lui a crié dessus. « Il m’a dit que je n’avais pas de cœur, que je ne pensais pas aux autres, que tout ce que je disais était un mensonge. Ça m’a fait mal », a-t-elle raconté. Au micro de nos confrères, elle s’est aussi questionnée sur les contradictions de ce père qui souhaite la maintenir en vie mais qui brille par sa négligence. « Il ne m’appelle ni ne m’écrit jamais. Pourquoi veut-il que je vive, si c’est pour me garder à l’hôpital ? », demandait Noelia.
Mourir en paix et « sans personne dans la pièce »
Assise à côté d’elle, sa mère l’écoute. « Tous les parents ne sont pas préparés à ça », glisse Yoli Ramos, résignée. Malgré son opposition à la décision de sa fille, elle ne lui a pas lâché la main. Elle l’implorait même de l’accompagner jusqu’à son dernier souffle. Après avoir attendu la décision de cinq tribunaux différents, Noelia a pu enfin se libérer de ses chaînes. « Je mettrai ma plus belle robe et je me maquillerai. Ce sera quelque chose de simple, dans ma chambre, où je me sens le plus en sécurité ». Noelia Castillo Ramos, 25 ans, est donc morte chez elle, ce jeudi 26 mars 2026, à Sant Pere de Ribes, au sud de Barcelone, « sans personne dans la pièce », comme elle le souhaitait. « Je me suis toujours sentie seule, parce que je ne me suis jamais sentie comprise. »
2026-03-27 19:02:00
