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A la cour d’assises du Tarn,
Pas de corps, pas d’indice direct, pas d’aveux, une défense en béton armé… Ce vendredi matin, la place de juré au procès de Cédric Jubillar était pour le moins inconfortable. Et pourtant, il n’a fallu que six petites heures à la cour d’assises du Tarn pour condamner le mari de Delphine Jubillar, née Aussaguel, à trente ans de réclusion criminelle.
Alors, après un mois de procès, quels sont les éléments qui ont pu faire pencher la balance en faveur de la culpabilité de l’accusé et le renvoyer dans sa cellule de la prison de Seysses, près de Toulouse, avant son procès en appel ?
Un accusé sans émotion et économe de ses mots
Cédric Jubillar a-t-il été son pire ennemi ? « Il doit se tromper », « je ne sais pas », sans compter ses désormais célèbres « tout à fait »… Recroquevillé au fond de sa carapace de « coupable idéal » et de « vulgaire personnage », comme il le dit lui-même, Cédric Jubillar a rarement répondu en plus de quatre mots aux questions, nombreuses, qui lui ont été posées. Même au moment du verdict, même quand la cour ou les parties civiles évoquaient ses enfants ou son épouse disparue, il n’a laissé transparaître quasiment aucune émotion – si ce n’est ces « impatiences » dans les jambes qui l’ont fait tressauter si souvent. Pour un homme qui clame son innocence et croupit en prison, à l’isolement, depuis quatre ans et demi, il ne s’est pas enflammé pour sa propre cause. Même quand des témoins l’ont accablé, il est resté impassible.
Pour Laurent Boguet, l’avocat des enfants – Louis, 11 ans aujourd’hui, et Elyah, 6 ans, la lourdeur de la peine sanctionne aussi « l’attitude de l’accusé durant l’instruction et le procès ». Pour l’appel, le pénaliste toulousain enjoint l’accusé à adopter d’autres « dispositions ». A « dire où se trouve la dépouille de son épouse », notamment.
Cédric Jubillar, qui s’est parfois contredit au cours de l’instruction, a cherché lors de ce premier procès à en dire le moins possible et a manqué de consistance.
Le témoignage à charge de Nadine, sa mère
Compliqué de donner l’image de l’innocence quand votre propre mère vous croit coupable. Le témoignage de Nadine Fabre, que l’accusé, dans son box, a souvent cherché du regard, a marqué un tournant. A la barre, celle qui s’astreignait depuis plusieurs années à une diète médiatique a laissé entendre « en creux » qu’elle croyait son fils capable d’avoir commis le pire. A la télé, le soir même, elle a fait moins de mystères.
Sur le coup, Cédric Jubillar a refusé que ses avocats malmènent sa mère. Mais cela ne les a pas empêchés de lui en garder une rancune féroce, qui montre l’importance qu’ils accordent à ce témoignage à charge. « C’est si difficile d’accuser son fils qu’elle le refait le soir au 20 heures », a ironisé Emmanuelle Franck dans sa plaidoirie. « Même quand nous étions au procès Merah, la mère Merah, détestable par ailleurs, est venue sous les huées défendre ses enfants. Quelle mère ne défend pas son enfant ? », a enchaîné son collègue de la défense, Alexandre Martin, quelques heures plus tard.
L’absence de coupable de substitution
Pendant un peu moins de 24 heures, les protagonistes et spectateurs de ce procès, et la France entière avec eux, ont cru au coup de théâtre : le portable de Donat-Jean M., « l’amant de Montauban », le rival de Cédric Jubillar, figurait sur les listings des portables qui avaient borné à Cagnac-les-Mines la fameuse nuit fatidique.
Nos articles sur l’affaire Jubillar
Un gendarme, piteux, est venu confesser le lendemain une « erreur de copié-collé ». Il a certes amené de l’eau au moulin de la défense, qui n’a cessé de dénoncer les errements et les partis pris des enquêteurs, au point d’être taxée de « complotisme » par l’accusation, mais il a aussi fait disparaître une échappatoire pour l’accusé. « Si ce n’est pas lui [Cédric Jubillar], qui est-ce ? » se sont immanquablement demandé les jurés. Sans pouvoir répondre à cette question.
2025-10-17 16:37:29
