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Chevelure blonde, chaussures à plateforme, charisme indéniable : Sam Quealy n’est pas là pour s’excuser, ni pour livrer des chansons larmoyantes. Elle a fait une entrée remarquée sur la scène musicale avec un premier album techno-pop nommé « Blonde Venus », paru fin 2023. Ce 6 mars, elle se produira, confiante, à la Cigale de Paris, un peu chez elle. « Sur scène, je me sens toujours moi-même », nous souffle l’autrice-compositrice-interprète, en pleine promotion. Elle n’a pas souhaité partager un disque réconfortant pour l’hiver, mais plutôt un album pour nous faire danser, si possible jusqu’au bout de la nuit. Une fois qu’on a vu Sam Quealy, il devient impossible de l’oublier.
Plus disco, festif, mélodique et même lumineux que le précédent, « Jawbreaker » (« casse-mâchoire », en français), sorti en janvier 2026, est en partie né de la volonté de « faire quelque chose qui fasse du bien ». « Le premier album était très expérimental, très niche, celui-ci garde une énergie chaotique, mais avec plus de positivité », résume-t-elle.
Des plages australiennes au cabaret parisien
Dès le début de notre rencontre, Sam Quealy l’admet : elle est un oiseau de nuit. Notre entretien a lieu en fin de matinée, à l’Hôtel Grand Amour, dans le 10e arrondissement de Paris, où elle dansait encore quelques heures plus tôt, à l’abri du froid et du vent hivernal auquel elle a toujours du mal à s’habituer. Un contraste total avec son enfance passée dans la banlieue de Sydney, dans une petite ville de surfeurs. Il y a combien de temps ? L’artiste veille à ne jamais partager son âge. Avec l’envie de partir et surtout de faire de l’art son métier, l’autrice-compositrice se forme au ballet, part vite pour d’autres aventures et embarque pour Hong Kong, les Philippines et les États-Unis. De danseuse, elle devient assistante d’un magicien sur un bateau de croisière, et finit par arriver à Paris avant la crise sanitaire.
Quand elle débute comme danseuse au cabaret du Paradis Latin, se doute-t-elle qu’elle foulera, seule et en son propre nom, quelques années plus tard, les grandes salles de la capitale ? Elle a beau avoir performé au mythique Berghain de Berlin, le Moulin Rouge, la Boule Noire, l’Élysée Montmartre, et désormais La Cigale, restent, son terrain de jeu, et celui de ses métamorphoses. Chorégraphiés et explosifs, ses shows rappellent qu’un concert est surtout une performance. Un lieu où elle partage au public ses multiples identités.
Des titres comme des manifestes
Après des débuts difficiles, elle a fini par se tisser un cercle de proches à Paris et à rencontrer des musiciens qui ont changé sa trajectoire. Pour cet album, Sam Quealy s’est encore une fois entourée de Marlon Magné (l’un des fondateurs de La Femme, qui a tiré sa révérence en 2025) à la production. Après un échange dans une soirée, puis la naissance d’une amitié, le musicien l’a ensuite embarquée dans l’aventure La Femme avant de participer à son projet solo.
https://www.youtube.com/watch?v=tdZAwZRb6D0
Si vous n’avez jamais écouté Sam Quealy, le morceau d’ouverture de son disque, « Londontown » est le meilleur moyen de découvrir instantanément le tempérament de l’Australienne. « C’est la chanson qui encapsule le mieux l’album, c’est ma version du disco, avec cette volonté de s’éloigner, d’aller vers quelque chose, de voyager ». Une urgence de fuir, de vivre, de multiplier les expériences, à l’image de son parcours professionnel qui l’a menée de l’Océanie à l’Europe. Pour cet album, écrit pendant la tournée du précédent opus, « Blonde Venus », elle voulait « plus d’influence disco pop et moins de techno ».
Le nom de chaque morceau est mémorable, évoquant l’une de ses multiples identités, « des petites histoires de [sa] vie ». « Pussy Power » est la puissance féminine brute, « Love Lasso », l’attraction pour un amour toxique.
Débordante de créativité, elle tient à garder « le contrôle créatif sur tout » et à « travailler non-stop ». Une obligation quand on choisit l’indépendance plutôt qu’un gros label : « Être indépendante m’a obligée à comprendre. » Très intéressée par l’image, elle ne laisse rien au hasard, à commencer par ses clips très cinématographiques et bien sûr, la pochette de ce disque, qui résume peut-être le mieux qui est l’artiste en 2026 : « Il y a ce personnage de femme fatale que j’aime incarner. Cette fille, c’est moi. Je la vois toujours comme une sorte d’alter ego, presque un personnage à part, un peu vilain, avec les yeux démoniaques. J’aime quand l’image est un peu badass. Et au final, la pose sur la pochette, avec l’angle un peu provocateur, me paraît évidente. »
Elle nous précise d’ailleurs qu’elle est Gémeaux de signe astrologique, un marqueur important pour comprendre sa personnalité : « Je fais beaucoup de choses différentes en même temps, je ne sais pas me concentrer sur une seule chose : en tournée, j’écris l’album suivant, et maintenant que le deuxième est sorti, je pense déjà au troisième. » Elle aime la dualité de ce signe d’Air qui traverse toute son identité d’artiste avec « un extérieur très badass et un intérieur plus doux et sincère ».
La France comme terre d’adoption
Sam Quealy préfère mener jusqu’au bout l’interview en anglais, mais enchaîne facilement quelques phrases en français, comme sur le morceau « Love Fountain ». En français, elle trouve sa « voix est plus vulnérable », mais a l’impression de « ressembler à une enfant ». Toujours fièrement « nomade », elle admet que ce, sept ans après son arrivée, pays est devenu « [sa] maison ».
Adolescente, elle voyait en Marlène Dietrich sa « grande inspiration », comme les popstars Madonna et Lady Gaga, mais aussi l’artiste performeur australien Leigh Bowery. Souvent comparée à Debbie Harry, elle cite également Nina Hagen comme un modèle. Elle n’est pourtant jamais tombée dans l’idée de l’imitation, et a finalement trouvé sa propre identité.
« Jawbreaker » de Sam Quealy. Disponible sur toutes les plateformes depuis janvier. En concert à La Cigale de Paris le 6 mars et à Rock en Seine le 27 août 2026.
2026-03-06 20:00:00
