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Figure historique du régime des mollahs, Mohammad Bagher Ghalibaf s’impose à présent comme un des derniers piliers du pouvoir iranien. Les médias américains le présentent comme l’interlocuteur de Donald Trump dans les négociations entre Téhéran et Washington.
Après la série de bombardements israélo-américains depuis le début de la guerre en Iran le 28 février, les dirigeants du régime des mollahs avec qui l’administration Trump peut discuter et négocier se font de plus en plus rares. Mais un homme semble prendre une place de plus en plus importante ces derniers jours.
Président du Parlement, ancien cadre des Gardiens de la révolution, Mohammad Bagher Ghalibaf apparaît ces derniers jours comme l’un des derniers responsables capables de parler au nom du régime. Au point d’être cité, dans plusieurs médias américains, comme un possible interlocuteur de Téhéran face à Washington.
Maire de Téhéran et candidat à la présidentielle
Âgé de 64 ans, cette figure du régime cumule une longue carrière dans les Gardiens de la révolution, qu’il rejoint au début de la guerre Iran-Irak en 1980. Rapidement remarqué pour ses compétences militaires, il devient l’un des plus jeunes commandants de l’organisation et se rapproche de dirigeants influents comme l’ancien guide suprême Ali Khamenei et le général Qasem Soleimani. Après la guerre, il dirige les forces aérospatiales des Gardiens avant de s’engager en politique. Classé parmi les ultraconservateurs du régime, il devient le chef de la police nationale en 2002.
Élu maire de Téhéran en 2005 après un premier échec à la présidentielle face à Mahmoud Ahmadinejad, il dirige la capitale pendant douze ans, un mandat marqué par des scandales de corruption et par la répression des protestations post-électorales de 2009. De retour dans l’arène présidentielle en 2013 et 2017, il échoue à chaque tentative mais reste un acteur clé du système, avant de retrouver la présidence du Parlement iranien en 2020.
Un interlocuteur possible pour Washington
Depuis la mort du guide suprême Ali Khamenei au premier jour de la guerre et du secrétaire du Conseil suprême de sécurité Ali Larijani, Mohammad Bagher Ghalibaf est devenu « incontournable », explique le chercheur et spécialiste de l’Iran Jonathan Piron à Libération. Il assure la coordination des opérations militaires et conserve la confiance des Gardiens de la révolution islamique, jouant un rôle central dans le pouvoir iranien alors que le nouveau guide, Mojtaba Khamenei, reste invisible après avoir été blessé dans les bombardements du 28 février.
Dans ses apparitions médiatiques depuis le début de la guerre, Mohammad Bagher Ghalibaf n’hésite pas à s’en prendre directement au président Donald Trump et Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les qualifiant de « sales criminels ». Un style direct qui contraste avec la prudence diplomatique qu’il pourrait incarner aux yeux de certains responsables américains, qui voient en lui un interlocuteur pragmatique, capable de faciliter des négociations pour un cessez-le-feu et un accord concernant le détroit d’Ormuz.
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Mais Mohammad Bagher Ghalibaf a démenti avec force l’existence de discussions avec les Américains, alors que le conflit est entré dans sa quatrième semaine et paralyse une partie du transport mondial des hydrocarbures. « Aucune négociation » n’a débuté, a-t-il déclaré sur X, dénonçant « de fausses informations utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont enlisés ». Donald Trump a, en parallèle, annoncé retarder « de cinq jours » des frappes qu’il menaçait de lancer sur le réseau électrique de l’Iran si ce dernier refusait de débloquer le détroit d’Ormuz.
2026-03-24 18:33:31
