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Il ne savait pas à quoi s’attendre en ouvrant cette lettre du procureur de la République de Nantes. C’est finalement de la « colère », du « dégoût » suivi d’une « envie de vomir » qui ont accompagné Thierry Jaumouillé dans sa lecture. Le porte-parole des victimes de Saint-Stanislas, qui dénonce lui-même des viols lors de sa scolarité dans les années 1980, a appris samedi la prescription des 81 faits dénoncés par d’anciens élèves ou proches d’anciens élèves de l’établissement catholique.
« Les faits révélés ou dénoncés dans la procédure constituent bien une infraction mais le délai fixé par la loi pour pouvoir les juger est dépassé », note le parquet dans un courrier consulté par 20 Minutes. « Nous sommes estomaqués, outrés, choqués devant la décision de la justice », réagit l’ancien élève après s’être entretenu avec d’autres victimes.
« Usine à viols »
Depuis les premiers faits d’agressions sexuelles communiqués par le diocèse fin août 2025, une centaine de signalements d’abus sexuels en milieu scolaire dans différents établissements de Loire-Atlantique ont été transmis au parquet. Dans le cas de Saint-Stanislas, « nous sommes 81 à être envoyés sur les roses », réagit Thierry Jaumouillé. « Individualiser les dossiers, c’est rejeter l’idée qu’il y avait un réel système d’agressions sexuelles, c’est refuser de considérer Saint-Stanislas comme une usine à viols », estime-t-il.
À l’époque, les mineurs victimes de viol pouvaient porter plainte pendant une durée de dix ans à compter de leurs 18 ans. Aujourd’hui, elles peuvent porter plainte dans les 30 années qui suivent leur majorité. Surtout, depuis 2021, la prescription peut être interrompue dans les affaires de violences sexuelles concernant des mineurs si la même personne commet un acte similaire pendant cette période.
Eléments manquants
Dans sa plainte, Thierry Jaumouillé accuse également l’ancien directeur de l’établissement, affirmant qu’il a « commandité » des violences sexuelles sur des mineurs. S’il a été entendu par la justice, les faits à son encontre « apparaissent insuffisamment caractérisés », précise le courrier qu’il a reçu. « J’avais des questions à lui poser, des détails que je notais dans mes journaux intimes à l’époque et auxquels j’aurais aimé qu’il soit confronté », déplore le Nantais.
Notre dossier sur les violences sur mineurs
Malgré la prescription des faits, les victimes présumées peuvent se constituer partie civile « devant le doyen des juges d’instruction », précise le document. Une possibilité à laquelle les trois fondateurs du collectif comptent avoir recours. « Nous devons cependant nous déclarer en tant qu’association », précise le porte-parole.
2026-02-17 13:48:20
