dimanche, mars 22, 2026
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« Nous aurions pu en arriver là plus tôt », Zuckerberg regrette la création tardive d’outils pour contrôler l’âge


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Faute avouée, à demi pardonnée. Mercredi, le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a reconnu devant un tribunal civil de Los Angeles que son groupe avait tardé à renforcer la détection des utilisateurs de moins de 13 ans sur Instagram. « Nous avons ajouté de nouveaux outils (de détection) au fil des années », a déclaré le cofondateur de Facebook, tout en admettant : « Je me dis que nous aurions pu en arriver là plus tôt ». Son témoignage intervient dans le cadre d’un procès visant Meta et Google, accusés d’avoir conçu Instagram et YouTube de manière à favoriser une utilisation addictive chez les jeunes.

Cette procédure judiciaire s’inscrit dans une série de plaintes déposées aux Etats-Unis contre les grandes plateformes numériques. Douze jurés doivent déterminer d’ici fin mars si Instagram et YouTube portent une part de responsabilité dans les troubles psychologiques subis par Kaley G.M., une Californienne aujourd’hui âgée de 20 ans. Selon l’avocat de la plaignante, elle s’était inscrite sur Instagram dès 2015, à l’âge de 9 ans, à une période où la plateforme ne vérifiait pas l’âge des utilisateurs.

Les moins de 13 ans auraient 4 millions de comptes

Des documents internes présentés au tribunal indiquent qu’en 2015, Instagram estimait à environ quatre millions le nombre de comptes appartenant à des enfants de moins de 13 ans. La même source évaluait à 30 % la proportion des 10-12 ans présents sur le réseau social aux Etats-Unis. Instagram n’a commencé à demander la date de naissance lors de la création d’un compte qu’en 2019, avant d’étendre cette obligation à l’ensemble des utilisateurs en 2021. La plateforme affirme désormais utiliser des outils d’identification basés sur les contenus et les interactions afin de vérifier l’âge des internautes.

Le procès examine aussi les objectifs internes liés au temps passé sur Instagram. Mark Lanier a évoqué des documents montrant qu’en 2015, Mark Zuckerberg avait fixé une hausse de 12 % du temps moyen d’utilisation sur trois ans. Le dirigeant a confirmé l’existence de ces orientations, précisant : « Nous avions des objectifs », avant d’ajouter : « au bout d’un moment, j’ai décidé qu’il ne fallait plus que nos équipes aient des objectifs de temps passé (sur Instagram) ». Il a aussi déclaré : « Si vous créez quelque chose qui n’est pas bon pour les gens, ils vont peut-être y passer plus de temps à court terme, mais ils n’en seront pas contents. »

Meta connaissait les risques affirment les avocats

Les avocats de la plaignante soutiennent que Meta connaissait les risques pour les jeunes utilisateurs. Matthew Bergman, fondateur du Social Media Victims Law Center, a affirmé que « les documents internes montrent que Meta a compris les dangers de ses plateformes pour les jeunes », mais que le groupe « est allé de l’avant quand même ». Meta conteste ces accusations et affirme son « engagement de longue date » dans le développement d’outils de contrôle parental et de régulation.

Notre dossier sur les réseaux sociaux

Ce procès fait partie d’une série d’affaires test à Los Angeles destinées à établir des précédents juridiques face aux milliers de plaintes visant les réseaux sociaux. TikTok et Snapchat, également mis en cause, ont conclu un accord confidentiel avec la plaignante avant l’ouverture du procès. D’autres procédures sont en cours, notamment devant une juge fédérale à Oakland et dans l’Etat du Nouveau-Mexique, où Meta est accusé de privilégier ses profits au détriment de la protection des mineurs.



2026-02-19 00:05:18

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