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L’Aude continue de lutter au troisième jour de l’incendie qui a déjà ravagé près de 17.000 hectares de garrigues et de pinède, mais aussi des parcelles de vignes. En effet, les Corbières, en proie aux flammes, est l’aire d’appellation la plus vaste des vignobles d’Occitanie. Selon le préfet de l’Aude, « de 800 à 900 hectares » ont été perdus dans le périmètre du feu.
Pourtant, la vigne est connue pour son rôle de pare-feu naturel. « Dans la culture de la vigne, l’entretien du sol, qui supprime les herbes sèches et les débris végétaux, permet de limiter la propagation du feu », explique à 20 Minutes Eric Serrano, ingénieur et directeur régional de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). « C’est aussi l’un des végétaux qui a le moins besoin d’eau pour survivre et qui la conserve le plus à l’intérieur. En ce sens, la vigne est moins sensible à la brûlure », ajoute-t-il.
7 % de parcelles arrachées
Mais dans le département de nombreuses parcelles ont disparu. En octobre 2024, le ministère de l’Agriculture a ouvert un dispositif national d’arrachage définitif de vignes, financé par des fonds européens dédiés au soutien des exploitations viticoles touchées par les conséquences de la guerre en Ukraine. Il permet une indemnisation à hauteur de 4.000 euros par hectare arraché pour les vignerons volontaires. Les cultivateurs peuvent ainsi se débarrasser de vignes ayant un mauvais rendement, alors que le secteur est en crise, touché par la concurrence des vins étrangers à bas coût, la baisse de la consommation ou encore les aléas climatiques.
Dans l’Aude, frappé par la sécheresse, près de 5.000 hectares ont été arrachés sur une superficie viticole totale de plus de 63.000 hectares, soit 7,81 % des parcelles, selon les chiffres cités par Ouest-France. Au niveau national, 27.500 hectares étaient concernés, pour résorber la surproduction, soit 3,4 % de la surface totale des vignes en France.
Des « agriculteurs découragés »
Mais les parcelles arrachées ont souvent laissé place à des friches agricoles. « L’herbe a poussé, il y a des souches… Tout pour raviver les flammes et permettre la propagation de l’incendie », décrypte Jérémy Faure, vigneron et responsable viticulture pour les Jeunes Agriculteurs Occitanie.
Les alertes des représentants syndicaux sont multiples depuis plusieurs années, assure-t-il. Début juillet, alors que le territoire était déjà touché par des incendies, la chambre régionale d’Agriculture avait déploré dans un communiqué la progression de ces terres en jachère « directement liée à l’abandon des terres par des agriculteurs découragés, faute de moyens pour irriguer, produire et entretenir les paysages ».
« Il faut savoir ce que veulent la population et l’Etat : des paysages entretenus ou des friches, et donc des incendies qui bientôt traverseront des départements ou des régions ? », appuie le vigneron.
Prix décent et aides paysagères
« Aujourd’hui, la vigne doit faire partie du patrimoine paysager du sud de la France : moins il y aura de vignes, plus il y aura de friches et plus il y aura de risques d’incendie, complète Eric Serrano, de l’IFV. Le sol cultivé est impératif pour éviter la propagation du feu, et la vigne est le meilleur exemple qu’on ait. » Pour éviter l’arrachage, une solution : « Aider les viticulteurs à maintenir leur vigne sur le secteur. »
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L’ingénieur évoque plusieurs leviers : favoriser les aides paysagères ou encore l’arrivée de l’eau sur les parcelles, aider à la diversification agricole sur certaines exploitations, proposer de nouveaux outils techniques pour améliorer les rendements… « Pour éviter l’arrachage, il faut redonner un prix décent aux agriculteurs et réviser le cahier des charges des normes françaises, martèle de son côté Jérémy Faure. On veut vivre librement de notre travail, on ne demande pas des aides ou des subventions. »
2025-08-07 15:57:23
