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Dans l’art plus ou moins subtil de la diplomatie entre les Etats-Unis et la France, l’heure n’est plus à l’expression du bon goût depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Ni à la bonne entente entre deux pays alliés. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a demandé, lundi, la révocation de l’accès direct au gouvernement français de Charles Kushner pour avoir failli aux « attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur ». Le diplomate américain a ignoré une convocation du Quai d’Orsay liée aux commentaires de son ambassade sur la mort de l’étudiant nationaliste Quentin Deranque à Lyon.
C’était la deuxième absence de Charles Kushner à une telle « invitation » obligatoire, après un entretien manqué en août 2025, cette fois lié à des critiques américaines sur la lutte française contre l’antisémitisme. Autant de déclarations perçues comme une ingérence dans les affaires intérieures. Au regard des usages de la diplomatie française, que vaut la sanction de l’ambassadeur américain à Paris ?
Une mission vidée de sa substance politique
« La sanction de Charles Kushner est inédite et intervient en pleine crise larvée entre les Etats-Unis et la France », insiste Jean-Luc Mano, directeur et créateur d’Only Conseil, cabinet de conseil en communication politique. Cette révocation a valeur de mise au ban. En lui interdisant de rencontrer les ministres, la France vide la mission du diplomate de sa substance politique. Il est réduit à discuter avec les fonctionnaires du Quai d’Orsay plutôt qu’avec les décideurs. Un revers, estime Jean-Luc Mano, « car la mission d’un ambassadeur est de faciliter le dialogue au plus haut sommet entre son pays et le pays hôte ».
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a souligné que cet incident relève de la « responsabilité personnelle » de l’ambassadeur mais que celle-ci n’affectait « en rien la relation entre la France et les États-Unis ». Toutefois, note l’expert, « la crise n’a pas atteint son paroxysme » car l’ambassadeur américain n’a pas été déclaré persona non grata, ce qui reviendrait à l’expulser.
La nomination de Charles Kushner, une « première humiliation » de la France
Quant à la réelle portée de cette révocation, le communicant de crise est dubitatif. « Cette initiative vise les opinions publiques française, européenne voire les démocrates américains », avance-t-il. Surtout, ce type de punition politique n’a aucune valeur aux yeux des Républicains au pouvoir. « Ce type de sanction fonctionnait avant Donald Trump, avance Jean-Luc Mano. Maintenant, son administration se moque des codes. Elle les condamne même, estimant qu’il s’agit d’un système dépassé de la part d’Européens jugés mi-corrompus, mi-incompétents ».
Pour le communicant, la « première humiliation » de la France a d’ailleurs été la nomination, en mai 2025, de Charles Kushner qui n’est autre que le père de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et proche conseiller de celui-ci. « Nommer quelqu’un qui a réussi dans les affaires mais affirme ne rien connaître à la diplomatie, on peut faire mieux, en termes de considération pour le pays dans lequel on arrive. »
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Ce mardi en fin d’après-midi, l’heure semblait cependant être à l’apaisement du côté américain. Charles Kushner a appelé dans la journée le ministre français des Affaires étrangères et s’est engagé à ne pas interférer dans le débat public français, a précisé à l’AFP l’entourage de Jean-Noël Barrot.
2026-02-24 17:27:40
